Les débats sur nos origines juives sont souvent passionnés ; ils suscitent intérêt, méfiance, confusions, voire amalgames. Cette représentation obsessionnelle de l’origine dans les
rapports sociaux et de cohésion pour l’ensemble des citoyens juifs peut poser problème.

Ainsi, le fait des enfants juifs se constituant en catégorie sépharade-ashkénaze relève de l’imaginaire social, puisqu’ils sont nés en France
et n’ont donc pas participé eux-mêmes au processus migratoire de leurs parents. Le groupe « ashkénaze-sépharade » conçu ainsi socialement représente un ensemble flou, ne répondant à aucune définition en France pour les jeunes générations.

Il convient alors de s’interroger sur le sens de « Sépharade-Ashkénaze-Juif noir » – défini comme un processus identitaire, social, économique, culturel et politique – de populations composées de multiples générations ayant en commun une « origine particulière », alors que, par définition justement, l’identité juive est un cheminement collectif complexe. Les débats et la perception de l’origine paraissent « obsédés », au demeurant parfois supposée.

Il y a de fortes difficultés à identifier, dans la durée, la population ashkénaze et sépharade.

La définition mélanique pour le juif noir peut paraître claire, car fondée sur la vue. Toutefois, sa connaissance, à une époque donnée, n’est pas exempte d’imprécisions tel le cas des juifs « éthiopiens ».

En effet, les données fondées sur le critère de l’origine ont trop souvent conduit à traiter la population par différenciation. La catégorie des jeunes d’origine juive classée en sépharade-ashkénaze peut être une notion trompeuse si l’on opère autour de lieux de vie des individus.