Plus de cent jours d’incendies dans le sud d’Israël autour de la bande de Gaza, et pratiquement personne ne s’en soucie. Vingt incendies éclatent chaque jour, consumant des milliers d’hectares de terres agricoles, de champs et de récoltes, tandis que la majeure partie de l’opinion publique israélienne reste indifférente.

Et pendant que le sud souffre, le nord tremble. Huit tremblements de terre de différentes intensités ont eu lieu aux alentours de Tibériade au cours des dernières 48 heures, et le public reste indifférent. Que faut-il pour nous réveiller ? À quel niveau de l’échelle de Richter nos cœurs seront-ils ébranlés ? Jusqu’où les cerfs-volants incendiaires doivent-ils voler pour nous extirper de notre coma ?

Symboliquement, le calendrier hébreu montre que nous nous trouvons « entre les détroits » – les trois semaines de difficultés et de détresse qui ont frappé le peuple d’Israël avant la destruction du Temple. Et tout comme le peuple du royaume de Judée a été indifférent face à son destin, le peuple israélien de 2018 se préoccupe surtout de ses intérêts étriqués.

Pourtant, les choses semblent différentes en 2018. Israël a la réputation d’être l’un des pays les plus puissants du monde – sur les plans militaire, diplomatique et économique. Mais notre succès provisoire repose sur une réalité préoccupante : il reste encore aux pays hostiles qui nous entourent à s’unir et à joindre leurs efforts pour nous anéantir.

Nous sommes certainement une nation n’aimant pas écouter les réflexions angoissantes qui la concernent. Mais nous sommes aussi « un peuple endurci ». Nous nous accrochons à ce que nous avons, ignorant les leçons des difficultés vécues au fil du temps. Nous sommes indifférents à notre indifférence.

Les jeunes garçons coincés dans une grotte en Thaïlande nous préoccupent bien plus que d’éteindre les incendies situés seulement à quelques mètres, et cela indique que quelque chose dans la nation israélienne est complètement détraqué. Nous ne voyons pas le principal motif d’inquiétude qui se trouve juste sous notre nez.

« Les pauvres de votre ville ont la priorité » dit la Torah. Notre préoccupation première devrait concerner nos proches, du nord et du sud. Et nos élus devraient commencer à redresser le pays, au lieu de mettre tous leurs efforts à essayer de se « redresser » les uns les autres.

Plutôt que d’attendre que la prochaine épreuve descende du ciel ou surgisse de la terre, il nous faut reconnaître notre destin commun en considérant toutes ces catastrophes comme des coups de semonce. Chaque revers doit nous inciter à resserrer nos liens, à nous préoccuper les uns des autres et à commencer à vivre selon l’essence de notre nation, « comme un seul homme dans un seul cœur ».

Selon la sagesse de la Kabbale, la reconstruction du Temple ne consiste pas à poser des briques et à ériger des murs. Il s’agit d’établir un lien solide entre les cœurs. Voilà ce que nous devons construire pour nous et pour le monde. Il nous faut faire preuve d’un nouveau degré de sollicitude réciproque et de solidarité humaine qui, en fin de compte, diffusera « la lumière sur les nations », mais cela doit commencer ici même, parmi nous.