Alors que Donald Trump et ses amis retiendront avec joie le mois de novembre, les Israéliens aussi ont dans le coeur des souvenirs de ce mois. Pas forcement heureux mais importants.

En effet les souvenirs vont bon train dans l’esprit des Israéliens concernant des événements survenus à cette époque dans le passé. Ce n’est pas une commémoration proprement dite mais plutôt un rappel.

D’abord, le traumatisme qui refuse de disparaître à la suite de l’assasinat d’Yitzhak Rabin, en novembre 1995, par un terroriste juif, Igal Amir, ayant reproché au Premier ministre israelien la signature des accords d’Oslo avec les Palestiniens deux ans auparavant.. En guise de rappel, les adeptes de Rabin aiment se référer à ce qu’ils qualifient son patrimoine spirituel. Sans pour autant pouvoir donner une plus profonde définition.

Ceci dit, alors qu’est relancé le débat sur d’éventuelles concessions territoriales, y compris à Jerusalem, des milieux politiques opposés à Oslo ne manquent pas de citer Rabin, à savoir : “Si l’on me mettait devant le choix – Jérusalem capitale unifiée et non partagée ou accords de paix – je vais préférer Jerusalem“.

Ensuite, un événement plus lointain, ancré dans l’Histoire du pays, remonte à novembre 1917. C’est une date-charniere, le premier jalon dans le aspirations du peuple juif pour une patrie : Une declaration du ministre britannique des Affaires étrangères, James Arthur Balfour. Ce fut une lettre ouverte addressee à Lord Lionel Rothschild, publiée le 2 novembre 1917 en accord avec Haïm Weitzmann, alors president de la Fédération Sioniste (lequel sera élu en 1948 comme premier président d’Israël).

Par cette lettre, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, avec le respect des communautés non juives sur le territoire.

En dépit du temps écoulé et des événements tragiques et sanglants l’ayant suivis, cette déclaration en effet est considérée de facto comme l’une des premières étapes dans la création de l’Etat d’Israël.

En voici le texte (traduit de l’anglais) : “J’ai l’honneur de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la declaration ci-dessous de sympathie à l’adresse des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui.

Le gouvernement de Sa Majestè envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non-juives existant en Palestine, ni aux droits et aux statuts politiques dont les juifs jouissent dans tout autre pays.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette declaration à la connaissance de la Fédération sioniste.“

Comble de l’ironie : ce sont précisement tous les gouvernements ulterieurs de Sa Majesté, pourtant censés “employer tous les efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif“, qui avaient tout fait pour le saboter.

En marge de ce rappel, et sans rapport, il convient de rapporter une autre initiative intéressante, prise quelques années plus tard, de la part d’un Français. Il s’agit d’Henri de Jouvenel, diplomate, homme de lettres, faisant partie de la haute aristocratie française.

A la suite de la conférence internationale de San Remo, ayant partagé les mandats sur les pays du Moyen Orient entre la France et la Grande Bretagne, Henri de Jouvenel fut nommé gouverneur de la Syrie et du Liban.

Vers 1925-6, il avait envisagé un plan baptisé “Projet Palmyre“’ pour encourager la colonisation du nord de la Syrie – non pas le Golan et le sud Liban – par des colons juifs. Il s’est entretenu de son idée avec Weitzmann, lequel semblait intéressé.

De Jouvenel avait également ecrit en 1926 à Aristide Briand, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de l’époque, en précisant qu’après avoir été anti-sioniste il retournait sa veste après avoir constaté les capacités et l’élan des sionistes et des juifs en général.

Des demarches se sont poursuivies pendant un certain temps, mais les dirigeants sionistes eux-mêmes se sont dégonflés, notamment par crainte de la réaction de Londres.

Certes, avec le recul il est évident que c’était une idée quelque peu romantique mais irréalisable. Mais au moins nul ne peut accuser les sionistes de l’époque du colonialisme.