Il y avait quelque chose de triste à l’ambassade du Danemark à Paris ce soir.

Un mois après Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, c’est la moindre des choses pour les Parisiens, bénéficiaires d’une empathie mondiale, parfois tempérée de bémols bien pensants, de faire acte de présence en solidarité avec les victimes danoises du 14 février 2015.

La presse occidentale et particulièrement américaine, a été mise à l’épreuve cette semaine lors du meurtre de trois musulmans par un voisin pour une question de parking en Caroline du Nord. La couverture de l’évènement semblait bénigne comparé a ce qu’il se serait passé si un musulman avait tué trois athées pour quelque raison que ce soit.

D’ailleurs le Times of Israel dans sa version anglaise, traitait un incident criminel à Marseille comme si il s’agissait d’une attaque terroriste, un “breaking news”, qui a eu l’effet escompté, les réactions en commentaires diabolisaient immédiatement, les musulmans, les immigrés, les “arabes”, d’autres insistaient que la France n’est plus sure pour les juifs.

Et hier, un homme armé attaque un panel sur la liberté d’expression, et ouvre le feu sur une synagogue au Danemark.

La primature Danoise en la personne de Helle Thoring Schmidt condamne l’acte comme terroriste, la police danoise décrit le suspect comme de type arabe, et originaire de Copenhague.

Ce genre d’évènements a tendance à générer un énorme intérêt, pourtant les réactions internationales ont été discrètes.

L’évènement n’est pas aussi haut profil que celui de Paris, mais surtout il manque les mots clés nécessaires à l’hystérie collective, et qui donnent  prépondérance médiatique : terrorisme islamique.

La police danoise depuis hier, refuse de nommer le suspect et ses motivations sans une investigation préalable, ce qui doit rendre dingue la presse internationale qui en fera sans doute une première page si les investigations confirment ce que tout le monde suspecte.

On se souvient de l’attaque sur Lee Rigby par Michael Adebolajio à Londres, on se souvient moins de l’attaque quelques semaines plus tard par un jeune français de souche, récemment convertit à l’Islam, sur un militaire Français.

La raison étant qu’il a très rapidement été classé comme dérangé copy-cat d’Adebolajio, sans véritable motivation politique, ou d’organisation qui le soutenait dans ses actes.

Il est toujours possible que cela soit le cas au Danemark, en tout cas la police fait son investigation sans pour autant criminaliser de fait une communauté, une religion, ou des gens d’une origine ethnique particulière.

La BBC a d’ailleurs commenté sur l’utilisation du mot terrorisme immédiatement suite aux attaques sur les bureaux de Charlie Hebdo, alors que la couverture Britannique ne donnait pas dans le politique (terroriste) mais restait dans le criminel (hommes armés).

Le poids des mots en somme, que résume très bien la caricature ci dessous.

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La peur est générée par la manière dont nous couvrons les évènements, la manière dont nous présentons, et malheureusement, la manière dont nous manipulons les évènements.

D’autant diront que c’est bien normal, mais on ne peut terroriser une population, si ceux qui nous informent, et ceux qui nous dirigent ne donnent pas dans le même jeu et attisent les flammes.

Je ne lis pas le danois, alors je ne peux pas commenter sur ce que fait circuler la presse, mais le travail de la police est exactement celui qu’il devrait être, et j’imagine qu’il s’agit d’une directive gouvernementale, et si c’est le cas je l’applaudis.

Quoi qu’il en soit, hors du médiatique et du politique, pensons aux victimes et soyons vigilants, mais ne donnons pas dans la paranoïa sécuritaire et identitaire car elle est partie prenante de la terreur.

Je vous laisse avec quelques images de la commémoration.

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