Les élections en Israël ont donné leur verdict : on ne change pas une équipe qui perd ! C’est ce qu’impose la logique postmoderne du zéroïsme de sens et de vanité du fake et de confusion des valeurs.

Pourtant le malaise était évident dans le corps électoral qui l’a manifesté en prenant ses distances avec les plus extrémistes de ses religieux.

Il n’empêche qu’il a été encore sous le charme d’une politique de gribouille, un tour de passe-passe ou de magie de saltimbanque, une stratégie de courte vue n’ayant pour intérêt que de sauver les appartenances sous le masque d’un présentéisme trompeur.

Samson, David postmoderne

C’est donc une certaine conception de la fierté israélienne qui l’a emporté, le gagnant des élections ayant su caresser l’électeur dans le sens du poil, usant et abusant de fausses sorties supposées magnifier le prestige d’Israël, le David éternel contre un Goliath qui a pris, l’espace d’une élection, les traits de l’oncle Sam.

C’est aussi une autre figure emblématique usant des mythes fondateurs d’Israël qu’aura été celle de Samson, le petit Poucet démocratique d’un Orient livré aux turpitudes islamistes. L’Israélien étant prêt au sacrifice extrême, mourir pour sa noble cause, pour ses valeurs et celles des démocraties comme le héros biblique se tuant, mais tuant dans le même temps ses ennemis.

Or, dans l’attachement salutaire à de telles valeurs, il y avait manifestement confusion entre ce que les principes humanistes et les valeurs exigent de faire et ce qu’elles somment de ne pas faire.

Ce qu’elles exigent de faire est de fusionner avec autrui dans le meilleur, car nul ne peut se targuer d’en être l’exclusive incarnation.

Il est une part du diable dans l’humain, dont l’étymologie vient de l’humus, et elle peut phagocyter celle que tout un chacun emporte aussi en lui, sa part d’ange. L’ange n’est-il pas un démon ? Satan n’est-il pas l’ange — un archange même —, mais déchu ?

Christ de la postmodernité

On est à l’un de ces moments terribles où l’horreur prend des atours charmeurs, mais trompeurs, sans cesser de relever de l’innommable ayant généré la Shoah. Aussi, l’honneur d’Israël est de demeurer fidèle à la mémoire des justes en cultivant la culture de la justice qui est justesse, à la fois de voie et de voix.

Dans le cantique de Zacharie (Evang. Lc 1, 68-79), ne dit-on pas σωτηρίαν ἐξ ἐχθρῶν ἡμῶν : Salutem ex inimicis nostris (le salut vient de nos ennemis) ?

Aujourd’hui, le salut d’Israël est dans la paix avec la Palestine, les juifs et les musulmans se devant de cesser leur absurde guerre fratricide pour revenir, avec les chrétiens, au seul héritage qui compte de leur ancêtre commun, celui de la paix et de la communion émotionnelle dans l’amour de son prochain.

Doit-on tuer encore et encore le Christ, car les justes de voie et de voix, en ce monde injuste sont des Jésus postmodernes ? Certes, il y a Daech et le terrorisme islamiste; mais qui est derrière ces horreurs ? Qui les alimente et qui en tire profit?

Il est temps que l’amour gagne les cœurs ! Il est temps que les justes d’Israël se décident de cesser d’être in-justes et se décident à tendre la main aux justes d’en face qui sont déjà aux prises avec les injustes dans leur camp.

Il est bien temps qu’un futur de paix soit édifié, un nouvel ordre mondial qui soit amoureux ! Que l’État d’Israël qui en a connu et payé le prix en soit le précurseur, qu’il se dévoue pour la cause de la paix, sans arrière-pensée ni faux-semblants.

Il y va de l’honneur même d’Israël et de celui de l’humanité dont il n’est qu’une incarnation, étant un peuple élu par Dieu. Or, s’il a été distingué par Dieu, c’est bien pour incarner un peuple sans exclusion aucune d’autrui, n’étant que la communauté de l’humanité entière, toutes croyance confondues, magnifiée par une foi commune en l’humain quand il sublime ses humeurs, s’élevant à la dimension divine en lui.