Comme beaucoup, j’ai reçu ce matin la liste des candidats pour les élections consistoriales du dimanche 26 novembre prochain. Je ne peux qu’être heureux que des élections aient lieu au sein du Consistoire mais comme vous le verrez, certains points me chagrinent.

Se présenter, oui mais il fallait le savoir

Fidèle de la synagogue de la Victoire qui doit normalement être la « vitrine du judaïsme français » je n’ai vu aucune affiche appelant à candidature aux élections. Pensant que c’est un oubli de cette synagogue, je suis allé vérifier dans d’autres synagogues et malheureusement je n’ai point vu d’affiches.

Se présenter est difficile pour les personnes ayant des difficultés financière

Le Consistoire doit normalement être le représentant de toute la communauté juive. Cette dernière a en son sein des anciens et des jeunes, des riches et des pauvres.

En lisant l’affiche d’information publiée par le Consistoire sur ces élections, nous pouvons lire qu’il est demandé au futur candidat un règlement des frais de participation de 500 euros. Quid de l’étudiant ou de la personne qui n’a pas de grands revenus ?

Une élection où le casier judicaire des candidats n’est pas demandé

Selon la publicité faite par le Consistoire pour se présenter aux élections, il n’est pas demandé aux futurs candidats de présenter un extrait de casier judiciaire. Pourtant le Consistoire gère des millions d’Euros. Bizarre, vous avez dit bizarre !

Une élection sans débats ?

Nous sommes à un peu plus de 15 jours de ces élections et très peu de débats dans les radios communautaires, très peu d’interviews des candidats dans la presse juive.

Une candidate a bien fait une conférence de presse dans un grand café parisien mais seuls les journaux « la Croix » et le Monde des religions » ont relaté cette conférence. Pas un mot dans la presse juive.

Les statuts du Consistoire

Après plusieurs demandes, j’ai enfin reçu les statuts du Consistoire et je souhaite vous entretenir de quelques articles qui me posent question.

Vive l’égalité des sexes

Commençons par l’article 3 qui stipule : « Peuvent être membres de l’Association, les personnes remplissant les conditions suivantes :

  1. Avoir 18 ans révolus
  2. Payer une cotisation annuelle qui ne peut être inférieure au minimum déterminé par l’Assemblée Générale Ordinaire. La cotisation de l’épouse est réduite à la moitié et celle des enfants âgés de 18 ans au moins, et non mariés vivant au foyer, au quart. La décision de l’Assemblée Générale est sans effet rétroactif sur l’année en cours
  3. …. »

Donc si un homme paye une cotisation, son épouse  peut ne payer que la moitié mais si une épouse paye sa cotisation, son mari lui ne sera pas membre de droit s’il paye la moitié de cette même cotisation. Franchement bravo pour l’égalité des sexes.

Regardons maintenant de plus près l’article 7 de ces statuts :

Les règles sont-elles toujours respectées ?

« Sont éligibles au Consistoire, les électeurs âgés de vingt-cinq ans accomplis, non frappés d’incapacité, et membres de l’Association à jour de leurs cotisations au cours des deux exercices précédant l’année de l’élection (AGE du 12 juin 1988).

Ne peuvent être élus au Consistoire pendant l’exercice de leurs fonctions et pendant les douze mois qui suivent la cessation de leurs fonctions :

  1. Les Rabbins, Délégués rabbiniques et Ministres officiants ;
  2. Les salariés de l’Association
  3. En outre, l’exercice de fonctions, salariées ou non, ou la détention d’intérêts, même minoritaires, dans une entreprise soumise au contrôle du Beth Din (Tribunal rabbinique de Paris)…. »

Donc si je comprends bien, une personne qui est traiteur où qui travaille dans une boucherie cacher Beth Din ne peut se présenter. Une question : cette règle a-t-elle été toujours respectée ?

On peut faire appel des décisions du Tribunal Rabbinique (selon les statuts)

Bonne nouvelle à tous ceux dont certificat de cacherout a été refusé, à toutes celles et à tous ceux dont le Consistoire a refusé la conversion, à toutes les femmes qui ne sont pas d’accord avec le jugement de divorce religieux, VOUS POUVEZ FAIRE APPEL.

L’article 11 de ces mêmes statuts nous dit que : « toute décision en matière religieuse doit être prise après avis conforme du Grand Rabbin de Paris. En cas de désaccord, IL EN EST REFERE AU BURAU DE L’UNION ».

Dès qu’on parle d’argent, ce n’est pas clair 

Encore un dernier point sur les statuts qui comme vous le verrez n’est pas clair du tout et cela est normal car dans cet article nous parlons d’argent. Ainsi dans son article 20 bis les statuts nous apprennent que : « l’Association ne peut effectuer aucun acte de disposition portant sur un bien immobilier consacré au culte ou ses dépendances s’il n’est accompli en conformité avec les règles religieuses du Judaïsme et après avis favorable du Consistoire Central »

La question que chacun doit se poser est que disent les règles religieuses du judaïsme. Avons-nous le droit d’ hypothéquer des édifices religieux ? D’avoir un déficit ? De ne pas publier les comptes sur le site internet ?

Oui nous devons voter pour les élections consistoriales, mais nous devons voter en connaissance de cause, nous devons voter après des débats ouverts où les candidats pourront s’exprimer.

Nous devons aussi avoir la possibilité d’élire les présidents de synagogue qui pour beaucoup sont cooptés.

Si le judaïsme prône depuis des milliers d’années la démocratie, le Consistoire et les synagogues doivent en être les représentants.