Trois siècles avant l’ère chrétienne, Philippe II, roi de Macédoine et père d’Alexandre le Grand, était le premier à adopter la stratégie de « diviser pour mieux régner »( divide et impera). Elle fut suivie à travers les siècles par des empereurs, rois et gouvernements. Elle est toujours valable aujourd’hui pour la Turquie d’Erdoğan, l’Iran des Ayatollahs et les Palestiniens.

Depuis que Donald Trump a remplacé Barack Obama, l’Amérique se conduit autrement en politique étrangère. Consciente que l’idéalisme américain est dorénavant utopique et ne peut être appliqué dans un monde inter-indépendant et frappé par le fléau du terrorisme islamique.

La diplomatie classique et timide, qui avait focalisé son attention sur l’harmonie des valeurs conjointement à l’équilibre des forces, et surtout sur les droits de l’Homme dans un monde arabo-musulman en ébullition, cède le pas à une diplomatie plus musclée et intransigeante où existe un code de conduite payant.

Depuis que Trump est au pouvoir, rien n’est donné gratuitement, toute violation des règles imposées sera sanctionnée fortement. Chaque infraction d’un engagement ou d’un traité sera frappée par une sanction.

Les Etats-Unis adoptent un nouvel ordre international à double tranchant que chaque Etat devrait respecter scrupuleusement.
Pour pouvoir appliquer cette stratégie à l’ère des réseaux sociaux, il ne manque pas au Président Trump de moyens.

Il est clair que depuis la fin de la Guerre froide et l’écroulement de l’Union soviétique, l’arène internationale a changé de mains et de visages. Si l’Europe s’affaiblit politiquement et économiquement, la Russie comme la Chine, deux anciens bastions du communisme, demeurent de fortes puissances face à une Amérique de plus en plus isolée.

Comment donc redistribuer les cartes et créer un nouvel Yalta sans relancer une nouvelle Guerre froide. Le cas de la Corée du Nord est d’ores et déjà mis à l’épreuve. En ce qui concerne notre région, il était indispensable de changer complètement de politique car toutes les méthodes et les différentes feuilles de route américaines ou européennes n’ont abouti qu’à des impasses et n’ont guère résolu le conflit qui demeure le plus vieux de la planète.

Depuis 16 ans, le Turc Erdoğan a cru pouvoir gouverner son pays d’une main de fer en se moquant éperdument des relations internationales, de son alliance signée avec les Occidentaux, et en insultant quotidiennement l’Etat juif. Sûr de lui-même et mégalomane inné, il pensait que son économie ne serait jamais atteinte par des sanctions américaines.

Résultat : chute vertigineuse de la monnaie locale et la fin des crédits extérieurs. Colère et grogne dans les rues et bazars d’Istanbul et Ankara.

Les Ayatollahs d’Iran pensaient aussi qu’ils n’étaient plus vulnérables en signant un traité sur le nucléaire. Pour avoir triché et poursuivi leurs projets atomiques et balistiques ils sont punis par des sanctions paralysantes imposées par le Président Trump.

Résultat : tohu bohu dans les marchés financiers et pétroliers avec l’annulation de contrats et de projets en cours et le retrait d’investissements et de crédit bancaire. Manifestations dans de nombreuses villes du pays et protestations et critiques du régime sur les réseaux sociaux.

Les dirigeants du Hamas aussi pensaient poursuivre leur politique désastreuse, construire des tunnels d’attaque et lancer des roquettes sans qu’Israël et les Etats-Unis réagissent avec force.

Résultat : crise humanitaire aggravée dont le Hamas est le principal responsable. Tant que la trêve ne sera pas appliquée pour assurer la sécurité totale de nos frontières, toute violation du Hamas sera suivie de sanctions économiques. Quant à Mahmoud Abbas, il est hors-jeu et sans aucun pouvoir véritable. En attendant sa succession, il devenu une marionnette isolée dans le monde arabe.

Nous le constatons, sans déclarer la guerre ni envoyer de troupes sur le terrain, cette stratégie marche à merveille mais il faut toujours que les Etats-Unis la souhaitent ardemment et l’appliquent avec efficacité.
Malgré et en dépit du printemps arabe, la majorité des leaders arabo-musulmans du Moyen-Orient sont corrompus et anti-démocrates.

Ils ne cherchent que leurs propres intérêts et font plonger leur population dans la bêtise et la misère.

Devant cette situation qui ne pourra changer en raison de manque de liberté et de transparence, la seule stratégie pour pouvoir influencer la marche à suivre est celle de diviser pour mieux contrôler. Le cas palestinien est parfaitement éloquent.

Il prouve que les acteurs sur le terrain continuent à se disputer et s’affronter sans que les Israéliens ou les Américains interviennent.

Quant à Erdoğan et aux Ayatollahs, la stratégie des sanctions porte ses fruits. Elle a réussi à renforcer la discorde entre le régime et l’opposition tout en affaiblissant le pouvoir de l’intérieur, et le déraciner à la source.

Dans ce contexte, comment ne pas saluer l’acharnement de Nétanyahu durant toutes ces dernières années ? Son combat inlassable contre la ruse des Iraniens et la mauvaise foi du nouveau sultan turc. Comment ne pas apprécier le tandem avec Trump et l’entente totale face à la supercherie de Mahmoud Abbas ? Le constat est impressionnant : tous nos ennemis sont mis au pilori.

En conclusion, les amères expériences avec le Vietnam, le Liban, l’Afghanistan ou l’Irak nous enseignent que la chute d’un régime et l’invasion d’une capitale, ne pourront plus se faire par la force des armes mais par la provocation d’une sincère révolte populaire, par des sanctions et une mise en quarantaine, et surtout avec le nerf de l’argent.
Ainsi, les régimes totalitaires s’écrouleront, tôt ou tard, tels des châteaux de cartes.

Cet article a été publié le 20 août 2018 sur le site http://jcpa-lecape.org/