Faire le point sur le tourisme en Israël suite aux évènements de cet été, savoir qui vient et pourquoi, évoquer les évolutions qui se préparent et les perspectives du tourisme en Israël, poser la question de la cherté de la vie dans le pays, savoir choisir ses lieux et ses dates pour des vacances en Israël…

Gilles Sitruk de SELECT ISRAEL  l’agence de voyages israélienne qui, depuis ces dernières années, a « le vent en poupe » pour ses initiatives originales et son dynamisme répond à quelques questions !

Vous êtes une agence de voyages israélienne établie à Tel Aviv depuis quelques années. Quelles ont été les conséquences – vous qui êtes en 1ère ligne du tourisme en Israël – du récent conflit avec Gaza ?

Nous aurions pu craindre le pire. Certes, nous avons eu 2 mois d’été d’inactivité et des reports de voyage, notamment pour les groupes de France, mais globalement les gens ont « repris leurs esprits » depuis septembre, ont continué de venir ou envisagent de (re)venir en Israël.

Paradoxalement, les rares Français qui ont annulé leur voyage en raison du contexte qu’ils estiment « dangereux » de la région, relativisent aujourd’hui leur position concernant Israël car ils voient que le danger (terrorisme, rapts ou Ebola) est ailleurs et notamment en Afrique et dans la plupart des pays arabes.

Pour l’anecdote, nous avons reçu à la mi-juillet (en pleine guerre avec Gaza) un groupe de 15 chrétiens qui ont sillonné le pays du nord au sud, ont « eu droit » à 3 alertes annonçant la chute de roquettes et sont pourtant rentrés ravis de leur voyage en considérant qu’ils furent pendant 10 jours « entre les mains de Dieu », dans un pays merveilleux.

Depuis leur retour, la plupart d’entre eux veulent d’ailleurs revenir en Israël car disent-ils, ils ont été bouleversés par la beauté et la modernité du pays, la gentillesse des israéliens et l’émotion éprouvée en visitant les lieux saints. En aucun cas, ils considèrent avoir été en danger.

Quelles sont les raisons essentielles qui décident les touristes français à visiter Israël ?

La famille, le soleil et la mer, Israël Terre Sainte, les affaires ou le travail, l’ambiance festive israélienne, la seconde résidence achetée dans le pays, mais aussi les souvenirs, l’espérance et la foi… C’est un peu tout cela que les Juifs, chrétiens, musulmans ou laïcs de France viennent trouver en Israël…

J’ajouterais cette découverte de la liberté de la jeunesse et les plaisirs de la vie que les israéliens connaissent très bien et dont ils savent profiter mieux que n’importe qui.

Je finirais dans le paradoxe en évoquant le sentiment de sécurité le jour ou la nuit dans les rues que tous éprouvent. Le contraire donc de ce que les médias décrivent ou laissent croire dans leurs reportages, leurs commentaires ou leurs propos souvent partiaux sur le pays.

Pourquoi évoquez-vous les musulmans de France parmi les visiteurs d’Israël ?

Tout simplement parce que nous sommes la seule agence qui les fait régulièrement venir en groupes pour découvrir les beautés géographiques et spirituelles du pays.

Leurs contacts avec la population israélienne les ravit et les bouleverse en même temps. Ils savent qu’ils se trouvent en terre sainte – surtout à Jérusalem – et ils sont stupéfaits par la liberté offerte à chacun d’exercer le culte de son choix, le libre accès aux mosquées et l’accueil chaleureux des juifs à leur égard.

Avant de quitter le pays, la plupart d’entre eux nous remercient souvent en pleurant, pour les joies et les émotions que nous leur avons données.

Une émotion que nous partageons nous-mêmes, en tant qu’initiateurs et organisateurs de ces voyages car leur nouvel amour proclamé d’Israël et des juifs nous va droit au cœur.

Ce nouvel amour à l’égard d’Israël est-il exclusif aux
musulmans ?

Non, bien sûr. Les juifs ont un lien personnel très fort avec Israël qu’ils manifestent par leurs séjours fréquents et leur solidarité avec le pays.

Il faut aussi rendre hommage aux très nombreux chrétiens, notamment protestants pour qui Israël représente la terre bénie de Dieu et leur seconde « Patrie de Cœur ». Jérusalem, Capharnaüm, le mont des Béatitudes, Nazareth, la mer de Galilée…

Autant de lieux sacrés, source d’une grande émotion spirituelle. Tous rentrent éblouis et bouleversés par leur visite après laquelle, nous disent la majorité d’entre eux, la lecture de la Parole de D.ieu n’est plus la même.

C’est ainsi que notre agence assure depuis plusieurs années – avec la confiance renouvelée de Pasteurs venant de toute la France – l’organisation de très nombreux voyages bibliques en Israël.

Nous avons même le projet d’organiser en mars prochain un voyage multiconfessionnel.

Ceci avec le soutien des autorités israéliennes et la participation des responsables éminents de chaque confession en France : chrétienne – catholique, protestante et orthodoxe – juive et musulmane.

Une idée (après les évènements de cet été) qui prend aujourd’hui toute son importance et sa dimension, et qui aura un impact considérable pour montrer ce que peut être un voyage fraternel inter-religieux pour la « Paix en Israël « .

Au-delà des orientations très originales et bénéfiques au pays que prend votre activité d’agence, n’êtes-vous pas confrontés à la cherté des voyages en Israël que déplorent beaucoup de gens aux revenus modestes et qui les empêcherait d’accomplir de voyage ?

Reconnaissons qu’Israël reste une destination qui est relativement chère. Plusieurs solutions existent pourtant.

Dans l’immédiat, les solutions retenues par le ministère du Tourisme consistent à réhabiliter et développer les aires de camping, à décider de l’attribution d’étoiles aux hôtels, ce qui devrait permettre d’éliminer certains abus et contribuer à la baisse des prix des hôtels.

Le développement de ces hébergements 3 et 4 étoiles sont d’ailleurs au cœur de la politique développée par le ministère du Tourisme depuis un an et demi.

L’Etat envisage ainsi de financer la construction d’hébergements à faible coût (le ministre de l’économie a déclaré vouloir promouvoir des projets d’hôtelleries pour globe-trotteurs), et une campagne de promotion est prévue prochainement qui viserait les voyageurs à petit budget.

Ainsi, le ministère du tourisme va développer des sites de camping 5 étoiles et des parcs de caravanes à travers Israël (environ NIS 70 par personne et par jour), pour encourager l’éco-tourisme et réduire le coût des vacances.

Les sites de camping et de caravaning seront situés, entre autres à Mitzpe Ramon, Abirim, Richniya, Beit Hillel, Ein Yahav, Majdal Shams, Yeruham, Pekiin, Tel Katzir, Shekef, Arad, le plateau du Golan, Rishpon et Givat Yoav. Chaque site aura une capacité de 70 logements en moyenne.

Au-delà de ces promesses, des vacances beaucoup moins chères en Israël, c’est tout à fait possible car c’est l’affaire de chacun. D’abord choisir (si possible) les bonnes dates pour voyager, hors des congés scolaires ou des fêtes et être également souples pour les dates des vols, car d’un jour à l’autre les prix peuvent varier parfois du simple au double.

Ensuite, essayer de réserver en direct auprès d’agences israéliennes. Etant en effet sur place en Israël, nos relations privilégiées avec plusieurs centaines d’hôtels israéliens ou de loueurs de voitures (que vous pouvez réserver et payer en ligne sur notre site www.selectisrael.com) nous ont permis de négocier les meilleurs tarifs.

Autre source d’économie : Ne pas prendre d’hôtels en pension complète car avec les déjeuners d’affaires « Isski » répandus dans tout Israël, qui sont copieux et pas chers, on peut payer souvent son excellent repas à moins de 10 euros.

Enfin, j’ajouterai « sortir des sentiers battus » en choisissant d’autres hébergements moins chers et d’excellent niveau – en Galilée, proches de Jérusalem ou dans le Néguev : Hôtels 3 étoiles, petites maisons d’hôtes, auberges de jeunesse toutes rénovées et charmantes, camping…

Quant à la location de voiture indispensable pour profiter des hébergements dans des régions éloignées des grandes villes, Israël offre des prix infiniment moins chers qu’en France ou en Europe.

Comment voyez-vous l’évolution du tourisme en Israël au cours de la prochaine décennie ?

Si les autorités israéliennes mettent en œuvre rapidement leur nouvelle politique qu’ils proclament depuis plus d’un an, on peut raisonnablement penser qu’Israël va entrer dans une phase très prometteuse.

Aides aux investissements pour la construction de petits hôtels familiaux ou d’espaces de camping 5 étoiles, développement d’hébergements pour les jeunes, les pèlerins et les globe-trotteurs, accroître leurs pressions pour l’ouverture réelle du ciel (Open Sky) à des compagnies aériennes à low-cost et laisser la libre concurrence sur les vols vers Israël s’appliquer en toute liberté, s’ouvrir davantage vers des séjours binationaux en combinant des circuits Israël/Jordanie et Israël/Egypte, multiplier les initiatives pour accueillir des populations touristiques nouvelles venant de Chine, d’Afrique ou de certains pays arabes…

Il ne faut pas oublier non plus qu’Israël est ressentie à travers le monde, comme étant la seconde patrie de cœur de millions de gens qui rêvent d’un pèlerinage en Terre Sainte et qui, faute de moyens, ont toujours reporté l’accomplissement de leur rêve. Œuvrer pour rendre possibles et accessibles tous ces voyages est une priorité nationale.

Vous parlez de populations nouvelles qui pourraient venir massivement en Israël au cours de la prochaine décennie, ne pensez-vous pas qu’au niveau de la France, il y ait encore beaucoup à faire à ce niveau-là ?

Certainement. Beaucoup de Français qui ne sont jamais venus en Israël, ont une appréhension à l’égard d’un tel voyage souvent lié à la pression et à la désinformation des médias de France qui présentent le pays comme étant peu sûr, sillonné par des contrôles policiers, toujours en guerre depuis 60 ans et donc totalement militarisé , en proie à des ennemis extérieurs qui mettent notre quotidien en danger ou encore en imaginant nos rues envahies de juifs orthodoxes marmonnant leurs prières, l’œil sévère à l’égard de tous les étrangers … Rien de tout cela !

Lorsque nos clients ou nos groupes viennent finalement en Israël et lorsqu’ils constatent que la réalité est tout autre, ils rigolent toujours de leurs angoisses et préjugés qui les avaient tellement fait hésiter à venir et prennent alors la mesure du fossé qui existe entre l’idée (véhiculée par les médias) que les Français se font d’Israël et la réalité.

Tout cela pour dire qu’il y a en effet beaucoup à faire pour rétablir la vérité et ouvrir les yeux d’un nouveau et vaste public français à l’égard d’Israël.

Nous en Israël et à notre niveau – souvent en étroite collaboration avec les institutions franco-israéliennes – nous ouvrons le pays à des hommes d’affaires français (avec la chambre de commerce Israël-France), à des groupes de jeunes journalistes français (avec le CRIF), à des musulmans de France (avec l’ambassade d’Israël à Paris), à des milliers de chrétiens (avec de très nombreux pasteurs venant de toute la France) ou aux populations de villes françaises jumelées avec des villes israéliennes.