Emmanuel Macron en Algérie : la dérive communicative…

Jeter un œil sur son fil Twitter ce matin, tomber sur un tweet de Laurence Haim (Porte-parole d’En Marche) :

Opération électoraliste en cours.

Opération électoraliste en cours.

Et puis remonter la timeline pour tomber sur cet autre tweet :

Le symbole d’un candidat communicant sans colonne vertébrale ni background historique.

Le symbole d’un candidat communicant sans colonne vertébrale ni background historique.

On en tombe tout de même sur le c*l…

A-t-on oublié cet arrêté ? Je ne saurais blâmer personne de ne jamais en avoir pris connaissance : aucune publicité n’avait été faite alors et il fallait faire montre d’un acharnement archéologique sans précédent pour le déterrer sur le site officiel du Quai d’Orsay.

Cela fait un bon moment, une dizaine d’années, que l’Algérie a lancé un programme d’expropriation des terres où sont enterrées les juifs et aussi parfois les chrétiens.

Avec l’assentiment de la République française, on déterre les morts et on les jette dans des fosses communes. Cela choque le laïc civilisationnel que je suis au regard du respect dû aux morts ; je ne ferais même pas état du non-respect des lois religieuses hébraïques qui attriste le croyant que je suis.

Je tiens à rappeler qu’à l’époque où mes ancêtres et mes arrières grands-parents ont voulu préparer leurs mises en terre, ils achetaient à prix d’or leurs concessions mortuaires perpétuelles afin de reposer en paix “jusqu’à la fin des temps”.

Aujourd’hui, alors que l’Algérie ne respecte pas ses engagements juridiques au regard desdites concessions, les familles désireuses d’effectuer le transfert en France des restes de leurs défunts doivent le faire à leurs frais si le bulldozer n’est pas encore passé par là.

Pour ce faire, faut-il encore retrouver des papiers officiels, des preuves exactes de parenté, de l’emplacement précis des corps.

Mon grand-père était d’Alger, ma grand-mère de Annaba, qu’on appelait Bône à cette époque. Comme la plupart des juifs d’Algérie, ils sont partis sans rien. Ils ont même oublié, plus de 60 ans plus tard, dans quelle allée du cimetière se trouvent leurs ancêtres.

Ces ancêtres, mes ancêtres, qui étaient là bien avant les colons français, peut-être dès 1492 et l’expulsion des juifs d’Espagne par Isabelle la Catholique. Ce n’est pas seulement leur sépulture qu’on a détruit, ce n’est pas seulement leur concession payée rubis sur ongle qu’on a pillé, c’est leur mémoire qu’on a volé.

Alors non Emmanuel Macron : dans les cimetières juifs et chrétiens d’Algérie que l’on profane trop souvent, dont on se sert à l’envie comme urinoir, lieu de prostitution, de trafic de drogue, de dépotoir, il n’y a pas de réconciliation possible. Ni religieuse, ni identitaire, ni culturelle, ni intellectuelle.

Par le biais de Laurence Haim, votre communication est honteuse et mensongère.

Tenter de nous faire croire que mes ancêtres, comme ceux de la majorité des juifs et chrétiens enterrés là, sont aussi bien lotis que Roger Hanin (dont la tombe a dû être toilettée pour l’occasion) c’est piétiner à votre tour l’histoire de milliers de personnes dont les dépouilles, comme la mémoire, ne sont plus respectées…