L’actualité diplomatique se fige dangereusement sur les expéditions nucléaires en provenance de la république populaire démocratique de Corée (Corée du Nord/CN) assortie de menaces à l’encontre de la république de Corée (Corée du Sud/CS), de l’empire du Japon, des Etats-Unis d’Amérique (USA) et consorts…

La Corée du Nord est un État à parti unique, le « Front-Uni » dirigé par le parti du travail de Corée. L’idéologie officielle du pays est le « juche », doctrine basée sur l’autosuffisance développée par Kim Il Sung, fondateur de ce régime communiste. Le régime nord-coréen vit sur une direction divinisée et héréditaire qui conduit le pays à l’obéissance à un « leader » de Droit divin de la troisième génération.

L’argument avancé par la Corée du Nord repose sur sa volonté de bénéficier d’une reconnaissance internationale, politique et militaire, qui lui permette de discuter à égalité avec les USA et la Corée du Sud. C‘est ce qu’elle réclame depuis le début du conflit, à la fin de la Seconde Guerre mondiale qui divisa la Corée en deux Etats. La Corée du nord s’alliait alors à l’URSS et à la Chine populaire et la Corée du Sud s’alliait aux USA.

Les réactions de la « communauté internationale » aux récents tirs de missiles nucléaires sont vives, vocales et inefficaces.

Nations unies (UN)

Elles procèdent depuis 1945 par dispersion.

Le secrétariat général exige la cessation des tirs nucléaires et la négociation entre les parties.

Le conseil de sécurité condamne la Corée du Nord à chaque fois que la Russie et la Chine le permettent.

L’Assemblée générale débat jusqu’à diverses décisions et propositions toutes restées sans effet.

USA

Les USA – dont le territoire est effectivement menacé par les tirs nord-coréens – réagissent verbalement, principalement par la voix belliqueuse de leur président Donald Trump.

Japon

Le pays a été traversé par des missiles nord-coréens. Il appelle la « communauté internationale » à l’aide et organise la protection de sa population.

Incidences

La situation régionale est une situation de guerre. La situation internationale est une situation de prévention de guerre.

Les corps constitués de l’ONU (secrétariat général, conseil de sécurité, assemblée générale) analysent différemment la question.

Les membres du conseil de sécurité ne parviennent que rarement à des accords qui de toute façon ne permettent pas de terminer définitivement ce conflit… vieux de 72 ans.

La Corée du Nord obtient à l’ONU et particulièrement au conseil de sécurité un soutien diplomatique sans faille de la part de la Russie et la Chine.

Par effet, les tirs nucléaires nord-coréens conjugués à l’impuissance internationale à y mettre un terme constituent pour la république islamique d’Iran un périlleux précédent qui lui est favorable.

Rappelons à cet effet trois éléments :

le traité nucléaire signé par Téhéran qui subit de sa part d’innombrables accrocs, les appels urbi orbi de l’Iran (y compris depuis les tribunes de l’ONU) à la destruction d’Israël, le soutien appuyé par Téhéran à la politique et au développement nucléaire de la Corée du Nord.

Il convient par conséquent dans l’intérêt de chacune des parties et de la paix dans le monde de procéder aux rectifications fonctionnelles et diplomatiques afin de stopper cette course à l’abîme.