Tel Aviv, samedi soir, minuit, Israel vient de fêter son 67eme anniversaire. Depuis les côtes de la Méditerranée, où des terrasses se déploient sur la plage dès la nuit tombée, jusqu’au premier quartier juif de Neve Tzedek, redevenu tendance, en passant par le quartier yéménite ou la très branchée rue Sheinkin et le boulevard Rothschild, de nombreux cafés, bars et restaurants sont encore bondés.

Dans cette ville qui ne dort jamais, quasi désertique lors de sa création il y a 100 ans à peine, la vie est animée, exubérante, intense et jeune.
Ici, loin des agitations et des tensions régionales, se campe Israël, État moderne. Celui de la high-tech où l’économie israélienne se développe au rythme incessant de découvertes et d’innovations qui, ces dernières années, ont fait de l’État hébreu un pôle mondial des technologies.

Des oranges à l’équipement médicale

En très peu de temps, Israël est passé d’une économie agraire et traditionnelle à une économie avancée à dominante tertiaire.

Qui ne se souvient des oranges de Jaffa qui ont longtemps dominé les marchés étrangers ? Peu de temps après sa création, en 1948, l’État hébreu s’est lancé à grande échelle dans la production d’agrumes exportés dans le monde entier à partir du port de Jaffa, situé dans cette ville de l’Antiquité.

À cette époque, le tiers des exportations du pays étaient agricoles. Les produits de la terre ont aujourd’hui été remplacés par les logiciels, l’équipement médical et les médicaments.
Aujourd’hui, le secteur de la haute technologie réalise plus de 40 % des exportations de l’État hébreu et représente quelque 70 % de la production industrielle.

La matière grise comme principale ressource

Une blague locale raconte qu’après sa fuite d’Égypte, Moïse a erré 40 ans dans le désert parce qu’il cherchait le seul endroit de la région où il n’y ait pas de pétrole !

C’est une façon ironique d’illustrer qu’à défaut de ressources naturelles, Israël a misé sur sa matière grise.

L’État hébreu compte aujourd’hui la plus forte proportion d’ingénieurs du monde : 140 pour 10 000 employés, par rapport à 80 aux États-Unis et au Japon et 55 au Canada. Israël est numéro un mondial pour le nombre de brevets dans le domaine des dispositifs médicaux et quatrième dans celui des biotechs.

L’économie israélienne a puisé dans sa main-d’oeuvre et ses connaissances scientifiques pour se nicher dans des produits à haute valeur ajoutée.

Aujourd’hui, sur un territoire grand comme trois départements français, Israël revendique plus de 4 000 jeunes entreprises, dont 1000 biotechs, qui visent à produire de nouveaux médicaments ou à trouver de nouveaux traitements.

La Silicon Valley israélienne

Autour de Tel-Aviv et dans la Galilée millénaire, on retrouve entre Haïfa et Nazareth la deuxième concentration d’entreprises de haute technologie au monde, après la Californie.

Cette Silicon Valley israélienne abrite plus de 3 800 entreprises, parmi lesquelles une myriade de sociétés en démarrage promises à un bel avenir, et 60 000 employés qui gagnent, pour la plupart, de très bons salaires.

Ces startups locales y côtoient des géants mondiaux, notamment IBM, Google, Intel, Microsoft, Sony, LG, Motorola, Siemens et autres Cisco, qui ont compris l’intérêt d’y implanter d’importants centres de recherche afin de profiter eux aussi de cet immense vivier de quotients intellectuels issus des universités et instituts de recherche de renom comme l’Institut Weizmann des sciences ou l’Institut technologique du Technion.

Champion du monde de la R&D

Les performances d’Israël dans le secteur des hautes technologies reposent sur son engagement envers l’innovation, qui ne date pas d’hier. Depuis presque 20 ans, les dépenses en recherche- développement y sont proportionnellement les plus élevées du monde.

Au début des années 1990, le pays des kibboutz et des oranges allouait déjà 2,5 % de son produit intérieur brut (PIB) à la R&D. Aujourd’hui, Israël y consacre près de 5 % de son PIB, soit plus du double de la moyenne des pays de l’OCDE.

Ces chiffres n’indiquent pourtant que les dépenses dans le domaine de la recherche civile, et non celles allouées à la R&D militaire israélienne, reconnue pour son importance et son impact sur le développement de technologies nouvelles.

La Terre promise

Autre atout : au début des années 1990, Israël a adopté des mesures fiscales pour aider la création d’incubateurs d’entreprises et de fonds de capital de risque.

Cette décision s’est avérée particulièrement utile à une période où près d’un million de juifs de l’ex-URSS et des pays de l’Est européen ont, pendant une décennie, profité de l’effondrement du bloc soviétique pour faire leur alya (retour en Israël).

Le pays, qui ne comptait alors que cinq millions d’habitants, avait les moyens et les infrastructures pour permettre à un grand nombre d’entre eux, ingénieurs et scientifiques se retrouvant sans emploi, de mettre leurs connaissances à profit pour lancer leur entreprise. Cet important flux d’immigrants, dotés d’un excellent bagage technologique, a aussi grandement contribué au développement de l’industrie des hautes technologies.

Le boycott, faites moi rire…

Depuis quelques années certain souhaite boycotter tout produits qui aurait une relation directe ou indirecte avec Israel. Au delà de la bêtise du raisonnement qui mettrait en péril les économies locales ou nationales, je souhaiterais rappeler que BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), né d’une campagne internationale appelant au boycott politique et économique d’Israel, est loin de faire l’unanimité des Palestiniens car cela nuit directement d’une part à leur économie agraire compte tenu des échanges économiques entre l’Autorité palestinienne et Israël et d’autre part cela a un impact zéro sur l’économie israélienne.

Prenons quelques exemples, quand votre répondeur vous rappelle sur votre téléphone portable, c’est Israël, les disques durs externes, c’est Israël, la protection de votre navigation Internet (firewall), c’est Israël. Les clés USB c’est Israël. EMC², Apple, Huawei, Intel, Fosun, Google, ebay, liverperson, Cisco, Facebook, Broadcom, Samsung, IBM, Microsoft, Singtel, Salesforce, Covidien utilisent des produits israéliens, sont installées en Israël et font vivre des Israéliens mais aussi des palestiniens.

Donc pour vraiment boycotter Israël, il faut arrêter d’utiliser votre téléphone portable (Samsung, Apple, Microsoft/Nokia), arrêter d’utiliser votre ordinateur (Apple, Microsoft, Intel), arrêter d’utiliser Internet (Facebook, Google, ebay), arrêter d’utiliser tous vos produits électroniques (voitures, moto, métro, train, télévision, radio…) car ils utilisent très certainement les semiconducteurs de Broadcom ou Huawei…

Allons jusqu’au bout du raisonnement, un vrai boycotteur doit s’attaquer là où l’argent vient. Et l’argent vient de l’high-tech. Donc le vrai boycotteur doit arrêter Internet, donner son ordinateur, son téléphone portable, sa télévision et tous ses produits électroniques.

67 ans d’Indépendance pour l’État d’Israël. 67 ans que ce petit pays, petit par la géographie mais grand par l’histoire, a été proclamé par David Ben Gourion et malgré son histoire mouvementée, voire le dernier conflit militaire de l’été dernier à Gaza, le pays a affiché une croissance de 2,8 % sur l’année écoulée (+ 7 % au cours du 4e trimestre 2014). La Banque d’Israël table sur une hausse du PIB de 3,2 % pour l’année 2015 avec comme locomotive du pays la hight-tech.