Aujourd’hui, nul ne doute de la reprise du pouvoir par la junte militaire en Egypte! La révolution de 2011 qui a chassé l’ancien raïs égyptien n’a pas pu renverser le régime militaire vieux d’une cinquantaine d’années.

Plutôt, il est en train de reprendre de la force et s’enraciner pour des années. Pour y parvenir, tous les moyens répressifs sont utilisés pour assoir un système qui peut se maintenir pendant des années. Les appareils sécuritaire et judiciaire sont mis en exergue pour étouffer toute contestation contre le régime militaire.

Depuis juillet 2013 date du renversement du pouvoir des islamistes, plus de mille citoyens ont été massacrés par la machine répressive des militaires. Sous le prétexte du soutien d’une large opinion, le général Abdel Fattah Al Sissi fait subir aux contestataires le pire pour enraciner un système qui peut résister pendant des années.

Fort de l’appui économique du royaume saoudien et certains pays du Golf, la junte militaire réinstaure un système de dictature. Des procès expéditifs dignes d’un régime stalinien condamnent à mort des militants opposés au pouvoir. Les premiers condamnés (700) ont vu leur peine commuée en prison à vie.

Lors d’un nouveau procès ces derniers jours, 1000 personnes ont été condamnées à mort dans un procès grotesque. La communauté internationale brille par son silence. Les démocraties occidentales se contentent de publier des communiqués pour condamner  les procès à la solde du général de l’armée.

Jusqu’ici, l’Occident n’a pas donné un signal fort au gouvernement intérimaire pour mettre fin à la dictature. Pourtant, les Occidentaux ont des moyens de pression pour faire reculer cette barbarie d’un autre âge. L’Amérique est plus faible et Sissi a menacé de se tourner vers d’autres puissances si les Etats-Unis les lâchaient.

L’Amérique peut faire des pressions sur l’Arabie Saoudite qui est le parent de la dictature en Egypte pour arrêter cette perversion de la justice. L’Union européenne  qui impose traditionnellement des sanctions symboliques contre les régimes sanguinaires est aujourd’hui muette. Le Conseil de sécurité des Nations-unies brille aussi par son silence.

La constitution récemment votée restreint toute forme de liberté. Certains éléments des forces laïques conscientes des dérives du régime sont réprimés après toute manifestation. La répression  des militaires risque de donner l’occasion aux fanatiques frères musulmans de se présenter comme des victimes.

Aujourd’hui, les frères musulmans [force du mal aussi, NDLR] soutenus par le djihadisme mondial se radicalisent et commettent des attentats contre des citoyens innocents. Les islamistes représentaient un désastre pour le peuple Egyptien, les droits des femmes et pour l’Israël. L’alliance que les frères musulmans avaient tissé avec l’Iran constituait un danger pour la sous-région.

Sans compter que dans le Sinaï, militaires et groupes djihadistes s’affrontent à sang. Dans des provinces comme Alexandrie, des partisans des frères musulmans font le pire.

Des jeunes sont poignardés au cours des affrontements entre partisans et anti Mohamed Morsi, président destitué au mois de juin. C’est dire que les frères musulmans, groupes fanatiques ne sont innocents de tous ces massacres contre les civils.  Ceci ne justifie en rien les violations systématiques des droits de l’homme dont se rend coupable le gouvernement actuel.

Face aux dérives autoritaires de l’armée et aux attentats des islamistes, les Egyptiens n’ont le choix qu’entre le choléra et la peste. Mais, une alternative pour le développement est présente, l’Etat des droits et la démocratie existe. Pour y arriver, une force neutre doit s’imposer devant les deux forces du mal.

Alpha DIALLO