Au travers ce 6e roman, Ariane Bois nous décrit un tout autre monde, tout aussi attachant, celui des « maquis juifs », la Sixième branche clandestine des EIF qui, à leur façon et en coordination avec le corps franc de libération 10, le CFL 10, luttèrent avec courage contre l’occupant allemand dans les années 40.

Le groupe scout avait pris le nom de « compagnie Marc-Haguenau », en l’honneur d’un chef éclaireur qui s’était défenestré pour échapper aux nazis.

Le héros du livre, Simon Mandel, dit ‘Loup’ est le fils de l’avocat Henri Mandel et de son épouse, Marguerite, professeur de lettres. Famille juive bourgeoise traditionaliste, mais sans plus, les Mandel, qui se considèrent comme des PIF, patriotes israélites français, habitent à l’époque un appartement cossu du 7ème arrondissement de Paris.

Quatre enfants, trois garçons : Lucien, Simon et Élie et une fille, Madeleine alias « Hibou », son totem scout. Une cuisinière bretonne, une lingère et une nounou, Marie-Noëlle alias « Babar ». Un bonheur simple et tranquille, mais qui ne va, hélas, pas durer.

Nous sommes en 1942. La famille Mandel a échappé aux grandes rafles de l’été mais Henri Mandel, a été interné à Compiègne et ne donne pas de nouvelles. Le fils aîné, Lucien, a, dès 1942, rejoint Londres par le détroit de Gibraltar. Madeleine, de son côté, a choisi, dans le cadre du réseau Garel de l’OSE, de cornaquer des enfants juifs pour les placer en Espagne, puis en Suisse.

À l’initiative de Marie-Noëlle, Marguerite et ses deux autres enfants vont se replier vers Toulouse. C’est là que Madame Mandel sera arrêtée lors d’une rafle et emprisonnée. Simon, lui, a rejoint le « maquis juif » et se prépare à la confrontation avec l’ennemi nazi.

Au fil des pages, on croise des figures légendaires du scoutisme : Robert Gamzon, dit « Castor soucieux », fondateur des Éclaireurs Israélites de France, Frédéric Hammel alias Chameau et sa femme, «Fourmi», ou encore le mythique Alfred Nakache, champion de natation d’origine algérienne, le philosophe Vladimir Jankélévitch, le chef des FTP-MOI, Francs Tireurs et Partisans, Main d’œuvre Immigrée, Joseph Epstein et même l’ancien chef du gouvernement, Léon Blum, qui venait en voisin, rendre visite à maison d’enfants de Jouy-en-Josas alors dirigée par Pierrot Kaufmann.

Éditions Belfond. Janvier 2016.