Hier, tout comme des millions de citoyens Israéliens, je suis allée voter. Cependant contrairement aux élections d’il y a 4 ans, je n’ai pas voté pour mon parti préféré – celui qui répondait le mieux à mes convictions et espoirs pour l’État d’Israël. Non, j’ai dû voté pour le meilleur du pire !

Premier point que j’ai dû prendre en considération : le parti a-t-il un programme clair et précis ? Une question qu’on ne devrait pas se poser car il apparait logique que la présentation d’un programme est une des « nombreuses » conditions à la présentation du parti comme candidat (voir la liste de tous les candidats et leurs programmes). Cependant, il est surprenant de constater que plus de la moitié d’entre eux (parmi eux les plus populaires) ne présentaient aucun programme, aucun agenda. Leur programme : juste un nom, une marque.

Pour ceux qui ont « daigné » publier un programme, on assiste à une totale inégalité des contenus avec pour certains des programmes qui ne tiennent que sur 2 pages et pour d’autres sur plus de 200 pages qu’aucun israélien travaillant 45h par semaine n’a le temps de lire et de comprendre.

Je suis persuadée que si l’on pose la question aux votants et même à certains militants – pourquoi avez-vous voté / soutenu le Likoud, Koulanou, Kahol Lavan ou n’importe quel autre parti – aucun ne répondra en fonction du programme de ce dernier. En effet certains diront-il fallait contrer Bibi, et d’autres ignoreront la question car ils ne savent tout simplement pas quelles sont les raisons de leur vote.

Et il est totalement légitime de leur part de ne pas savoir expliquer leur choix – surtout quand depuis quelques mois nous assistons à un véritable combat de coqs au sein de médias et non pas à un véritable débat d’idées et de convictions de ce qui est le mieux pour notre pays : sa sécurité, son économie, l’éducation de ses futurs citoyens ou encore la place des femmes dans sa société ! Le vote n’est plus un vote d’idée mais un vote de personne et de pouvoir – on ne dit plus je vote Likoud – on dit je vote Bibi, on ne dit plus je vote Kahol Lavan – on dit je vote Gantz.

Les partis sont censés représenter des idées / stratégies pour améliorer le pays et non pas des hommes à l’affût du pouvoir qui veulent nourrir leur ego… L’urgence n’est pas de changer de Premier ministre mais bien de changer le système politique qui permet à plus de 40 partis (47 pour être précise) d’être candidats et qui n’oblige pas les principaux candidats à débattre face aux israéliens à propos de leur programme.

Jusqu’à présent invisibles, les failles de ce système deviennent à présent évidentes et elles menacent la démocratie. Nous avons, depuis toujours, lutté dans le monde entier pour que les gens puissent voter et choisir – certains pays n’ont pas cette chance – et quand en Israel, on peut – on ne le fait pas comme il faudrait. Voilà l’explication d’un vote par dépit…