Qu’est-ce qui fait qu’un jour, on pense à un amant?
Oups… Ai-je dit un gros mot ?

Je crois qu’un jour, au sein de notre vie de couple, on comprend que cette différence… vous savez… celle majeur que vous connaissez depuis les tous premiers jours… Épouser un non juif, cette différence-là… fera un jour LA différence.

Celle qui malgré les efforts pour la minorer ne passe pas.
Cette différence gênante qui revient lancinante malgré le couvercle mis dessus maintes et maintes fois… les soirs de shabbat, les Fêtes traditionnelles, les décès familiaux, les enfants qu’il faut éduquer, les voyages en Israël…

Cette différence majeure dans votre attente, votre couple rêvé, votre Idéal.
Couple de type Association ? Couple Fusion ? Complicité ? Couple parallèle ?

Cette différence d’attente, d’idéal, fait que parfois, celui qui partage votre vie reste un peu un… étranger.

Cette impression que sans ce lien complice d’âme et peut-être de confession religieuse, de croyances en tous cas… indispensable pour vous ; il n’y a pas assez de proximité et donc de complicité pour une pérennité.

Oui, parce que parfois, nous aimons OU nous décidons d’aimer un homme qui est sur un mode de couple différent que celui dont on rêve.

Alors on s’accroche.
Parce que ça le vaut bien.

Connaissez-vous aussi ce sentiment ?
Ce sentiment que bien évidemment, on ne découvre pas au saut du lit.

On sait… devis le 1er jour que ce point accroche « mais on décide sciemment de regarder ailleurs parce qu’on est amoureux et que forcément ça passera ».

On trouvera les ressources, les solutions pour que ça passe.
Et le temps passe.
Et on accepte qu’il passe.
Et régulièrement… comme cet oiseau qui vient se poser sur cet arbre face à la chambre, régulièrement vous l’entendez siffler …

Vous entendez cette petite voix qui vous dit : bon sang, pas moyen de progresser sur ça alors que tout le reste va plutot bien ! »
Que tout le reste est « à sa place »…

Et si cette absence de vision de ce que doit être pour vous un couple idéal persiste ; vous pouvez sentir s’immiscer alors en vous, chaque mois qui passe… comme un poison amer se diffuser.
Le Poison de l’insatisfaction.

Comment sait-on que c’est l’Homme de notre vie ?
Parce que précisément, on ne peut envisager l’avenir sans lui.

On ne peut OU on ne veut…
Selon que le coeur OU les pensées commandent vos décisions.

Connaissez-vous ce sentiment de savoir… depuis le tout 1er jour que vous ne consacrerez pas votre vie entière à cet homme ?
Que vous l’aimez follement mais qu’avec la lucidité qui vous caractérise, vous savez que vous ne lui offrirez que 10/15 ans de votre vie?

Et vous le lui dites..
Et il l’accepte…

Probablement en conscience si c’est un homme intelligent et amoureux .
Ou dans L espoir d’un changement chemin faisant.

Lorsqu’alors à votre fenêtre l’oiseau revient siffler de plus en plus souvent… vous savez que le temps approche.
Vous savez que la fin du temps imparti est là.

Alors parfois, autour d’un café dans la cuisine ou installé dans le salon, vous regardez autour de vous ce qui a été fait.
Ce qui a été construit.
Le chemin parcouru.
Les vies construites et en devenir.
Les souvenirs, l’immense reconnaissance…

Et de nouveau l’oiseau revient se poser sifflotant que oui… il y a beaucoup de croix dans les bonnes cases mais que là… sous la peau… l’Amour n’est plus là.

Que les sentiments amoureux sont partis et que vous savez même exactement les moments où cela s’est manifesté.
Le sentiment amoureux est parti, emportant avec lui le désir intime, le désir des peaux et de la fusion des corps.

Et toujours depuis que les enfants ont quittés la petite enfance, chevillé au corps cette conviction de l’impérieuse nécessité de leur transmettre votre judaïsme.

Envers et contre tout.
Envers et contre un pays devevu raciste, envers et contre un père antisioniste.
Se présente alors cette pensée lucide, l’alternative… la seule qui ait sa place :

Est-ce que j’en prends le risque ?
OU est ce que je ne change rien et j’assume la présence de ces acouphènes qui iront immanquablement en s’accentuant ?