Qu’est ce qu’on va bien faire des djihadistes occidentaux ?

Des articles de presse, des blogs celui-ci inclus, et une flopée d’analyses journalistiques tentent de comprendre le phénomène djihadiste occidental.

Je vis à Paris pour le moment.

Compte tenu de l’attention que la France a reçu en août 2014, vous auriez cru que Gaza se trouve en Seine St Denis, mais bien plus inquiétant que cela, le Terrorsim Research and Anlaysis Consortium (TRAC) a publié une étude par ICM Research et le Palestinian Center for Public Opinion, reprise par un institut de sondage Russe, et les résultats sont ahurissants ; 16% (1 sur 6) des Français sondés soutiennent ISIS, plus que tous les autres pays du continent et la bande de gaza.

Les médias français sont lents à couvrir ce qui ce passe derrière les rideaux.

Il y a une dizaine de jours, deux adolescentes françaises ont été arrêtées alors qu’elles préparaient un attentat suicide contre a synagogue de Lyon.

La nouvelle a été très largement couverte par la presse juive pour des raisons évidentes mais très largement ignorée par la grande presse française, à l’exception de Libération et du Parisien.

Malheureusement cette nouvelle a donnée lieu a d’autres affaires courantes qui bénéficient de très peu d’attention dans la presse telle que les arrestations régulières, même si peu nombreuses de citoyens Français allant en Syrie ou en Iraq.

On pourrait spéculer quant au mutisme des médias, mais je pense que la presse française a reçu des directives de ne pas ébruiter ces affaires a moins qu’elles ne soient des histoires d’intérêt humain (tells que des frères très éduqués ou la jeune fille voyageant seule pour épouser un djihadiste), pour ne pas exacerber les tensions sociales croissantes dans le pays, et d’envoyer les taux de popularité du FN dans la stratosphère.

Je suis content qu’ils le fassent, mais cela couvre une réalité dangereuse.

The Guardian a récemment publié un article disant que le retrait du passeport n’arrêterait pas les terroristes, et il a absolument raison, si seulement c’était aussi simple.

Il y aussi un appel par certains gouvernements de considérer les doubles citoyens engagés dans des forces armées soient tenues responsables au même titre que les combattants étrangers se battant pour ISIS.

Ceci est surtout mentionné en rapport à Israël et à l’Opération Protective Edge.

Je ne suis pas d’accord avec le principe général de comparer une armée régulière avec une entité abjecte comme ISIS, mais je dois bien admettre qu’une armée régulière est toute aussi capable d’atrocités, et ne devrait pas être blanchie parce qu’elle est institutionnelle.

Ceci dit, il faut distinguer trois types de catégories quand il s’agit de combattants étrangers:

Les soldats ayant la double citoyenneté et engagés dans une armée régulière :

C’est un des pièges de la double citoyenneté, et les pays qui donnent ce droit sont conscients que cela signifie que leurs citoyens peuvent parfois s’engager dans une armée “étrangère”.

A moins que vous ne puissiez pas avoir la double citoyenneté (comme en Afrique du Sud), que votre pays a des clauses spécifiques quant a ce genre de situation, ou que l’armée dans laquelle vous êtes engagés n’est pas l’ennemie de votre “autre” pays, cela n’est pas illégal.

Ceci dit, vous devriez être capable de garder trace de ces soldats, ils devraient informer leur pays de résidence à quoi ils s’engagent, et être d’accord pour être suivis régulièrement à leur retour pour s’assurer qu’il n’y ait pas de conséquences néfastes à leur engagement à l’étranger.

Par exemple si vous combattez pour l’IDF [armée israélienne] comme double citoyen Franco-Israélien, compte tenu de la stigmatisation du conflit entre Juifs et Arabes, est-ce que cela affectera votre réintégration en France compte tenu de la très large population arabe/musulmane ?

Pouvez-vous faire la part des choses ? Avez-vous souffert de traumatismes post combat qui vous rendent susceptibles de commettre des actes répréhensibles en France ? Cette question est valable pour les soldats français, elle l’est tout autant pour les doubles citoyens se battant à l’étranger.

Bien entendu, si votre armée a commis des atrocités ou des crimes de guerre dans lesquelles vous êtes directement impliqués, vous aurez à en assumer la responsabilité.

Mais il s’agit pour l’instant d’une zone d’ombre que les évènements récents mettra en lumière, on l’espère.

Les citoyens rejoignant des groupes de rebelles, des milices, et des “freedom fighters” :

Est-ce que les gens ont le droit de prendre les armes et de tirer sur la cible qui les chante ? C’est ce qui est demandé ici.

C’est déjà en train d’arriver. Des citoyens français et autres sont en Ukraine en ce moment, se battant du coté ukrainien et pour les forces pro-russes. De manière similaire des citoyens occidentaux se battent pour l’Armée Syrienne Libre.

C’est une situation qui est très proche du Djihadiste occidental mais qui n’est pas la même.

J’ai du mal à penser qu’un mercenaire informerait son gouvernement, mais à moins qu’ils ne combattent des ennemis avoués de leur pays quels qu’ils soient, qu’ils ne sont pas complices d’atrocités et de crimes de guerre, et que leurs pays a des règles spécifiques quant à ces citoyens s’engageant comme mercenaires à l’étranger, alors ils ne devraient pas être considérés comme des criminels.

C’est une question légale.

Quelles provisions existent dans la loi pour gérer ce contexte spécifique, surtout quand les citoyens se battent pour des groupes que leurs gouvernements supportent officiellement ou officieusement telle que l’Armée Syrienne Libre, vous vous souvenez d’eux ?

Quoiqu’il en soit, pour les mêmes raisons que la première catégorie de personnes, les mercenaires devraient être suivis pour des connexions possibles avec des groupuscules opérants dans leur pays de résidence, des connexions avec le trafic d’armes et le trafic de drogue, le “bagage” du mercenaire.

Les idéaux, même s’ils poussent des gens à défendre des Kurdes Yazidis contre ISIS, ne veut pas dire que des citoyens puissent se rendre à l’étranger et se battre sans monitoring ou autre forme de contrôle.

Il convient de rappeler que des groupes rebelles peuvent aussi être coupables d’atrocités et de crimes de guerre.

Le rebelles ukrainiens pro-russe, ayant abattu un avion de ligne, ont à ce jour tué plus de civils occidentaux qu’ISIS.

Les citoyens engagés dans des réseaux terroristes internationaux :

On peut s’asseoir et débattre de ce qui est vraiment du terrorisme ou non jusqu’au retour du Christ, et bien plus tard encore.

Le retrait de la citoyenneté est la mesure la plus immédiate à mettre en place.

Dans le cas d’ISIS au contraire de l’ASL, les citoyens se battant pour ISIS ont rejoint une “armée” qui est un ennemi déclaré de leurs états, du monde entier pratiquement, qui commettent ouvertement des atrocités et se montrent mortels lors de leur retour.

Mehdi Nemmouche est le plus récent, mais le London Review of Books a mentionné que 11 % (1 sur 9) de djihadistes sont vraisemblables de commettre des actes de violence quand ils rentrent au bercail.

Il y a très peu de place pour tergiverser, des mesures fortes doivent être mises en place immédiatement.

En Arabie Saoudite (dont certains éléments financent ISIS) les citoyens engagés à l’étranger reçoivent des peines de prison ferme.

Est-ce que les citoyens pris en route vers ces zones de combat soient traits à la même enseigne que ceux qui se sont ouvertement battus sous une bannière “terroriste” ? Probablement pas, mais il devrait y avoir un système en place, ces problèmes sont récurrents, le Moyen-Orient restera une poudrière pour encore de nombreuses années, mais encore une fois il ne s’agit pas que du Moyen-Orient.

Enfin, les combattants étrangers ne sont pas une nouveauté, des milliers se sont rendus en Espagne pour combattre Franco, mais il est dangereux de se concentrer seulement sur l’aspect Djihadiste sans développer un cadre légal pour les citoyens engagés dans une armée étrangère, les citoyens engagés dans des groupes étrangers rebelles, et ceux engagés dans des groupes armés criminels/terroristes.

Comme le mentionne l’article de The Guardian, des cadres existent dans plusieurs pays et unions, la Grande Bretagne en est une, mais ces cadres doivent être mis en oeuvre et appliquer à tous les contextes pertinents.

Sans cela, des actions réactives ne mèneront qu’a plus de stigmatisation des musulmans/minorités dans un occident qui n’en a pas besoin.