J’entendrai par dérive gaulliste le fait de réitérer l’erreur de De Gaulle qui a préféré en 1958 soutenir les forces arabo-musulmanes radicales en Algérie puis au proche Orient à partir de 1967 (en critiquant Israël au lieu de Nasser) plutôt que les forces pluralistes et démocratiques autant en Algérie qu’en Israël, au Liban, en Égypte et ailleurs. C’est ce qui est en train de se passer en France en osant parler de l’intervention américaine en 2003 comme cause de la situation actuelle en Irak alors que Saddam Hussein a massacré des centaines de milliers d’irakiens, gazant des milliers de Kurdes, formant des fedayins finançant les attentats du Hamas dans les années 2000.

J’entendrai par dérive ashtonienne non seulement le fait de donner 5 millions d’euros pour les réfugiés en Irak et 85 millions « pour Gaza » mais aussi et surtout le fait de trouver l’unique cause de l’extension islamiste dans ce qui se passe à Gaza et à nouveau dans l’intervention américaine en 2003 alors que depuis l’arrivée des nationalistes racistes en Algérie l’islam politique renouvelé a pris son envol, s’est poursuivi avec la naissance de l’OLP soutenu par le FLN puis s’est institutionnalisé en Iran à partir de 1979 avant de s’affirmer en Afghanistan lors de l’invasion soviétique en 1980 puis dans les attentats du World Trade Center en 1997 répétant ceux de 2001.

En fait, ces deux dérives s’accommoderaient fort bien de l’émergence de cet « État islamique » s’il savait modérer son appétit territorial et s’il pouvait se contenter d’être pro palestinien et antiaméricain comme tout le monde. Certes, cette entité donne une vision de l’islam aux antipodes de celle qui est enseignée par Miss Ashton. Ce qui est sans doute regrettable.

Il est à remarquer par ailleurs que les milliers de combattants européens qui vont rejoindre cette nouvelle créature préfèrent cette « vieille » version de l’islam que celle vendue au supermarché du prêt à penser occidental : cherchez l’erreur…