Pour John Kerry, Israël est le seul responsable du blocage des négociations de paix, parce que « les prisonniers n’ont pas été libérés le samedi 29 mars 2014 où ils devaient l’être ».

De plus il reproche à l’Etat hébreu d’avoir annoncé « la construction de 700 logements de colonisation à Jérusalem ».

La Ligue arabe lui a emboîté le pas ce mercredi, en indiquant dans un communiqué à l’issue d’une réunion au siège de l’institution au Caire,  à la demande du Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas :
« Les ministres arabes des Affaires étrangères font porter l’entière responsabilité de la dangereuse crise dans les négociations de paix (…) à Israël ».

Une fois de plus, l’Etat hébreu est mis en cause alors qu’il a montré une fois de plus sa bonne foi en affichant sa volonté à aller à la paix.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait pourtant déclaré, qu’il « ne libérera pas un seul prisonnier palestinien, si l’Autorité autonome ne s’engage pas à poursuivre les négociations et ne reconnaisse pas la nature juive de l’État d’Israël».

A l’occasion de sa visite aux États-Unis et de sa rencontre avec le président Obama, Abbas a maintenu son opposition à la reconnaissance d´Israël comme Etat juif.

Au lendemain du 29 mars, il a donc décidé de déposer unilatéralement ses demandes pour faire partie de 15 organismes des Nations unies, alors que cela devrait intervenir à la suite des négociations avec Israël.

Début mars, la ligue arabe lui avait  apporté son soutien en affichant la même position.

Le 29 avril prochain marquera la fin de la période de négociations entre Israël et l´Autorité Palestinienne. Jusqu´à présent, le secrétaire d´Etat américain John Kerry n’est pas parvenu à réaliser une percée.

Le gouvernement américain poursuit ses efforts pour formuler un accord-cadre qui permettrait de prolonger les négociations au-delà de la date butoir, malgré les objections de l’Autorité Palestinienne.

Le rapport de MEMRI expose les positions politiques contradictoires
de l’Autorité palestinienne, notamment la différence entre les déclarations d´Abbas devant un auditoire empathique, constitué essentiellement de Palestiniens et d’Arabes – correspondant aux positions de l´Autorité palestinienne – et les positions plus conciliantes et flexibles qu´il transmet au public israélien et occidental.

Face à un public israélien, Abbas a exprimé son acceptation d’un Etat palestinien démilitarisé et sa volonté de coopération entre les services sécuritaires palestiniens, américains et israéliens, prouvant ainsi son aspiration à la paix.

Mais devant le public palestinien, il a émis sa ferme opposition à une capitale palestinienne limitée à certaines zones de Jérusalem-Est, et affirmé qu´aucun Israélien ne resterait dans l´État palestinien et même parlé de martyre pour Jérusalem.

Les personnalités officielles de l’Autorité palestinienne et du Fatah, dont les membres du Comité exécutif de l´OLP Hanan Ashrawi et Ahmed Qorei, qualifient le projet américain de vague, d’ouvert aux réserves des deux parties, de favorable à Israël.

Pour Ashrawi, « il ne s’agit pas d’un véritable accord si chaque partie peut formuler des réserves. S’il y a des désaccords sur les sujets proposés, cela signifie qu´il n´y a pas d´accord ».

Selon Qorei, « la position des Etats-Unis sur certaines des questions fondamentales, y compris les frontières, Jérusalem et les colons, sont vagues, malgré les requêtes palestiniennes pour plus de clarté…La tentative de brouiller la formulation ne servira aucune des parties… »

Il accuse Kerry de « préférer les suggestions qui sonnent bien aux oreilles israéliennes plutôt que de s’en remettre aux résolutions de l´ONU ». Les parties n´ont toujours pas accepté le projet d´accord-cadre.

Le président de l´Autorité palestinienne Mahmoud Abbas souligne que, même si un accord de paix avec Israël est finalement signé et approuvé par les institutions de l´OLP, il sera soumis à un référendum auprès de tous les Palestiniens à travers le monde.

Et d’ajouter qu´il a l´intention de poursuivre les pourparlers : « Nous n’avons pas encore accepté l´accord-cadre, mais nous poursuivrons les négociations… en dépit des objections et des allégations selon lesquelles ce serait une perte de temps insensée. »

Mais Mohammed Ishtayeh, l´un des principaux négociateurs, qui a remis sa démission, estime que les négociations sont vouées à l´échec, soulignant : « Nous ne prolongerons pas les négociations d’un jour au-delà du 29 avril ». (C. Jacob, Memri.org)

Ce double langage peut-il rassurer son voisin israélien quant à sa volonté réelle d’aller à une paix durable ?

Les accusations de John Kerry n’ont-elles pas apporté de l’eau au moulin du Président de l’Autorité palestinienne ?