Chaque année pour Pâque (Pessakh), le peuple d’Israël se réunit pour lire la Haggadah de Pâque qui raconte que “Nous étions esclaves de Pharaon en Egypte”.

L’Egypte en hébreu se dit Mitzraim, qui se compose en deux mots Mitz Raim traduit par “essence des maux”) – et l’esclavage en Egypte symbolise le contrôle de l’ego – l’essence du mal humain – du cœur de l’homme.

Cet esclavage est ainsi décrit de façon allégorique à travers l’histoire des enfants d’Israël en Egypte. Cet ego les pousse à travailler dur, à construire des villes – Pithom et Ramsès – qui sont le symbole de la vanité humaine, Pithom des mots “Pé” / “Téom” la bouche du néant – mais en fin de compte, tout s’écroule, et la vie reprend son cours, jusqu’à ce qu’ils en aient assez et ne supportent plus cette situation, et décident enfin à fuir l’Egypte pour échapper à leur nature égoïste.

L’histoire de la sortie d’Egypte est la prise de conscience du mal qui nous empêche de vivre. 

Egypte 2.0, l’égoïsme s’est modernisé

En Egypte, il tenait en esclavage le peuple d’Israël. Aujourd’hui, c’est l’humanité toute entière qui est en esclavage : esclave de son travail, esclave de l’argent, esclave de la technologie, et au final esclave de sa propre nature.

C’est pourquoi le texte de la Haggadah que nous lisons à Pessakh nous rappelle que « à chaque génération, chacun doit se considérer comme étant lui-même sorti d’Égypte » – c’est-à-dire échappant au contrôle de son égoïsme.

Certes, prendre conscience de son propre égoïsme n’est pas chose facile, et il est toujours plus simple de voir les défauts des autres que les siens – mais tout comme dans le récit de la sortie d’Egypte, les malheurs qui s’abattaient sur le peuple l’ont amené à réaliser la nécessité d’un changement, de nos jours, les fléaux prennent la forme d’une crise économique et sociale dont l’égoïsme et la cupidité humaine en sont des causes évidentes pour tous.

La question cependant reste en suspens : quand nous déciderons-nous à changer ?