Ça y est, cette fois la coupe est pleine. J’avais réussi tout ce dernier mois à garder mon sang-froid, mais là, je sors de mes gonds. Et pourtant, en général, les circonvolutions pathétiques de la presse européenne ou des antisémites de service, sans me laisser de glace, me soutirent rarement plus qu’une grimace désabusée. Mais ce matin, alors qu’Israël met les pieds dans le bourbier gazaoui pour sauver sa peau et que les Israéliens se serrent les coudes et retiennent leur souffle, un pauvre exilé de chez nous a voulu, sur sa page Instagram, mettre quelques photos de Hayalim, de soldats de Tsahal. De ses copains peut-être. Par solidarité.

Ce garçon, Nir Biton, footballeur prometteur évoluant au Celtic de Glasgow, a osé être…israélien. Ignorant la règle d’or du jeu, pour qui veut vivre dans l’Union Européenne aujourd’hui avec un avis différent de celui de la masse salafiste. La reddition.

Tu peux être juif, mais en tant que marrane ou que dhimmi, sans casquette ni kippa, sans tsitsit ni peot. Et sans soutenir Israël surtout. Sinon, je sors la hache. Comme lors du pogrom de la Roquette.

Tu veux être israélien et réalisateur? Pas de problème! Condamne les crimes abominables de ton pays et on financera même ton œuvre. Dans le cas contraire, oublie. Tu peux vivre, bien sûr. Mais à nos conditions.

« Fous le camp »! ont écrit les supporters de Glasgow sur le mur de Nir Biton; « Honte à toi, alors que Tsahal dégomme des enfants sur des plages, tu oses avoir un avis »? « Tant que tu joueras ici nous n’irons plus au stade ». « Rentre chez toi ». Et Nir a retiré ses clichés. Sous la pression des dirigeants du club.

Israël est devenue une maladie honteuse.

Honte aux produits israéliens, qu’on va bouter hors des grandes surfaces. Honte à Shahar Peer qui doit, la moitié de l’année, jouer au tennis sous les sifflets et les insultes. Pour Maccabi, en basket, c’est une fois sur deux des croix gammées dans les tribunes. Nos hommes politiques voyagent à l’étranger avec la crainte de finir au tribunal de La Haye, quand Mahmoud Abbas voit se dérouler devant lui le tapis rouge des capitales du monde libre. Libre. Comme Salman Rushdie…

Le syndrome de Stockholm européen, reprit en chœur ces derniers jours par Kerry et Obama, est une plaie. Un mal issu de la peur et non de la pitié. Un mal à éradiquer. Et au plus vite. Tant qu’on a encore le droit de penser.