La décapitation des journalistes James Foley et Steven Sotloff puis celle de l’humanitaire britannique David Haines a fini par convaincre l’opinion publique européenne que nous sommes en guerre.

Malheureusement cette volonté tardive de confronter l’ennemi prend forme autour de la disparition inquiétante de l’Etat d’Israël, virtuellement évincé de l’actualité et de l’espace moyen-oriental.

Au mois d’août un millier de journalistes scrutait à Gaza le moindre faux pas israélien tout en servant un cocktail de drames palestiniens mélangés aux « informations » concoctées par le Hamas sous couvert de l’ONU (= UNWRA).

Interdit de filmer les combattants féroces en cagoule/keffieh (semblables à leurs coreligionnaires du DAESH). Le visage du Hamas était résolument civil.

Fin août le rideau tombe sur le spectacle Gaza-Israël sans présentation de l’épilogue qui aurait corrigé les fausses impressions savamment entretenues pendant l’opération. On joue maintenant tous unis contre l’Etat islamique.

Les méchants coupeurs de tête sont tellement affreux que le monde entier les vomit, y compris les bâilleurs de fonds qui ne prennent même pas la peine de leur couper les vivres avant de se rendre en robe blanche à la Conférence de Paris où le président français et son homologue américain, en fins stratèges, rassemblent une trentaine de pays prêts à écrabouiller, éviscérer, éradiquer DAESH.

A-t-on jamais vu pareil spectacle ? Des bombardiers de toutes les Arabies côte à côte avec les Yankees en mission de sauvetage de la Civilisation. Pourquoi donc ? Parce que ces nations, toute la région, le monde entier est menacé par cette violence inqualifiable. La Turquie, le Qatar, le Bahreïn, les Emirats, la Jordanie, l’Egypte, l’Irak bien entendu, le Pakistan, l’Arabie saoudite, tous plus ou moins voisins de la bande de psychopathes qui ose s’appeler « Etat islamique. »

Voici les modérés, nos alliés dans le combat du bien contre le mal. François Hollande voulait aussi inviter l’Iran mais Barack Obama a mis son véto, provocant l’exaspération d’un tas de spécialistes.

Marine Le Pen et son lieutenant Florian Philippot refusent cette soumission aux diktats américains qui nous empêche d’entretenir de bonnes relations avec l’incontournable Iran. Et Israël dans tout cela ? Voisin menacé par les jihadistes ? Allié fort et fiable ? Non. Israël disparaît de la configuration.

On fait de la géopolitique en mangeant des petits fours comme des joueurs de mah jong. On retrouve le plaisir de dire du mal de l’Amérique de G. W. Bush. Tout cela, dit-on avec une certitude joyeuse, est la faute à l’invasion illégale de l’Irak en 2003 et gloire à la France de s’être abstenu. D’aucuns rajoutent la Libye en donnant un coup de pied à BHL et à Nicolas Sarkozy.

Comme c’est agréable de participer à une guerre humaniste ! Les nations menacées par DAESH sont tendrement dénommées et prises sous notre aile. Toutes sauf Israël. On félicite les aviateurs arabo-musulmans, on se félicite de savoir agir en concert avec eux, preuve qu’il ne s’agit pas d’une guerre de l’Occident contre l’Islam. On dit DAESH car, voyez-vous, ce n’est ni un Etat ni islamique. En fait c’est un califat mais chut ! ça touche un nerf sensible.

L’un après l’autre les gouvernements occidentaux se décident à participer aux frappes aériennes en promettant, comme le séducteur d’une vierge, de ne pas aller plus loin. Mais… est-ce possible de venir à bout de ces fanatiques sans invasion terrestre, sans une vraie sale guerre ? Où sont les journalistes fraichement sortis de Gaza ? Ne peuvent-ils pas rappeler le dilemme posé au gouvernement Netanyahou ? Le guet-apens, les soldats tués, l’opprobre jeté sur Tsahal, le réseau diabolique de tunnels, le massacre de Rosh Hashanah déjoué, les roquettes importées, l’argent détourné, le chef intraitable confortablement installé au Qatar…

C’était quoi au fait ce truc à Gaza ? Une branche du mouvement global jihadiste qui attaque pour la énième fois l’Etat d’Israël en vue de sa destruction ! Israël, le seul pays de la région qui sait se défendre. Le seul pays occidental qui accepte courageusement la charge de la guerre comme prix de sa liberté et de sa survie.

Israël, le seul allié fiable dans la région est écarté de la photo de famille à la faveur d’un méli-mélo de dictatures cyniques et manipulatrices. A quoi sert cette coalition factice ? A jouer en temps réel la partition : sans Israël on s’entendra à merveille au Moyen Orient.

Ce n’est pas l’islam c’est la barbarie !

La décapitation en Algérie du guide de montagne Hervé Gourdel a plus choqué en France que les meurtres en masse des populations chrétiennes et yazidies dans le califat en formation. C’est culturel. Le pays des droits de l’homme s’émeut pour un seul homme, une star et surtout un baroudeur. Les précédentes victimes exhibées en tenue orange crûment improvisée étaient déjà abimées par des années de captivité cruelle. Hervé Gourdel est passé en 24 heures de la virilité de l’alpiniste à l’abîme de l’égorgé.

Les drapeaux en berne, les marches silencieuses, la France frappée d’effroi…et on dit au bon peuple que ce n’est pas ça l’Islam. Comme une armée de meurtriers frottant furieusement sol et murs pour effacer toute trace de sang, nos médias jurent que ce n’est pas l’Islam. Petites journalistes à la coiffure soignée, spécialistes-apologistes de l’Islam, philosophes, sociologues, criminologues, hommes et femmes politiques s’improvisent théologiens d’un Islam imaginaire. Ce n’est pas ça l’Islam, égorger un brave montagnard qui adorait le Maghreb. Ce n’est pas l’Islam ce sont des criminels, des terroristes.

Ce n’est pas l’Islam c’est la barbarie ? Lisez l’Exil au Maghreb du regretté David Littman et Paul Fenton. Pendant des millénaires l’Afrique du Nord était dénommé la Barbarie. Parmi les supplices imposés aux Juifs figurait le salage des têtes découpées. Ce n’est pas l’islam ?

Lisez The Legacy of Jihad d’Andrew Bostom MD, le récit documenté de la conquête islamique, des origines à nos jours. Les tours de dizaines de milliers de têtes découpées montées sous les ordres de Tamerlan au XIVe siècle. Mohamed, vénéré comme prophète par tout musulman, a participé à la décapitation de 600 à 900 hommes de la tribu juive des Bani Quraizah établissant ainsi le modèle éthique pour ses fidèles à travers les siècles. Les Musulmans qui prétendent aujourd’hui que la décapitation n’est pas islamique descendent eux-mêmes des survivants—ou des auteurs– des massacres et atrocités de la conquête islamique.

Cet été à Londres, le Nigérian Nick Salvadore, converti à l’Islam, a décapité Palmira Silva, une grand-mère d’origine italienne, dans son jardin. L’autre jour, Alton Nolen / Yah’keem Yisrael, américain noir converti à l’Islam, a décapité une collègue dans une entreprise d’agroalimentaire à Moore Oklahoma. En 2009, Muzzamil Hassan, fondateur de la chaine de télévision Bridges dont le but était de donner une image positive de l’Islam véritable, a décapité sa femme Aasiya dans les locaux de la chaîne.

Dalil Boubaker, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a réuni une petite foule pour dire que décapiter n’est pas l’Islam. Surtout pas d’amalgame, ça non. Les musulmans venus partager la peine de la famille d’Hervé Gourdel cherchaient surtout à mettre en garde la société française : pas d’amalgame. Nous n’y sommes pour rien. Le recteur a lu des versets du Coran dont certains sont pris de nos écritures judaïques mais passons. Il a convaincu la journaliste de BFM TV qui déplorait le détournement de la religion de la paix par des voyous sans foi ni loi.

C’est tout simplement faux. D’ailleurs, ce n’est pas présenté comme un argument mais comme une évidence. Il n’y a pas de débat. Des esprits autrement plus exigeants tombent raide mort dans la pensée unique : ce n’est pas l’Islam, c’est sa négation. Que valent les versets du Coran égrenés ? Les versets de paix et de tolérance ne sont pas seulement abrogés par des versets de haine ils sont contredits par la réalité historique et actuelle. Les déclarations des musulmans européens sincèrement choqués par la brutalité des jihadistes sont des paroles de circonstance, bonnes à entendre en Occident, sans valeur de remise en question de la sharia.

La mise en cause des Juifs est la contrepartie d’un vivre ensemble conçu autour de la négation de la haine génocidaire des kuffars enseigné par l’Islam. En effet, l’Emir du Qatar, grand allié de la coalition, accuse Israël de crimes contre l’humanité commis à Gaza. Que valent les centaines massées devant la Grande Mosquée à côté des dizaines de milliers qui ont déchiré la paix civile avec des émeutes pro-Hamas cet été ?

On dédouane l’Islam de tout lien avec les « terroristes » en faisant abstraction d’innombrables agressions commises, depuis l’an 2000, par des Musulmans contre les Juifs et ponctuées par des meurtres d’une cruauté ahurissante.

Sous prétexte d’éviter le piège d’une guerre contre les musulmans on cautionne le lethal narrative [le récit comme arme de guerre] de la coalition œcuménique qui affaiblit notre défense contre le jihad, entretient l’animosité contre l’Etat d’Israël, fragilise la sécurité des Juifs en Europe et trahit la petite minorité de musulmans épris de liberté qui n’ose pas se révolter contre l’Islam tyrannique.