Il est un sujet délicat sur lequel bons nombres de querelles se construisent et, malheureusement, se perpétuent.

Entre lois mémorielles et associations de défense, l’esclavage des populations noires d’Afrique reste un sujet « tabou », à propos duquel les langues et les consciences ont beaucoup de mal à se délier.

Et comme souvent, dès lors que l’Homme a du mal à assumer les conséquences de sa bassesse et de son instinct animal, il cherche et trouve le bouc émissaire par excellence: Les Juifs. Asu Zoa (la face de l’éléphant), dernier spectacle de Dieudonné, autoproclamé comme une « oeuvre quenelle » au système, car il est connu: « un éléphant, ça trompe énormément » , livre une vision altérée des réalités africaines via le prisme des relations entre blancs et noirs. En sachant aussi que dans la pensée de son auteur Z.O.A. ne sont, ni plus ni moins, que les initiales de Zionist Organisation of America, la boucle est bouclée.

Donc ma surprise ne fut pas grande quand lors de son procès pour  « antisémitisme et incitation à la haine raciale » en décembre 2010 à Paris, M. MBALA MBALA Dieudonné avait ouvertement accusé les Juifs d’être racistes, mais aussi et surtout d’être à la base du commerce triangulaire, et de l’organisation de l’esclavage des noirs d’Afrique.

Monsieur MBALA  MBALA perdit son procès et fut condamné à du sursis et à une forte amende, cependant les Juifs présents, ce jour là dans la salle d’audience au milieu des Kémi Seba et autres associations d’extrême gauche, d’extrême droite et pro-nazis, repartiront, en plus du courage qui était le leur, avec le soulagement d’avoir appris ce qu’était le Code Noir et surtout son article 1.

Une arme d’information massive

Les différentes opérations infructueuses de M. Farrakhan (président de l’organisation politique et religieuse Nation of Islam) en Afrique pour convertir les africains à ces, et ses, pratiques nauséabondes que sont l’antisémitisme et l’antisionisme, prouvent que l’Europe, mais surtout la France, est la terre fertile par excellence pour ses mauvaises graines. Et ce, grâce au relais et l’appui de « personnalités » telles que Messieurs Dieudonné, Seba, Soral etc.

Pour cause, ces jeunes et moins jeunes d’origines africaines perdus dans leurs méandres identitaires, puis exposés à un islam radical et des théories politiques extrêmes, acceptent volontiers de considérer les Juifs comme les bourreaux d’un esclavage, dont eux-mêmes, ignorent les tenants et les aboutissants.

Cette génération se sent désarçonnée à la vue d’africains pro-israélien; et s’enfoncent dans un  entêtement fier et audacieux quant, par provocation, après qu’elle ait lancé à la tête du Juif l’accusation d’être un descendant d’esclavagiste, elle constate que ce dernier reste muet comme une carpe, subissant à cet instant les effets secondaires d’une méconnaissance totale du sujet.

Code Noir  Article 1 : « Voulons que l’Édit du feu roi de glorieuse mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles ; se faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. »    Lire tout le Code 

La lecture du préambule et de l’article 1 du Code Noir durant le procès et au devant des tenants du « complot juif » eut un effet immédiat, celui de mettre ces hommes et ces femmes face au devant de leurs bassesses et avidités haineuses. Bravo à Me BACCOUCHE pour cette véritable leçon d’histoire qui restera dans les mémoires. L’ironie du sort étant que Dieudonné faisait de ce fameux Code Noir, le fondement de sa théorisation.  En effet, Il était tout simplement interdit aux Juifs de prendre part à ce « commerce juteux » qu’était l’esclavage parce qu’ils étaient juifs.

« Etre conscient que l’on est ignorant est un grand pas vers le savoir » Benjamin Disraeli (premier ministre d’Angleterre sous le règne de Victoria)

Il est primordial que chaque juif soit au courant de cet aspect pour délégitimer les thèses de ceux qui, par pure lâcheté, accable les Juifs tout en fuyant leurs responsabilités. Il est bon de se remémorer que c’est sur la base de ces falsifications historiques, que Dr Dieudo a muté en Mister Mbala Mbala. Dans une sphère où il a mal vécu le refus de financement de son film sur l’esclavage, il s’est enfermé dans une spirale vocifératrice où les Juifs, et leurs réussites sur le travail de mémoire, devenait la raison idéale pour mettre à mort les 50% de breton qui vivait en lui (Voir la vidéo).

Ce mal-être de n’être légitime ni chez les blancs ni chez noirs parce métisse, enrobé d’échecs et de frustrations mal vécus donnent, une nouvelle fois, raison à Freud. Les amoureux de la psychanalyse verront dans l’écriture et la réalisation de son Asu Zoa une autobiographie subconsciente dans laquelle il est, et demeure, le seul éléphant qui trompe énormément. Si l’inconscience rapporte autant, nous comprenons mieux pourquoi chaque génération compte son lot de révisionniste.