La définition des concepts «isolés» que sont le terrorisme, le djihadisme, l’intégrisme, l’islamophobie, le salafisme et l’antisémitisme est impossible, mais en les contextualisant, leur lecture devient de plus en plus fluide… . De ce fait, l’analyse sémiotique de ces termes iconiques nécessite l’analyse d’un ensemble de dispositifs.

Les médias continent à utiliser des termes, se conformant chacun à sa propre ligne éditoriale, alors qu’aucune définition unanime n’a été accordée jusqu’à présent.

La question de l’antisémitisme en fait une meilleure démonstration. Les actions menées contre les Juifs (l’antisémitisme tel qu’on en parle aujourd’hui) se sont accentuées. Mais le qualificatif «antisémite» n’a pas été, jusqu’à présent, unanimement et officiellement défini après les confusions dont il avait fait objet. Des termes, tels que «judéophobie», ont été même proposés pour remplacer «les préjugés antisémites».

Plus récemment, actualité oblige, la délégation du Parlement européen pour les relations avec Israël a défendu une Résolution de l’antisémitisme. Une définition de l’antisémitisme a été, rappelle-t-on, adoptée en 2005 par l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes avant d’être retirée du site-web de l’Agence des droits fondamentaux (FRA) pour confusion avec d’autres termes.

Le terrorisme a également fait objet de longs débats, notamment après l’adoption du premier projet de loi antiterroriste en France, fin 2012. Ces termes ont une charge significative «très lourde», ce qui peut agir sur la neutralité journalistique.

Les attentats perpétrés par les frères Kouachi contre le siège de Charlie Hebdo et par Amedy Coulibaly dans la superette Hyper Cacher à Porte de Vincennes, ont, à leur tour, donné naissance à un champ sémantique de la mort, cette fois-ci, unanimement admis par les médias. Nous avons pu entendre revenir sur les lèvres des journalistes des termes significatifs et précis tels que, événement sanglant, attentat, tuerie, assassinat, victimes de la prise d’otage, drame, tragédie, etc.

L’usage de ces différents termes, devenus à la mode en 2015, mérite une grande attention.

La banalisation de cet usage tue la précision!