Nous sommes en 1894. Le journaliste juif hongrois Théodore Herzl est à Paris pour suivre l’affaire Dreyfus. Il lui faut peu de temps pour réaliser que l’antisémitisme est bel et bien revenu au goût du jour.

Quel choc pour Herzl d’entendre « mort aux Juifs » dans les rues de Paris ! Bien que Napoléon ait été l’ami des Juifs, leurs émancipation (aussi connue sous le nom de “la Haskala”) fut un échec.

Convaincu que le peuple juif a besoin de sa propre terre, Herzl publie son livret“Der Judestaat” (l’État juif) en 1896.

Dans ce chef-d’œuvre visionnaire, il envisage la fondation d’Eretz Yisrael. Recevant beaucoup de critiques à ce propos, il demeure convaincu que, malgré les difficultés et les obstacles du voyage, la « Palestine » en est la seule destination.

Théodore Herzl, tout en n’étant pas à l’origine de la notion du sionisme, en est certainement le visionnaire, le catalyseur, et même le leader (du point de vue politique).

Ernst Pawel, dans“le labyrinthe de l’exil : La vie de Theodore Herzl”, explique ce qu’Herzl est pour le sionisme : « il y a apporté son leadership, l’organisation et un mélange unique de fantaisie et de réalisme pratique, mais sa contribution la plus importante est de loin l’image messianique de lui-même, ainsi que sa stature aux yeux des Juifs et du reste du monde ».

Et c’est ainsi qu’en 1897, Herzl a mis en place – non sans peine – le premier congrès sioniste.

En tant que président, il en organise six de plus jusqu’en 1902. Mais c’est à Vienne, en 1897, qu’il annonce presque prophétiquement : « A Bâle, j’ai créé l’Etat juif. Dans cinq ans, peut-être, ou cinquante ans au plus, tout le monde en sera témoin ». Ajoutez 50 à 1897 et vous obtenez 1947 … le reste appartient à l’histoire !

Herzl s’est vite rendu compte que le sionisme était un mouvement purement politique à la recherche d’une certaine stabilité. Une évolution vers un sionisme plus pratique est alors devenue nécessaire. La suite logique fut la naissance du « sionisme culturel », attirant davantage de sympathisants au sein de la communauté juive de l’époque. Deux hommes importants et responsables de sa croissance furent :

– Ahad Ha’am (hébreu pour « un parmi le peuple ») dont la vision en tant que fondateur du sionisme culturel était : « Un Etat juif et non pas seulement un État de Juifs ».

– Eliezer Ben-Yehuda, qui avait émigré en Israël en 1881, et qui consacra le reste de sa vie, non sans difficultés, à la renaissance de l’hébreu en tant que langue moderne.

Mais bien qu’étant politique, pratique ou même culturel, le sionisme est, avant tout, un concept biblique. D’une certaine manière, nous pouvons dire que Dieu est le premier sioniste.

Il a créé le peuple juif et lui a donné la Torah (Exode 20) et une terre « du fleuve d’Egypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate” (Genèse 15). Ce n’était qu’une question de temps avant que les disciples du Messie se décident à soutenir et prier pour Eretz Yisrael. C’est ainsi qu’ils devinrent un groupe au sein du christianisme, connu sous le nom de « sionistes chrétiens ».

Bien que le concept biblique du soutien de l’existence d’Israël et du peuple juif remonte à beaucoup plus loin, c’est Herzl qui a vraisemblablement utilisé le terme « chrétien sioniste » pour la première fois en 1896.

D’autre part, selon Edward Flannery, les sionistes chrétiens ont eu un rôle à jouer lors de la renaissance d’Israël en 1948 et de la croissance de l’Etat hébreu les années suivantes. Il a déclaré que « sans le sionisme chrétien, il est très peu probable que l’État actuel d’Israël ait vu le jour si rapidement ».

Les chrétiens sionistes viennent de différents horizons théologiques, mais ils maintiennent néanmoins un certain terrain d’entente quand il s’agit d’éléments essentiels au sujet d’Israël et du peuple juif. Ils ont tous un intérêt direct pour l’eschatologie (l’étude biblique des temps de la fin).

Entre autres choses, ils font une distinction biblique claire entre Israël et l’Église, ils croient au retour physique du peuple juif en Israël, à la reconstruction du Temple et au fait qu’Israël viendra à la foi en son Messie,

Depuis près d’un siècle maintenant, les sionistes chrétiens ont été l’un des bras de l’église évangélique qui a maintenu des relations très positives envers Israël et le peuple juif. Depuis 1948, la plupart des premiers ministres israéliens ont reconnu que leurs plus grands amis se trouvaient au sein des sionistes chrétiens.

Malheureusement, tout cela est en train de changer. Au niveau mondial, le sionisme chrétien semble être en train de mourir. Evidemment, Israël n’a pas perdu tous ses amis dans les rangs évangéliques. De plus, les juifs messianiques, indépendamment de leur acceptation par la communauté juive dans son ensemble, soutiennent Israël inconditionnellement.

Ce changement est connu sous le nom de “palestinisme chrétien” et va se transformer en un tsunami si rien n’est fait pour l’arrêter. Il a déjà mené un grand nombre d’évangéliques à se questionner et à rejeter toute forme de sionisme. Le palestinisme chrétien est de l’antisionisme chrétien, et il doit être confronté en tant que tel.

Dans son livre Eurabia : l’axe euro-arabe publié en 2006, l’auteure juive Bat Ye’or postule que le palestinisme chrétien est très ancien.

D’une certaine mesure, elle est correcte. Mais d’autres, comme le théologien britannique Paul Wilkinson, voient ce mouvement moderne comme datant d’environ 20 ans.

Selon lui, le fondateur moderne du palestinisme chrétien est Naïm Ateek, qui a créé le mouvement en 1994 quand il a fondé “le Centre palestinien de théologie de la libération œcuménique” connu sous le nom de SABEEL.

Certains des leaders du palestinisme chrétien aujourd’hui sont des personnes comme Naïm Ateek ou Elias Chacour.

Mais plus important encore, le flambeau de l’antisionisme est transmis à des personnes qui étaient des sionistes ou qui au moins n’étaient pas anti-Israël.

Il s’agit notamment du vicaire britannique Stephen Sizer (qui décrit le sionisme comme une “hérésie”), le professeur Gary Burge de Wheaton College dans l’Illinois, ou encore Liz Hybels (femme du pasteur Bill Hybels de l’Eglise de Willow Creek). Je pourrais ajouter bien d’autres noms à cette liste.

Un exemple tragique de cette idéologie destructrice s’illustre dans le film Little Town of Bethlehem (2010). Il dresse le portrait de trois hommes qui désirent la paix et la réconciliation dans la région : un Arabe musulman, un Juif israélien et un palestinien chrétien. Chacun met en avant son point de vue sur la réconciliation. Vraiment, qui serait en désaccord avec cela ?

Le problème ne réside pas dans la validité d’une telle aspiration, mais dans la façon dont les différentes parties ont été dépeintes.

Les Palestiniens ont été comparés aux Afro-Américains pendant le mouvement des droits civils, suivant la direction de Martin Luther King et la lutte contre la garde nationale pour leur liberté, tandis que les Israéliens ont été dépeints comme les oppresseurs et les envahisseurs de la « Palestine ». C’est une honte de voir que beaucoup d’évangéliques croient aux mensonges du palestinisme chrétien.

La même chose peut être dite à propos d’un projet plus connu sous le nom de “avec Dieu de notre côté”, réalisé par Porter Speakman Jr. et approuvé par Tony Campolo et le vice-président de World Vision, Steve Haas. Ce film a également reçu des critiques élogieuses du magazine Christianity Today.

Quelque part, le palestinisme chrétien n’est autre qu’une forme extrême de la théologie du remplacement ! En prenant soin d’éradiquer les racines juives du christianisme, on considère vite Israël et le peuple juif comme n’étant plus pertinents… et c’est un risque que nous ne pouvons pas prendre !

Les Évangéliques qui ont viré de bord, passant du sionisme chrétien au palestinisme chrétien, mettent Israël et le peuple juif en danger. Ne lisent-ils plus leur Bible, au point de croire à ces mensonges que Yéchoua serait le premier Palestinien ? Où trouvent-ils la Palestine dans la Bible ?

Le palestinisme chrétien, c’est de l’antisionisme chrétien qui n’est autre que de l’antisémitisme chrétien déguisé.

Ceci est une claque sur le visage de Dieu, et une grave altération de sa Parole. C’est ce que j’appelle en effet la « grande trahison chrétienne » ! Et je tremble à l’idée que les adeptes de ce mouvement aient un jour à répondre à Dieu et qu’ils n’aient absolument aucune explication logique à la façon dont ils ont traité la « prunelle de ses yeux ».

Ce que nous pouvons et devons faire, c’est soutenir le droit d’Israël à exister.

Israël est la seule lueur d’espoir au Moyen-Orient et la seule véritable démocratie dans la région. Le nombre des amis fidèles d’Israël dans les milieux évangéliques est en baisse. Nous devenons une minorité, mais l’un de nos membres est Dieu Lui-même, et cela me rassure !

Etre pro-Israël ne veut pas dire que être anti-palestinien, malheureusement, l’inverse est rarement le cas !