Sionisme pratique contre sionisme diplomatique, sionisme pragmatique contre sionisme idéaliste, sionisme politique hertzélien contre sionisme culturel d’Ahad Ha’am, sionisme socialiste contre sionisme libéral, sionisme de gauche contre sionisme de droite, sionisme marxiste borochovien, sionisme de Ben Gourion ou sionisme de Jabotinski.

Sionisme d’Ouganda contre sionisme de Sion, sionisme juif et hébreu-sionisme, anti-sionisme, post-sionisme, néo-sionisme, super sionisme, mais aussi « Etat juif », « juif et démocratique », « Etat de tous ses citoyens », « Etat juif et de tous ses citoyens », Etat religieux, Etat théocratique, Etat hébreu, Etat post-national, bi-national, etc.

L’histoire de l’Israël moderne depuis les fondateurs de quartiers comme Neve Tzedek et Neve Shanan hors des portes de Jaffa dès le milieu du XIXe siècle, de villes et villages comme Petah Tikva, Rishon Le Zion, Tel Haï, des reconstructeurs d’Hébron ou de Jérusalem, ne connaît pas de répit intellectuel quant à sa propre définition.

Peu de pays à vrai dire font l’objet d’une telle réflexion sur ce qu’ils sont, ce qu’ils constituent, sur leur définition. Peu d’Etats voient dans le même temps leur légitimité si contestée, leur identité si incomprise, si peu définie à vrai dire, si peu claire, pour les autres, mais aussi pour les siens, pour les Israéliens. ‘Deux juifs, trois opinions’, dit l’adage populaire. Faut-il croire qu’il deviendrait aujourd’hui ‘deux Israéliens, quatre opinions, quatre définitions’ ?

Si certains feront l’apologie de ce flou en termes de définition de lui-même, cette incapacité à se définir comme un élément de la profondeur intellectuelle d’Israël, de la complexité historique de son être, de son essence, force est de constater néanmoins, qu’une telle absence de définition, en soi pour des besoins intellectuels, des besoins de compréhension mais aussi de visions et de création, mais surtout dans le cadre d’un Etat moderne, pour le bien d’un Etat moderne, est un écueil extrêmement problématique.

Alors qu’Israël ne manque pas d’ennemis extérieurs prêts à l’enterrer, à le combattre physiquement, militairement, par des voies directes ou détournées, cette incapacité interne à savoir qui il est, qui nous sommes, ce que nous voulons, d’où nous venons, vers où nous allons, constitue pour ses ennemis de toutes parts, une aubaine à exploiter. Intellectuellement d’abord, politiquement aussi, ensuite, et déjà.

Incapables de nous définir, nous sommes aussi incapables de nous entendre, et incapables donc, de nous défendre. Et c’est cette indécision qui laisse la porte ouverte à des critiques tantôt justifiées, tantôt exagérées, tantôt proportionnées, tantôt outrancières, tantôt légitimes, tantôt fumistes, tantôt bénignes, tantôt dangereuses, sans que jamais l’État d’Israël ne puisse vraiment y répondre, faute de savoir ce qu’il a, ce qu’il est, ce qu’il doit défendre.

Face à tant de confusion sémantique et de concepts flous et parfois contradictoires (Etat juif pour ne citer qu’un exemple, crée une confusion entre ceux qui voient en « juif » une religion, et ceux qui y voient un peuple, sans toutefois pouvoir distinguer le peuple de la religion, et ceux qui y voient encore une culture, mais alors qu’une culture est en soi un concept plus flou et qui ne suffit à justifier un Etat), nous avons entrepris de créer un mouvement d’idées politiques qui tente à la fois de faire le bilan des recherches historiques, archéologiques, sémantiques ou encore philosophiques, mais aussi, car il ne s’agit pas d’un colloque universitaire, d’en tirer des leçons pour l’avenir.

Aussi avons-nous créé le Mouvement hébreu de libération. Ou plutôt recréé ce dernier, car parmi les nombreux mouvements idéologiques s’exprimant en Israël (sionisme classique libéral, sionisme à tendance socialiste, sionisme religieux, a-sionisme harédi, anti-sionisme radical, qu’il soit religieux ou anti-patriote, post-sionisme, diasporisme et même arabisme palestiniste anti-hébraïque), le mouvement qu’on a pu appeler l’hébreuisme, parfois appelé mouvement hébreu-cananéen, a presque entièrement disparu du monde intellectuel et politique en Israël. Sans aucune raison d’ordre intellectuel pourtant, mais uniquement par mépris et alliance des autres visions de l’esprit à son encontre.

Mouvement laïque né en Israël, il s’inscrit dans l’histoire générale du Mouvement hébreu politico-culturel identitaire de retour des Hébreux sur leur terre historique et ancestrale, généralement confondue ou réduite au sionisme (ou sionismes), et entend plus précisément faire renaître le mouvement d’idées hébreu-cananéen révolutionnaire développé par Adyah Gourevitch Horon et Yonatan Ratosh entre les années 1930 et 1950.

Considérant que l’idéologie sioniste judaïque, telle qu’elle est perçue par la doxa israélienne a échoué, et avec elle le concept erroné de  » nationalisme juif « , terme hybride et qui prête à confusion entre deux notions contradictoires : l’une ethnique, donc innée ; et l’autre confessionnelle, donc acquise, nous appelons à la refondation de l’État d’Israël en un véritable Etat hébreu laïc, et non  » juif « , souverain, libre et indépendant.

Un Etat fier de ses valeurs en accord avec les idéaux des précurseurs du Mouvement Hébreu de Libération aux XIXe et XXE siècles, tels que Yossef Berdichevsky ou Shaoul Tchernikhovsky, et des rédempteurs sionistes authentiques tels que Sarah et Aharon Aharonson, Abshalom Feinberg, Yossef Lishinsky, Aharon Gordon, Haïm Brenner etc, qui se considéraient tous comme des Hébreux libérateurs du Pays des Hébreux.

Le Mouvement hébreu de libération se veut politique et culturel : il entend lutter contre l’aliénation historique et identitaire des Hébreux et prône leur désaliénation à partir d’une réflexion historique et intellectuelle sur leur identité profonde d’Hébreux.

Conscients de l’impossibilité de faire comprendre le fond de notre pensée en un seul article, nous vous invitons à découvrir notre mouvement d’idées politiques sur notre site : mouvement-hebreu.com