Alors que les nuages s’amoncellent à la frontière entre Israël et la Syrie – devenu le terrain d’opérations militaires privilégié de l’Iran – les médias israéliens annoncent avec fracas le retour en politique d’Ehud Barak. La nouvelle aurait de quoi faire sourire, si la situation n’était pas aussi grave. L’ancien Premier ministre et ministre de la Défense, aujourd’hui âgé de 75 ans, est en effet largement responsable de la situation géopolitique actuelle très préoccupante et de la présence de l’Iran à la frontière Nord-Est d’Israël.

Arrivé au pouvoir en 1999, alors que l’euphorie d’Oslo s’était déjà dissipée dans le sang et les larmes des vagues d’attentats successives, perpétrées par les hommes de l’inventeur du terrorisme international (et Prix Nobel de la Paix) Yasser Arafat, Barak a introduit dans le vocabulaire politique et militaire israélien un nouveau concept : celui de “retrait unilatéral”.

L’ancien membre d’une unité d’élite, soldat “le plus décoré de l’histoire de l’armée israélienne”, a en effet été l’instigateur du retrait désastreux de Tsahal de la bande de sécurité, au Sud-Liban, qui garantissait la tranquillité des habitants du Nord d’Israël.

Ce retrait a été effectué de manière totalement unilatérale, sans la moindre exigence de la part des ennemis d’Israël, ni la moindre coordination avec nos alliés au Liban. Le concept de “retrait unilatéral”, expression qui ne signifie rien d’autre en vérité “qu’après moi le déluge”, a marqué une nouvelle étape dans la perte des valeurs qui ont jadis fait la force de Tsahal.

Pendant la Deuxième Guerre du Liban, Israël a payé chèrement le vide créé au Sud-Liban par le retrait de Tsahal et le démantèlement de l’Armée du Liban-Sud alliée d’Israël, lâchement abandonnée à son sort en mai 2000. Le déluge de missiles qui se sont alors abattus sur tout le nord du pays, jusqu’à la baie de Haïfa, est la conséquence directe du retrait ordonné par Ehud Barak.

Au nom de la conception fallacieuse qui voudrait que “les territoires n’aient plus d’importance” à l’ère de la guerre post-moderne, Barak a ainsi permis au régime des Ayatollahs d’installer à quelques mètres de la frontière israélienne le Hezbollah, son bras armé et de mener contre Israël une véritable guerre par le biais de la milice qu’il arme et finance.

Preuve supplémentaire, si besoin était, qu’il ne suffit pas d’être un bon soldat pour être un bon Premier ministre, et que les meilleurs soldats font parfois de piètres dirigeants politiques…

Si certains pensent que l’ancien Premier ministre a tiré les leçons de ses erreurs passées, il suffit de l’écouter aujourd’hui pour comprendre qu’il n’en est rien. Non seulement Barak n’a jamais exprimé le moindre regret pour sa politique désastreuse, mais il réserve toutes ses attaques et ses flèches trempées dans le fiel à Binyamin Nétanyahou, qui s’efforce depuis des années d’alerter le monde contre le danger iranien.

Dans ces circonstances, il faut souhaiter que les électeurs israéliens n’auront pas, une fois n’est pas coutume, la mémoire courte et qu’ils sauront renvoyer Barak à ses affaires privées.