Human Rights Watch estime que l’armée israélienne a potentiellement commis des crimes de guerre à Gaza durant l’opération Bordure protectrice.

Les bombardements ont fait plus de 2 100 morts Palestiniens, en majorité des civils.

Enquêter sur les 48 jours de guerre de l’opération Bordure protectrice et ses milliers de bombardements serait une tâche titanesque pour une ONG.

Human Rights Watch a étudié en détail trois situations problématiques pour examiner leur conformité au droit de la guerre.

  • Le 24 juillet, une école primaire de Beit Hanoun, qui servait de refuge à des civils, a été bombardée à quatre reprises, faisant 13 morts.
  • Le 30 juillet, une école primaire de Jabalya est touchée à 10 reprises. 3 200 Palestiniens y avaient trouvé refuge. 20 personnes ont été tuées dans l’attaque.
  • Le 3 août, un missile téléguidé frappe devant une école de Rafah, qui servait également d’abri, et tue 12 personnes.

Parmi les victimes de ces frappes figurent 17 enfants.

Pour Human Rights Watch, ces attaques ont été menées intentionnellement et imprudemment. Il s’agit de crimes de guerre.

De son côté, l’armée israélienne a lancé ses propres enquêtes sur cinq cas de possibles bavures commises durant Bordure protectrice.
L’une de ces cinq enquêtes concerne également le bombardement de l’école de Beit Hanoun le 24 juillet.

Les autres portent sur le bombardement d’une plage de Gaza fréquentée par des enfants (et filmé par des équipes de télévision), la mort d’une femme devant sa maison alors qu’elle avait reçu l’autorisation de sortir de chez elle, des maltraitances sur un prisonnier et des vols commis par un soldat dans une maison palestinienne.

Mécanisme de blanchiment et mascarade

Le problème, c’est que la justice militaire israélienne n’est guerre crédible. Human Rights Watch souligne que les enquêtes passées montrent qu’elles ne sont pas menées de manière professionnelle.

Deux autres organisations de défense des droits de l’homme, israéliennes cette fois, disent la même chose. B’Tselem et Yesh Din, les deux principales organisations du genre, ont annoncé qu’elles refusaient désormais de collaborer avec l’armée dans les enquêtes sur les événements de Gaza.

Elles se basent sur leur expérience passée qui a montré que le système militaire judiciaire israélien est un échec complet.

Les magistrats militaires sont à la fois juge et partie. Ils se montrent incapables d’enquêter sur les décideurs politiques et militaires. Leurs dossiers ne s’intéressent qu’au plus bas de l’échelon, les soldats sur le terrain, et avec beaucoup de lenteur.

B’Tselem rappelle que durant l’opération Plomb Durci de 2009, 759 civils Palestiniens ont été tués. La justice militaire a ouvert 50 dossiers. Un seul soldat a reçu une peine, pour le vol d’une carte de crédit ! Pour l’organisation, la justice militaire israélienne n’est qu’une mascarade. C’est avant tout un mécanisme de blanchiment.

Une enquête pour la Cour pénale internationale

Il reste la piste de la justice internationale. Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a constitué une commission chargée d’enquêter sur d’éventuels crimes de guerre commis durant l’offensive israélienne. Israël a dénoncé un « tribunal fantoche ».

Le rapport de la commission pourrait servir un jour devant la Cour pénale internationale.

Notons que les tirs de roquettes palestiniennes vers des zones civiles israéliennes peuvent aussi être considérés comme des crimes de guerre, même si leur ampleur est sans commune mesure avec les bombardements israéliens.