Israël autrefois confronté au veau d’or et puni de l’avoir adoré, vit aujourd’hui entre socialisme et humanisme, et quoi que préconisent certains, qui voudraient nous ramener à l’adoration du veau d’or sous le prétexte d’une économie qui serait plus florissante, alors même que cette dernière a démontré ses limites et ses conséquences sur toute la planète, qui mirent des millions de gens sur les trottoirs des villes, démunis et sans ressources, Israël est capable aujourd’hui, sans rien abandonner de cette spiritualité qui lui permet de compatir et d’aider chacun d’entre nous lorsque les drames et les guerres, les douleurs nous atteignent, d’être au premier rang du monde dans toutes les technologies et dans tous les domaines.

Pas une discipline où notre jeune nation n’excelle, ne soit reconnue comme « première de la classe » (je ne sais pas pour vous, mais moi j’adore ces mots « premier de la classe » parce qu’ils renvoient à l’énergie vitale et créatrice d’Israël) qui sans jamais sacrifier au consensus économique mondial, et malgré les difficultés réelles du pays à exister économiquement, vit, boit, mange, crée, respire, invente, bâtit, innove, au rythme d’une vie puissante, que tous lui envient, tous sans exception.

Pourquoi donc, certains souhaitent-ils nous entraîner vers des économies dites libérales, soit sans règles et dans tous les possibles, sans soucis de vous, de moi, et des autres, avec le leurre d’une carotte ou d’un profit, d’une avidité malsaine et destructrice qui pourrait nous circonvenir, nous ramener à être ce que les autres sont, seulement motivés par l’appât du gain et sans regard sur l’autre son frère humain ?

Ce qui paradoxalement les rend malheureux au point de regarder de notre côté, jaloux et envieux de cette humanité qui nous différencie, fait de nous des êtres d’exception, au regard de défauts communément répandus, comme la vénalité, l’égoïsme, l’égocentrisme, la rapacité, la radinerie en tout, et leur fait se demander : « mais comment font-ils pour être si performants sans rien perdre de ce coeur compatissant, enclin à soutenir, à remercier, à partager, comme si une seule et unique âme portait les 8 millions d’âmes d’Israël ?

Je crois vraiment qu’il nous faut être vigilants envers ces tentateurs qui, avec l’alibi d’une vie meilleure, pourraient porter atteinte à ce que nous avons douloureusement appris avec le temps, que l’Histoire récente de la chute abyssale de l’économie du monde a confirmé : l’argent ne peut être adoré comme un dieu bienfaisant, il n’est jamais une fin en soi, que libéré des entraves juridiques et légales, il est toujours porteur de drames et de tragédies, cf 2008.

Sans nous écarter de nouveaux chemins possibles, soyons circonspects, persistons à défricher selon nos méthodes, osons l’invention et l’imaginaire, développons des compétences, mais continuons à pleurer et à ressentir la douleur des pertes humaines, pas par masochisme, mais parce que nous savons qu’à chaque homme qui meurt, c’est l’humanité entière qui disparait.

Le judaïsme ne fait pas de prosélytisme, il ne tente pas de convertir ou de récupérer des consciences, mais sa pensée elle, est universelle ; elle plane et couvre l’humanité tout entière, lui permet l’espérance et la foi, l’ouvre à ce qui pour tant d’autres n’est que du ciel : être heureux ici et maintenant.

Et si l’argent est une nécessité, ce qu’évidemment nous savons tous,  à l’adorer sans limites, nous pourrions y perdre ce qui fait de nous ce que nous sommes, un peuple en mouvement, puissant malgré les outrances qui le persécutent, capable d’inventer sa vie, constamment et toujours et encore, cela sans jamais rien égarer de cet esprit qui le tient debout.

Pour quelques dollars de plus, cela vaut-il la peine de prier un veau d’or qui entraînera tant d’inégalités et de détresses, alors que le Shabbat nous rappelle chaque vendredi, que nous pouvons mettre une ou des assiettes en plus pour ceux qui n’ont rien ou peu ? Que nous nous devons de relever ceux qui sont à terre, de soigner les malades et de recueillir les abandonnés ?

La question est posée, Israël doit-il libéraliser totalement son économie, pour des profits qui un jour l’anéantiront, le ramèneront au triste rang des autres nations, ou au contraire, persister dans sa voie actuelle de l’excellence, brouillonne sans doute, et difficile, mais jamais loin de son âme ?

Etre juif n’est pas facile, mais être un juif honorable, gardien d’une terre dite Sainte et mille fois promise, est plus difficile encore !