Pour la nième fois, la télévision publique française (LCP) a présenté le 25/02/16 le fameux reportage de Charles Enderlin « Au nom du temple », suivi également par un débat à la française ou plutôt à la soviétique. Autrement dit un débat où l’animateur et les deux débatteurs (dont Enderlin) étaient parfaitement d’accord, sans la moindre nuance.

A ces trois comparses, il faut ajouter le prétendu expert de ce reportage, le grand spécialiste du fascisme français, Zeev Sternhell, dont l’exigence la plus emblématique reste la destruction à coups de canon de Kiriat Arba par les chars israéliens. Comme quoi l’étude du fascisme finit par donner des idées quant à la manière la plus expéditive de détruire des Juifs.

Pour revenir à Enderlin, on ne peut pas ne pas être indigné par son comportement en général et dans ce documentaire en particulier. Il peut être légitime de mettre en garde sur un éventuel projet de remplacement des mosquées par le troisième temple. Mais dans ce cas, il ne faut pas l’exporter en dehors d’Israël, devant un public malveillant qui en fera ses choux gras.

Au demeurant on aurait pu imaginer une présentation plus nuancée, montrant que le rêve du troisième temple reste pour la majorité des Juifs religieux, même ceux de Judée-Samarie, une aspiration purement spirituelle. Qu’à l’intolérance des uns correspond l’intolérance des autres.

Enderlin ne rappelle pas la présence du judaïsme à Hébron depuis plusieurs siècles, le pogrom de 1929 et autres. Enfin, il omet de signaler le saccage des sous-sols de l’Esplanade. Des tonnes de terre ont été déblayées par le WAKF musulman sans considération des richesses archéologiques qui ont, ainsi, été perdues à jamais.

Il mentionne bien le fait que les Juifs n’ont pas le droit de prier sur l’esplanade. Concrètement  les Arabes sur place, surveillent les lèvres des Juifs pour s’assurer qu’ils ne les remuent pas. En tout cas Enderlin n’en est pas ému pour cette atteinte à la dignité des Juifs.

L’action la plus remarquable d’Enderlin fut bien sûr l’affaire Al Durah. Il en est sorti grand vainqueur avec une condamnation de Karsenti par la justice française et la légion d’honneur. Toutes les interventions des personnalités juives françaises (le fameux lobby juif, soi-disant le plus puissant du monde) ont été vaines.

Ce personnage est soutenu par l’ensemble de la presse française et le journal dit de référence  israélien, Haaretz. Comme dans bien des domaines l’administration israélienne est pétrifiée et l’a laissé achever sa carrière de représentant de France 2 à Jérusalem.

Cette réussite médiatique d’Enderlin fait passer sous silence les exactions de l’intolérance arabe : livres scolaires et autres médias alimentant la haine anti-juive, assassinats de mères de famille devant leurs enfants, lynchages, actes de terrorisme commis par des adolescents etc…

Aujourd’hui Israël est gravement menacé par l’opération BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction). A ma connaissance, Enderlin ne manifeste pas de réaction indignée contre ce mouvement qui prend une ampleur significative, ni contre les attentats que subissent les Israéliens tous les jours, des fois dans des circonstances particulièrement horribles. A l’inverse ce documentaire alimente le seul anti-judaïsme qui compte aujourd’hui, l’anti-sionisme.

Les commentateurs semblent surpris de la désaffection du public pour les socialistes et modérés de toutes nuances. Le comportement de personnages comme Enderlin et Sternhell y contribue puissamment.