Après Roger Garaudy avec « le mythe fondateur d’Israël », Shlomo Sand avec « Comment fut inventé le peuple juif », voici Edith Bruder.

Anthropologue française, Edith Bruder remet en question l’existence d’un judaïsme africain et même l’existence des juifs africains.

Dans son livre, elle développe les idées essentielles de ses écrits, l’invention du juif africain ou encore comment le peuple juif africain fut inventé et affirme avoir découvert d’une manière scientifique le mythe fondé sur ce judaïsme. En cinq ans de recherche, elle pense avoir découvert la vérité.

Qu’elle est admirable cette propension a réécrire l’histoire.

Plusieurs scientifiques de renoms et pionniers de la question ont pris distance avec elle suite justement à ses idées révisionnistes

Maurice Dorès, Ephraïm Isaac et Tudor Parfitt trouvent ses allégations sans fondement. Il y a trois dimensions à prendre en compte dans le traitement du fait : aspect religieux dont elle ne maîtrise rien, aspect historique dont elle n’a pas la compétence, seul l’aspect social qui fait le fondement de son livre avec des écrits souvent communiqués à distance car n’ayant jamais été sur le terrain, ignorant ainsi toute la littérature talmudique, source historique pour l’étude du judaïsme comme méthodologie.

Elle va jusqu’à affirmer que la souffrance et le prestige sont les motivations du judaïsme africain. Sa réflexion réside dans un déni systématique de l’authenticité des attributions des opinions et décisions halakhiques tel Ovadia Yossef, qui considéra les juifs éthiopiens comme la tribu de Dan.

Madame Bruder remet systématiquement en cause toute idée des traditions talmudiques fondée sur ces attributions.
Ce rejet absolu constitue la pierre angulaire, entendu comme théorie du copier-coller.

Pour Maurice Dorès : « Le Judaïsme n’a rien d’ethnique, le Judaïsme n’a pas de couleur. »

L’anthropologie, ce n’est pas observer les populations avec un certain paternalisme, ni refuser ce qu’elles sont, ou d’avoir un discours idéologique.

J’estime qu’il faut connaître les gens, leurs langues et leurs habitudes pour pouvoir s’affirmer chercheuse.

Un bon livre doit reposer sur une recherche préalable, un travail de terrain important, des repérages nombreux.

Sans l’ombre d’un doute, le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise », où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël.

De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises : après la destruction du Premier temple, au VIe siècle avant notre ère, puis à la suite de celle du Second temple, en l’an 70 de notre ère.

Dans son écrit, Edith Bruder affirme avoir découvert d’une manière scientifique le mythe courant contre les juifs noirs.

Une thèse qui démontre jusqu’à quel point Edith Bruder puise ses renseignements dans des sources d’ordre secondaire, tertiaire et même quaternaire, en omettant presque complètement les sources premières juives et africaines.

L’auteur présente dans son étude une théorie constructive ignorant le point de vue biblique et talmudique sur les juifs africains et leur statut dans les sociétés africaines . C’est cette partie de la critique d’Ephraim Isaac que nous livrons ici à nos lecteurs.

Des cités comme Carthage, Kairouan, Paert, Tlemcen, Fez, Sigilmassa, Tombouctou furent des creusets où prirent racine et s’épanouirent le judaïsme.

Le Souss, le Drâa, le Tafilalet, le Touat, habités par des communautés juives de haute culture biblique, constituent les portes d’accès de l’Orient sémitique vers le Soudan occidental. Là, transitent non seulement des marchandises et des techniques, mais aussi des idées.

L’historien arabe Idrissi nous livre des documents intéressants sur la pénétration du judaïsme en Afrique noire pour la période antérieure aux Almoravides.

Cette pénétration suit les voies commerciales qui allaient du Maghreb au « pays de l’or », c’est-à-dire, à travers la Mauritanie soudanaise, probablement jusqu’au Mali.

Avant l’islam, et même probablement avant la naissance du christianisme, la pensée hébraïque et biblique, véhiculée par les Judéens avait pénétré dans de vastes parties de l’Afrique, en Egypte, en Libye (ou l’on signale la présence de Rabbi Akiba dans la première partie du IIe siècle), au Maghreb, au Soudan occidental, au Mali, en Ethiopie comme en Asie, en Arabie et dans différentes régions du Proche-Orient.