Cet homme considéré comme un ovni de la vie politique nationale et internationale, continue de déranger, et d’intriguer, même un an après son élection controversée, voire contestée, puisque des sénateurs démocrates n’ont pas hésité à parler d’impeachment peu après la proclamation de sa victoire.

Mais pourquoi donc une telle levée de boucliers alors que cette première année d’exercice du pouvoir marque la belle santé de la bourse et une nette diminution du chômage, le retour de l’Amérique sur la scène internationale et enfin la preuve cinglante que le statut de grande puissance, d’hyperpuissance ne peut pas s’accommoder d’une position de repli, si chère à Barack Obama et à son clone, Hillary Clinton ?

Une chape de plomb s’est abattue sur ceux qui désirent juger Trump à l’aune de valeurs vraiment objectives et qui n’entendent pas lui imposer leurs propres critères, leurs propres préjugés.

L’auteur de ces lignes a lui-même longuement mûri ce qu’il écrit ici, craignant les procès d’intention et les condamnations à l’emporte-pièce. Qu’est ce qui ne va pas avec Donald Trump ? Que lui reproche-t-on ?

Je crois que la mère de toutes les critiques s’énonce ainsi : avoir brisé les codes, changé les règles du jeu et affirmé haut et fort qu’il entendait diriger son pays selon ses propres méthodes, il a donc choisi ce que d’autres appellent le parler vrai, ce qui présupposait d’enfreindre un tabou : la dictature d’une certaine presse qui, de contre-pouvoir, s’est muée en pouvoir.

Voire en pouvoir absolu, habitué à émettre des jugements sans appel et à persécuter, chaque jour que Dieu fasse, quiconque oserait s’écarter des normes par elle établies.

Trump n’a pas attendu le premier jour de sa présidence pour faire voler en éclats ces pseudo-exigences : dès la campagne, il a annoncé la couleur.

Et cette même presse n’a pas reculé devant les bassesses les plus révoltantes, notamment la publication d’un enregistrement où le futur président s’exprimait de manière très déplacée sur les femmes. Ce n’était pas bien : ni de la part du journal qui a diffusé la chose ni de la part de l’auteur de la déclaration.

Les femmes sont nos mères, nos sœurs, nos épouses, nos amies, ce ne sont pas des objets. Elles ont la dignité d’êtres humains. Un point, c’est tout. Trump a donc détrôné une certaine presse qui s’arrogeait le droit de dire ce qui était convenable, politiquement correct et ce qui ne l’était pas.

Il fallait donc passer sous ses fourches caudines, et gare à qui voudrait contester ses principes. Trump a eu le courage d’affronter cette hyperpuissance qu’est une certaine presse, désireuse d’imposer sa propre vision des choses au président de la plus grande puissance sur cette terre.

L’Amérique vivait une sorte « d’obamaïsation » des esprits, ce qui a conduit à un assoupissement de tout le pays. Les alliés traditionnels des USA de par le monde ont vécu, médusés, l’abandon par les USA d’alliances fort anciennes.

Deux points noirs sont à signaler : le laisser-faire octroyé de facto à Daesh, et une coupable mansuétude à l’égard du leader de la Corée du nord. Les résultats sont là : Daesh est vaincu sur le terrain mais pas dans l’esprit des gens ni sur la blogosphère et la Corée du nord ose menacer les troupes US stationnées dans la péninsule ou sur l’île de Guam… Du jamais vu !

Une dictature qui ne parvient même pas à nourrir ses habitants se lance dans le nucléaire militaire et ose menacer les USA ! Dans quel monde vivons-nous ?

Et c’est ce monde que M. Obama a légué à son successeur. On voulait que Donald Trump s’accommode de ce genre de situations. C’est impossible.

Le président US a secoué l’ONU, il a ranimé la flamme US au Proche Orient, il a fustigé le traitement vil et déshonorant de l’Etat d’Israël par l’UNESCO, quittant  cette institution avec pertes et fracas, aux côtés de son meilleur allié proche oriental.

Evidemment, les élites ou les journalistes qui croient en faire partie, ont vivement réagi, écrivant d’innombrables éditoriaux contre un homme dont ils souhaitent ardemment l’interruption brutale du mandat.

On peut, certes, avoir quelques réserves concernant certains points de la nouvelle présidence. Pourquoi défaire rageusement ce que votre prédécesseur a fait, notamment l’Obama care ?

Si une attitude ferme s’impose face à un terrorisme qui est une hydre à dix têtes, certaines mesures discriminatoires sont éminemment contestables. Mais au moins, contrairement à certains dirigeants européens, Trump a osé nommer les choses par leur nom.

En France, il a fallu attendre Emmanuel Macron pour qu’un président de la République parle du terrorisme islamiste… Son prédécesseur n’a jamais voulu le faire.

A présent, plus proche de nous : depuis plus d’une semaine, un journal satirique, connu pour ses caricatures et ses unes provocantes (mais il en a le droit, en raison de la liberté de la presse), a reçu des menaces de mort alors qu’il a déjà payé un très lourd tribut il y a peu d’années.

Or, c’est seulement hier ou avant hier que les plus hautes autorités de l’Etat ont bien voulu réagir pour condamner des pratiques qui n’ont pas leur place dans notre pays.

Les journalistes visés ont même parlé d’une très dangereuse et très condamnable banalisation. Donald Trump, lui, aurait déjà twitté plusieurs fois ! La différence est là, inutile d’aller la chercher bien loin. La politique obéit à ses propres lois qui rappellent la jungle.

C’est probablement l’activité humaine la plus terrible, où les concurrents ne reculent devant rien, absolument rien. Il suffit de regarder de près les campagnes électorales. Les protagonistes parlent pudiquement de bulles puantes… s’agissant de révélation souvent inexactes, voire calomnieuses.

Trump, issu des milieux d’affaires, fin connaisseur de la nature humaine, n’a pas dit son dernier mot. Ce n’est pas l’incarnation de la vertu éthique. Aucun homme politique ne l’a été ni ne le sera jamais.

En outre, sa côte de popularité n’a pas vraiment baissé, ce qui est un miracle compte tenu des attaques ; elle est stable. Les grandes phalènes de la côté est, qui se veulent des prescripteurs, des fondateurs d’identité et des formateurs d’opinion, devraient aussi se remettre en cause, de temps en temps. Cela ne leur fera aucun mal.

Les gens, même les gens simples que nous sommes, ont aussi le droit de s’autodéterminer sans attendre des ordres venus d’en-haut. Mais je dois reconnaître ceci : je préfère une presse injuste, critique, maximaliste à une presse servile et soumise.