Le Talmud dit que Dieu compte les larmes des femmes…

Combien de larmes doivent encore verser les femmes afin que « nous ne vivions pas éternellement sur la lame de l’épée », ainsi que nous l’a prédit notre Premier ministre, Benjamin Netanyahu, en novembre 2015 ?

Combien de larmes verseront encore les femmes sur les victimes des guerres et des attentats ?

Combien de larmes de femmes devra-t-on encore compter afin que les leaders passent des paroles aux actes et ne manquent plus une occasion de résoudre le conflit avec les Palestiniens.

Après la cérémonie des funérailles du défunt Shimon Peres (le 30/9/2016), Netanyahu et Mahmoud Abbas se sont rencontrés hâtivement, en la présence des députés du Parlement, des dirigeants des nations, de nombreuses personnalités, et aux yeux du monde entier. Les deux dirigeants ont échangé une poignée de main significative et quelques phrases chaleureuses. L’épouse du Premier ministre israélien a convié Abbas à venir dans leur maison.

Il semble que l’on ne puisse ignorer ce geste qui est, de manière symbolique, fondamental à l’heure actuelle. Depuis que les humains ont atteint la lune, nous savons ce que signifie « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité ».

Peu importe pour qui nous votons aux élections, regardons les faits. Abbas a exprimé son désir de venir aux funérailles de Peres et le gouvernement israélien l’a reçu selon le protocole, ainsi qu’ont été reçus les dirigeants dans le monde entier. Rien ne s’est effondré, il n’y a eu aucun tremblement de terre.

A ceux qui prétendent tout le temps qu’il n’y a pas de partenaire, je conseille d’écouter à nouveau les discours de notre Premier ministre qui se dit à chaque fois prêt à rencontrer Abbas en tout lieu et à tout moment. Cette fois, les deux dirigeants se sont rencontrés, à Jérusalem, la ville de paix (traduction littérale).

Certes, Abbas n’est pas un partenaire idéal, et aux yeux des Palestiniens Netanyahu ne l’est pas plus. Mais ils ne sont pas ici pour se marier ensemble, mais pour obtenir un accord de divorce acceptable pour toutes les parties qui se doivent d’agir en parents responsables vis-à-vis des enfants.

Et ne vous faites pas d’illusions, la guerre est un vrai lien, un lien fort qui lie au quotidien deux parties qui se déchirent. Ce lien nous affecte à peu près dans presque tous les aspects de notre vie. Aucun des partenaires n’est amené à disparaitre, ni les Israéliens et ni les Palestiniens.

Combien de larmes de femmes devront encore compter les leaders des deux parties pour que ce lien de guerre se transforme en lien de paix, pour que ce lien nous assure enfin une vie prospère et en toute sécurité?

Nous sommes au début de la nouvelle année, juive et musulmane, qui représente une réelle opportunité pour une introspection, pour se poser des questions pertinentes : « Qu’ai-je fait à ce jour pour la paix », « Que suis-je prêt à faire concrètement ? »

Les femmes cesseront de pleurer quand nos leaders répondront sincèrement à ces questions, et quand les femmes seront plus impliquées dans la résolution du conflit (sur la base de la résolution 1325), afin de parvenir plus facilement à des accords politiques.

Les femmes cesseront de pleurer quand toutes les parties concernées feront tout ce qui est en leur pouvoir, mais vraiment tout, pour redonner espoir aux deux peuples, et la certitude que nous pourrons transmettre à nos enfants que nous ne les avons pas abandonnés au désespoir et dans une impasse. Nous sommes dans le devoir de leur enseigner que de par l’histoire d’autres conflits meurtriers et inextricables ont été résolus.

Sécurité et Paix ne sont pas en dichotomie. La question de savoir si la sécurité passe avant la paix ou la paix avant la sécurité nous a conduit à la haine au sein d’Israël. Ces derniers jours, la société israélienne commence à réaliser que la sécurité et la paix vont main dans la main et que nous ne pouvons renoncer ni à l’un et ni à l’autre.

Au parlement israélien siège le « Cabinet politique-sécuritaire », or depuis des années le mot « politique » a été rayé de l’agenda de ce Cabinet, et les ministres qui y siègent ne s’occupent plus que du sécuritaire, en faisant l’erreur stratégique et dramatique de n’avoir aucun programme politique à la résolution du conflit. La politique de la gestion du conflit a échoué, et nous n’avons jusqu’à ce jour ni sécurité et ni paix.

Le mouvement citoyen « Les Femmes font la Paix » est fondé sur le principe politique et sécuritaire à la fois, unifiant les milliers de femmes, juives et arabes, votant à gauche, centre et droite, juives et arabes, à travers tout le pays.

Ces jours-ci ces femmes ont entrepris une grande Marche de l’Espoir (du 4.10.16 au soir au 19.10.16). La Marche se finira par un rassemblement de masse à Jérusalem.

Au début de la cérémonie d’enterrement de Shimon Peres, Mika Almog, sa petite-fille, a pleuré et a brisé le cœur de tous ceux qui y étaient. A la fin de la cérémonie, quand le plus grand nombre des invités du monde entier sont repartis, j’ai pris Mika dans mes bras, et je lui ai dit : « Tu sais Mika, Dieu compte les larmes des femmes ». Mika m’a répondu : « Cela me réconforte. »

Je crois qu’à l’heure actuelle, pour la nouvelle année, une nouvelle opportunité s’ouvre à nous. Il me semble que Dieu est lassé de compter les larmes des femmes dans le conflit meurtrier avec les Palestiniens.

Depuis deux ans, des milliers de femmes du mouvement œuvrent au quotidien, sur le terrain, avec courage, détermination et persévérance, car elles ne veulent plus pleurer sur la perte de vie d’êtres chers, car elles ont décidé de s’unir et de prendre leur destin en main. Elles veulent pleurer pour les bonnes raisons. Elles ne veulent plus qu’on leur dise : « Il n’y a pas le choix. »

« Les Femmes font la Paix » ont choisi de choisir. Nous choisissons la vie.

Joignez-vous à La Marche de l’Espoir.

ד »ר מרילין סמדג’ה

ממקימות התנועה « נשים עושות שלום »

Dr Marie-Lyne Smadja

Co-fondatrice de Women Wage Peace

Women Wage Peaceנשים עושות שלום-

http://www.womenwagepeace.org.il

https://www.facebook.com/WomenWagePeace/