Que se passe-t-il ? Pourquoi ces nations en tumulte ? Comme des essaims d’abeilles, des termites souterraines, des fourmis industrieuses qui creusent et échafaudent des réalités nouvelles.

Tenez! Dans la jungle, la terrible jungle le lion est mort ce soir… et le globe en réseaux multiples pleure le meurtre sauvage de Cecil, le beau lion d’Afrique australe, assassiné pour le safari chèrement acquis ou volé par un dentiste américain.

La jungle ? Serait-ce l’univers impitoyable des migrants incontrôlables ? Comme si les malheurs répétitifs de la mobilité humaine se prolongeaient inéluctablement sur les océans de l’histoire et des mémoires désertifiées.

« Mayn nisht di velt iz a hefker/מיין נישט, די וועלט איז אַ הפקר באשאפן פאר וועלף און פוקסן – Ne pense pas que le monde soit une jungle créée pour les loups et les renards… », telle était la réponse du poète yiddish Itzhak Leybush Peretz entre la terreur nazie et l’oppression soviétique. Le cliché d’un enfant, un « sans parole » face au sable, a pris le relais viral des décapitations en vogue dans l’Etat Islamique.

Il faut alors mettre du son et donner de la chair à des pixels électroniques. D’un côté, l’enfer reste le plus souvent « l’autre »,  même si l’autre est surtout un proche à visage et existence d’être humain.

Certains hésitent aujourd’hui, en français, sur le sens des mots. Il y a des mouvements migratoires, souvent liés à l’économie et au développement de la mobilité transfrontalière. Ces migrations sont générées par divers facteurs, dont le dernier – il ne fait que poindre à l’horizon – est l’amorce d’amples déplacements de personnes victimes des mutations et des dangers climatiques.

Mais le migrant n’est pas d’emblée le réfugié qui demande l’asile en raison de persécutions, de tortures, d’opinions politiques, de situations économiques catastrophiques.

Il faut se méfier des faux-amis entre l’anglais et les langues latines sans compter que l’allemand « Flüchtlinge » et le russe « Bèjentsy/беженцы » désignent les « fugitifs ». Le migrant peut être une personne ou un groupe humain qui veut trouver de meilleures conditions de vie, de liberté d’entreprise, ou encore se rendre dans un pays accueillant, suffisamment nanti d’où ils pourront envoyer de l’argent au pays d’origine.

En Israël, nous avons ainsi un grand nombre de Philippins, de Chinois (venus à la demande de Ariel Sharon), d’Ukrainiens, des hommes et des femmes du monde entier, légaux ou illégaux, qui vivent en micro-sociétés au sein de la communauté israélienne et envoient leurs salaires à leurs familles. Cette situation est courante dans le monde entier. Au bout de vingt ans, il est évident qu’ils sont parfaitement intégrés à la culture israélienne et même juive – tout en pouvant librement pratiquer leur religion : les Philippins chrétiens ont, par contrat, le droit de ne pas travailler le dimanche pour aller à la messe.

Israël est la « Terre Sainte » et reçoit par définition un très grand nombre de visiteurs. Pour entrer dans le pays, ils doivent présenter un passeport valide et bénéficier d’un visa dont la durée peut varier au vu de leurs situations. Certains en profitent pour prolonger leur visa de manière légale parce qu’ils ont une ou plusieurs raisons valables de rester en Israël.

D’autres s’évanouissent dans une société, vivant très souvent en mini-groupes qui se soutiennent selon l’origine nationale ou religieuse. Chaque confession chrétienne a ses points d’ancrage sur une terre et une région qui, au niveau de l’appartenance historique, garde des frontières. Elles restent mentalement celles de l’Empire ottoman ou de l’époque du Mandat britannique.

A titre indicatif, la Loi du Retour permet légalement à tout juif de revenir au pays et de bénéficier, dès avant son arrivée, de sa carte d’identité et des droits sociaux de l’Etat d’Israël. Dans les faits, nombreux sont les juifs qui ne sont pas israéliens, par exemple certains ultra-religieux. D’autres sont arrivés et ne peuvent vraiment prouver leur appartenance halachique au judaïsme mais vont devenir citoyens au bout d’un certain temps.

L’Etat hébreu ne précise plus, sur le « teoudat zehout/תעודת זהות = la carte d’identité », la « nationalité (le’oum/לאום) » dont le principe est semblable à la distinction entre « Juifs et non-Juifs des Nations issues de la Gentilité ou paganisme » (Genèse, cf. Ephésiens 2, 14-16). Il n’existe pas de « nationalité chrétienne » qui n’a pas de sens en ce que personne ne naît chrétien, ce qui est parfois difficile à faire comprendre.

L’excommunication réciproque entre judaïsme et christianisme n’a nullement été abolie à quelque niveau que ce soit, si bien qu’un juif devenu chrétien ne peut prétendre à la Loi du Retour au titre de la Halakha qui permet normalement de définir l’identité des citoyens de manière cohérente et légale. Cette règle semble parfois aléatoire, sinon injuste à certains qui se refusent à tenir compte de la réalité théologique et humaine, issue de l’histoire et de ses fractures.

Nul ne peut prétendre à cette double identité israélienne juive et chrétienne à la fois. A l’heure où arrivent des réfugiés dont la religion tient un rôle important dans le contexte politique actuel, il faut reconnaître qu’il y a matière à un grave contre-sens spirituel et, très souvent de réelles souffrances.

On connaît le cas du Père Daniel Rufeisen, juif polonais résistant du ghetto de Mir devenu carme catholique. Arrivé en Israël en 1979, il exigea de bénéficier de la Loi du Retour. Son procès passionna les Israéliens. Il reçut la citoyenneté au titre de la naturalisation possible pour tout étranger qui en fait la demande.

On passe le plus souvent sous silence le cas du Père Abraham Shmuelov, juif né dans le ghetto boukhare de Jérusalem, devenu prêtre grec-melkite et combattant aux côtés de Menachem Begin en 1948. Il fut le seul ecclésiastique à recevoir immédiatement la citoyenneté israélienne. En revanche, l’abbé Alexandre Glasberg qui, né juif ukrainien, sauva des centaines d’enfants dans le cadre de l’Oeuvre de Secours aux Enfants et permit la venue des enfants juifs irakiens a été déclaré « Juste des Nations » en qualité de « non-juif ».

Cela souligne les droits et les devoirs de chacun, y compris pour ce que l’on peut entendre par « migrants, étrangers, réfugiés, travailleurs immigrés temporaires ou permanents, résidents ».

Beaucoup de chrétiens vivent en Israël, soit de manière constante, soit en raison de flux migratoires anciens (Arméniens, Coptes, Abyssins).

Nombreux sont ceux qui ont longtemps refusé de devenir citoyens israéliens. C’est parfois l’Etat hébreu qui a hésité à les intégrer trop vite, essentiellement pour des raisons politiques : certains chrétiens locaux ont connu diverses « citoyennetés ou statuts de résidence » dans le Croissant Fertile.

L’Empire ottoman, le Mandat britannique, le droit jordanien se sont succédés, accordant ou refusant leurs citoyennetés. Tout prêtre orthodoxe de Terre Sainte a droit à la nationalité grecque au bout d’un an de séjour dans un monastère car il est alors assimilé à une identité religieuse plus forte que celle de son origine ethnique. Ceci confirme l’instabilité statutaire qui persiste dans la région. On voit des personnes nées au Proche-Orient, de citoyenneté grecque, libanaise, chypriote, maltaise, française, allemande britannique ou autre au titre de de l’héritage post-colonial.

Beaucoup d’organismes chrétiens (catholiques de nombreux rites, orthodoxes, protestants) vivent comme en « offshore » et tentent de « négocier » les visas octroyés par le Ministère de l’Intérieur israélien dont le Département pour les Communautés Chrétiennes qui ne renouvellent pas systématiquement des visas accordés sur plusieurs années.

Il y a une sorte de course, voire de compétition tacite, entre les différentes communautés pour l’obtention de visas annuels. Certains religieux qui, en raison de la durée de leur présence en Israël, auraient dû demander depuis belle lurette la citoyenneté israélienne, hésitent, doutent, ne savent parfois pas pourquoi ou comment ils doivent justifier leur présence dans le pays. Dans tout autre pays, les autorités auraient rejetés ces « permanents de l’indécision statutaire ». Ceci est dû au désir de ne pas prendre parti sur le plan politique entre Juifs et Arabes.

Certains groupes ou individus sortent au bout de trois mois, reviennent par un autre poste frontalier (leur statut est évidemment connu par leurs documents) après un ou plusieurs mois… Ils  restent ainsi plusieurs années à moins de disparaître incognito pour autant qu’ils ne se fassent pas interpeller inopinément.

Il y aussi les réfugiés qui bénéficient de la résidence voire de la citoyenneté israélienne au titre humanitaire. Outre toutes sortes de « refuzniks » exclus de l’Union Soviétique vers le Grand Satan occidental dans les années 1970 et recueillis en Israël, il y a eu des indigents trans-nationaux.

A cet égard, Israël a fait preuve d’un très grand esprit de tolérance. En 1972, des couples russes handicapés – nobles français égarés dans l’empire tzariste devenu communiste – ont été reçus, éduquant leurs enfants dans des écoles arabes car ils étaient violemment antisémites !

Au début des années 1980, la crise du mariage polygame dans l’Etat mormon de l’Utah américain amena des couples en Terre Sainte-Etat hébreu, dont un mari accompagné de ses nombreuses épouses et progénitures qui furent acceptés comme réfugiés « objecteurs de conscience » et ouvrirent un petit kibboutz de culture de fraises dans le Néguev.

Il y a aussi eu des réfugiés vietnamiens, des rescapés d’autres pays du monde où règnent les violations des Droits de l’Homme. Israël affirme ainsi le respect de l’étranger et sa vocation universelle à « aimer le prochain/ואהבת לרעך כנוך » (Lévitique 18, 19) ou même des « réfugiés politiques régionaux » comme de nombreux Libanais chrétiens maronites… qui préféreront prendre des médicaments palestiniens plutôt qu’israéliens en cas de maladie.

Ne serait-il pas raisonnable de parler de l’accueil des réfugiés « chrétiens intérieurs » venant de Bethléem, Beit Jala et Beit Sahour qui se sont paisiblement installés dans le centre du pays ? Il faut tenir compte du développement impressionnant des mosquées (de beaux minarets sont sortis de terre), de l’affirmation d’un Islam vivant alors que le monde chrétien maintient sans grands changements des sites hérités de l’histoire.

La chute de l’Empire ottoman a amené un très grand nombre de vrais réfugiés à la suite des génocides de 1915. Le « réfugié » est celui dont la vie est en danger pour des raisons de guerres, de famines (très fréquentes dans le Proche-Orient), d’ethnocides (meurtres en masse de nombreux peuples), de non-respect des Droits de l’Homme. L’Etat hébreu présente aussi la particularité de garantir la liberté de conscience et de foi (Loi 144/1977).

A cet égard, il reste un modèle malgré des difficultés nombreuses qui s’expliquent par l’extrême complexité de son paysage humain, véritable laboratoire d’un métissage diachronique et synchronique de toutes sortes d’identités nationales.

Le Croissant Fertile reste ce qu’il a toujours été : une terre de passage, d’invasions récurrentes, de vieilles structures qui n’ont pas procédé aux mises à jour requises par notre vie moderne et s’imaginent hors frontières et sans devoir de se soumettre à la loi de l’Etat hébreu.

En fait, la société israélienne est un véritable  « bouillon de cultures en mixage permanent », de personnes en transit, en quête d’indentité. Voici trente ans, un très grand nombre de volontaires allemands – souvent des femmes chrétiennes d’Allemagne de l’Ouest, d’Autriche – sont arrivés et ont fait souche en se mariant avec des israéliens plutôt orientaux, ouvrant la voie à des relations pacifiques entre Israël et le monde germanique.

Israël est viscéralement un « Etat d’accueil » outre le fait d’être une terre d’asile. Au fond, la dynamique d’Israël repose aussi sur une main-d’oeuvre étrangère : Asiatiques, Africains, Indiens ont pu entrer en Israël de manière légale au cours des années.

Comme tous les pays jeunes, Israël interroge au niveau de l’éthique citoyenne. La nationalité israélienne a longtemps été perçue comme fragile, incertaine quant à la prétendue viabilité de l’Etat. C’est souvent le petit peuple juif, sorte de Lumpenproletariat sorti des affres de l’extermination ou du mépris dans les pays arabes qui a construit le pays.

Il reste que, pour beaucoup, juifs ou non-juifs de toutes origines, le respect de la souverainté israélienne, la pleine loyauté aux Lois et aux structures de l’Etat d’Israël ne sont pas toujours évidents. Nombreux sont les habitants qui possèdent une, voire plusieurs autres nationalités.

Cela constitue une manière de prévention-protection éventuelle ou encore le moyen de se rendre partout dans le monde. Mais cela reste le signe d’une grande versatilité dans la fidélisation citoyenne.

L’Etat d’Israël est donc, de facto et de jure, une nation composite en construction, avec des migrants qui passent pour diverses raisons, des réfugiés ayant parfois bénéficié du même statut de « réfugiés » dans d’autres pays. Terre de passage, au fond assez fidèle à la vocation « Je suis Hébreu et j’adore l’Eternel le Seigneur des cieux… » (Jonas 1, 9). Hébreu, donc « ivri/עברי », à la fois en transit, de passage  ou même, paradoxalement, « passeur-mavri’h-gevul/מבריח-גבול » de destinées humaines à la recherche de toutes les solutions de vie et de survie.

On pense rarement aux résidents temporaires au statut précaire selon la Loi israélienne comme au regard de leurs communautés religieuses qui sont nombreuses. Ils constituent un réservoir permanent et même fidélisé que l’on préfère ne pas trop évoquer. Au cours de l’histoire comme aujourd’hui-même, des « migrants et réfugiés confessionnels » ont transité par le pays et ils continueront de le faire.

Nombreux sont les migrants qui viennent de la Corne de l’Afrique, de l’Erythrée et d’autres pays du continent africain en raison de points d’attaches historiques ou réputés tels avec la Terre d’Israël. Tel est le cas des Ethiopiens, majoritairement orthodoxes chrétiens. Il existe un fond sémitique commun soulignant un autre aspect d’un lien judaïque ancien de populations noires ouvrant sur l’universalité de la révélation sinaïtique.

La péninsule du Sinaï sera toujours, quant à elle, ce lieu singulier et privilégié pour toutes sortes de nomadisme périodiques inhérents au rythme de la mobilité humaine. Au fond, quand on parle en ce moment d’« infiltrators » – de manière négative et méprisante -, ceci s’explique en partie par toute l’expérience tribale et archaïque des relations entre les sociétés proche-orientale. Les « espions/מרגלים » envoyés en Terre de Canaan en sont les ancêtres, mais les infiltrations ont et seront toujours multiples dans tout le territoire d’Israël-Judée-Samarie ou Cisjordanie, Gaza, Territoires Palestiniens et le Sinaï sans compter le Liban et la Syrie.

La situation tragique des fugitifs, migrants économiques, au statut de clandestins ou en cours de régulation, voire de conversion au judaïsme – entre autre -correspond à d’anciennes pratiques. Il est vrai que les Eglises évangéliques, aujourd’hui catholiques y viennent en aide à une population souvent fervente ou en quête normale d’amitié, de nourritures spirituelles et matérielles, bref de reconnaissance. Chaque communauté religieuse établie y voit aussi un moyen de justifier ses demandes de visas pour ses propres intervenants qui viennent habituellement des pays occidentaux.

La société israélienne peut réagir de manière diversifiée : certes, il faut régler la situation honteuse des camps, comme celui de Holot dans le Sud. Dans les faits, Arad a récemment refusé d’accueillir les « clandestins ou fugitifs » (le mot fait référence tant à la migration qu’à son aspect « rebelle » et le désir d’obtenir l’asile dans le pays).  Le Ministère de l’Intérieur a pris des décisions claires et… certaines personnes libérées sont revenues à Tel Aviv-Sud. Un réflexe quasi acquis dans la région d’une illégalité « invertébrée ».

Israël reste un pays qui, comme bien d’autres dans la tradition proche-orientale, est naturellement soumis à la circulation des êtres et des biens, des idées, malgré la sédentarisation de certaines populations dans le pays comme dans tout le Croissant Fertile (Bédouins et autres).

Le tissu frontalier n’est pas comparable aux problèmes générés par les passeurs dans un « Espace Schengen » porreux et trop vaste, un peu comparable à ce que fut l’Empire romain.

Le choc des photos éveillerait soudain à la réflexion sur la nouveauté migratoire. En fait, le processus est presqu’évident : il est identique aux grands mouvements de réfugiés qui se sont produits à la chute de l’Empire ottoman, confirmés en 1945.

Ce sont alors 13 millions d’Allemands qui ont intégré un territoire particulièrement réduit, principalement la République Fédérale d’Allemagne : ceci est peu souligné à ce jour et peut expliquer, entre autre, le sens de l’hospitalité dont fait preuve la nation allemande neuve et réunifiée. Ailleurs, les deux conflits mondiaux ont conduit à des rapatriements de nationaux à la chute des colonies européennes (françaises, britanniques, allemandes, néerlandaise, belges, portugaises).

La fin de la guerre du Viet-Nam a souligné l’impact de ces mouvements de migration, mettant un terme à des parcellisations coloniales artificiellement crées par les Puissances européennes en Asie, en particulier en Asie du Sud-Est et en Indonésie.

Il est plausible que les flux actuels de migrants, réfugiés, travailleurs, fugitifs de toutes natures en provenance du Proche-Orient, attirés en raison des intérêts propres aux pays occidentaux, soient le signe tangible d’une fin lente et douloureuse de deux conflits mondiaux générés par l’Europe.

Il y a un côté absurde, sinon même irresponsable à décliner le « Je suis…celui-ci, celui-là », surtout en ce qui concerne les Chrétiens d’Orient. Ils se sont nuis à eux-mêmes historiquement (Gengis Khan), mais les Eglises d’Occident les ont violemment réduites au silence, sinon à la division avant de reconnaître tardivement « leurs vénérable traditions » (Pape Benoît XIV).

Il reste que l’actuelle mobilité gêne, irrite et que cela ira en s’amplifiant. Elle suscite indéniablement des mouvements de vraies solidarités. A Vienne, il faut souligner la pugnacité du Cardinal Christoph Schönborn qui a su rapidement alerter et lancer des actions concrètes envers les réfugiés. L’Autriche a une longue expérience des flux migratoires et est le reliquat restreint de l’empire austro-hongrois qui, pendant longtemps a constitué une Société des Nations avant l’heure.

La mobilité crée des chocs culturels dont les conséquences sont peu prévisibles sur le long-terme. En revanche, elle rappelle les devoirs du coeur humain.

Israël a reçu près de 30 000 nouveaux immigrants en 5775. Durant la même période, un grands nombre de touristes, de visiteurs, de « passants » ont traversé le pays et certains y sont restés tandis que d’autres sont partis. L’Europe reprend son caractère de « terre d’asile » alors que beaucoup de juifs quittent le continent ou y séjournent temporairement, choisssant plutôt Israël ou le rêve américain.

Pourquoi s’interroger en vain sur l’absence d’aide aux réfugiés de la part des pays du Golfe ? Il faut tenir compte d’un substrat tribal archaïque qui explique l’existence de micro-Etats arabes. Ils permettent la venue de travailleurs étrangers sans les intégrer à leur société clanique. La Oumma est vaste mais elle préfère le déploiement sur les Nations qui, en un sens, restent « infidèles ». Il n’est pas possible de rompre ce noeud gordien. Les Pays du Golfe verseront des sommes colossales pour construire des mosquées en diaspora…

Ces derniers jours d’introspection et de supplications (sli’hot/סליחות) avant de passer le cap de l’année 5776 invitent aussi à chercher le sens des turbulences et des actions qui rythment nos destinées.

Que s’achève cette année avec ses malédictions, que commence l’année avec ses bénédictions – תכלה שנה וקללותיה תחל שנה וברכותיה אי »ה.

Bonne année 5776 – שנה טובה תשע »ו