De Ralph Lauren en passant par Alber Elbaz quelle est l’influence des designers juifs dans le monde de la mode ? Que révèle le vêtement de nos sociétés ? D’où vient ce lien qui uni les juifs et la création? Qu’en est-il aujourd’hui ?

Autants de questions sous jacentes à l’exposition « Dream weavers » inaugurée le18 novembre au Musée de Beit Hatfutsot.

Pour la première fois, 17 grands noms de la mode sont réunis dans une même exposition par Shelly Verthime (Responsable de l’évènement, Israélienne spécialiste de la mode habitant à Londres).

L’exposition nous présente pêle-mêle les modèles de : Ralph Lauren, Donna Karan , Alber Elbaz, Victoria’s Secret, Marc Jacobs, Avi Tenzer…, retraçant l’histoire de l’ascension des petits tailleurs juifs immigrés de New York, jusqu’aux grandes capitales de la mode.

Du rêve à la réalité est le fil conducteur de ce parcours initiatique de la haute couture :  “Je ne crée pas des vêtements, je crée du rêve” (Ralph Lauren).

Certaines des robes présentées ont été conçues spécialement pour l’occasion, dont celle d’Avi Tenzer, une robe de mariée noire aérienne en soie et tulle.

Design AVI TENZER- photographer Yaki Halperin

Avi est un designer Israélien, directeur de la création depuis 1987 pour le groupe Aldo chaussures et accessoires, venu du Canada pour l’évènement.

Selon lui, le lien entre les juifs d’Europe de l’Est avec la couture est d’abord historique.

De tout temps persécuté, coudre est une nécessité. Tailleur étant l’un des rares métiers autorisé pour les juifs, ils transforment cette contrainte en force et innovent ainsi Levi Strauss qui démocratise le jean comme un vêtement de mode. Est-ce à dire que la création n’est possible que dans la souffrance ? Quelle est alors l’influence du judaisme dans ces
modèles ?

Design ALBER-ELBAZ- photographer Yaki Halperin

La culture juive se retrouve en chacun d’eux. Comme nous le précise Avi “cela fait partie de notre éducation, de ce qui est en nous” et d’ajouter que c’est précisement ce qui manque à la nouvelle génération de créateurs israéliens ?

En cause, la globalisation des moyens de communication qui freine la création.

L’inspiration doit venir du plus profond de chacun pour transmettre une émotion. Alors que les nouveaux designers sont de fait, influencés par les tendances, le marketing et le formatage imposé.

Indéfectiblement lié à Israël, Avi Tenzer est là tous les deux mois, et envisage à terme de revenir définitivement afin de transmettre son savoir, pour continuer à nous faire rêver.

Avi Tenzer
Crédit Photo : Yaki Halperin