Régulièrement, nous entendons ou lisons des propos alarmistes concernant le déclin de l’Identité Juive. C’est vrai que l’on parle de cela plus souvent dans les communautés juives en dehors d’Israël, mais même en Israël, le phénomène existe aussi, sous une forme différente, et il est compensé par un retour aux sources assez fort.

De façon à bien comprendre ce qui se passe, on va prendre tout d’abord quelques repères.

Comment définir l’Identité Juive ?

Le peuple juif ne se définit pas, comme les autres peuples, à savoir une communauté de personnes parlant la même langue et résidant sur le même territoire, mais plutôt comme une communauté de personnes qui partagent les mêmes croyances, pratiquent les mêmes obligations religieuses : les mêmes comportements sont inspirés soit par le code de lois juives : le Choulhan Aroukh, soit par des parents et quelques fois même par des grands-parents (qui ont suivi toute leur vie, ou pendant une bonne partie de leur vie) ce même Code de lois juives.

Les Juifs résident tantôt en Israël tantôt en dehors. Ils vivent à l’intérieur de la même communauté, ou à proximité de celle-ci ou délibérément en dehors de celle-ci. Le critère de résidence sur un même territoire est remplacé par la référence à un même système de valeurs, celui est induit par l’éducation et la pratique religieuse, très proche de la Loi Juive, ou à proximité de celle-ci.

Ainsi, l’assimilation apparait comme un éloignement du comportement de la personne d’origine juive par rapport à ce qui est recommandé par le Choulhan Aroukh : c’est un comportement qui est plus inspire, par le système social local, il reflète plus le désir de s’identifier à la population locale (être comme tout le monde), plutôt qu’à sa communauté d’origine.

Aussi, quand on parle d’assimilation dans une communauté, la première chose qui vient à l’esprit c’est la question de savoir: qu’en est-il du système éducatif et de la pratique religieuse dans ladite communauté.

Il est communément admis que la plupart des juifs sont laïcs, une autre partie, moindre, est traditionaliste, une autre partie bien plus petite encore est appelée Chomeret Torah ou Mitswoth, je traduis : gardienne de La Loi Juive et de ses commandements [c’est ce qui correspond au datiyim (religieux en Israël et en dehors d’Israël) et aux datiyim Leumim (religieux nationaux en Israël)], enfin une autre partie encore plus petite est dite Orthodoxe.

Celle-ci se décompose de deux parties: les gens portant La Grande Kipa Srouga rattachés au Mercaz HaRav (rav HaCohen Zvi Yéoudah Kook), à Jérusalem et les gens portant la grande Kippa Noire rattachés aux Grands Maitres des Grandes Yechivoth de type lithuanien que ce soit en Israël, en Europe aux Etats Unis Mexique Canada etc.

Là où l’on a observé, la meilleure conservation de l’identité juive (pas de mariage mixte, identification par rapport à l’appartenance communautaire, ou attachement très fort à Israël, choix d’office et de manière délibérée du système d’éducation juive pour les enfants, maintien de la mise des Tephilines et Etude quotidienne de la Torah, tous les jours de la vie… jusqu’à la fin) se révèlent être : les communautés de Chomrei Torah et Mitswoth et les communautés orthodoxes.

On remarquera, dans ces communautés, que le taux d’assimilation est plus faible (moins de mariages mixtes dans ces communautés), et autre point intéressant la préservation de la cohésion familiale est plus forte dans ces fractions de la communauté : il y a en pourcentage beaucoup moins de divorces : les statistiques le confirment année après année !

Alors si l’on veut préserver notre communauté de la catastrophe assimilationniste que faire ?

On va simplement tirer les leçons du passé et du présent : puisque ce sont les Ecoles Juives organisées en réseaux ou indépendantes qui ont les meilleurs résultats dans les concours d’entrée aux Grandes Ecoles ou dans les meilleures universités, puisque ce sont les grandes yeshivoth qui ont fait la plupart des grands hommes juifs de tous les temps, alors nous allons faire la promotion de ces écoles juives et, de ces yeshivoth.

D’autant que les jeunes gens qui sont passés par là, ont acquis un attachement pour tout ce qui touche Israël et un goût pour la pratique religieuse : une volonté de continuer à étudier la Torah tout au long de leur vie d’adulte.

Et c’est cela, qui fera que ces personnes-là, non seulement ne s’assimileront pas, mais seront toujours attachées à Israël et mieux encore, préserveront leur entourage de toute forme d’assimilation rampante ou affirmée, et influenceront tout le temps leur entourage de la nécessité d’être fortement attaché à Israel.

La partie ne sera pas facile, parce qu’elle découle d’une volonté politique, or dans les milieux politiques, tout le monde n’est pas pour le renforcement de la vie religieuse, au contraire, une partie de l’électorat souhaiterait plus de laïcité dans la vie quotidienne en Israël.

En dehors d’Israël, le phénomène est encore plus marqué: en France notamment, on parle de la suppression du port de la kippa, de la suppression de l’abattage rituel (la Viande Cachère), de l’interdiction de la circoncision ! J’en passe et il y en a de meilleures !

En Israël, on parle périodiquement, de telle grande surface qui ouvrirait un de ses établissements le chabbat, ou alors on parle de la nécessité d’ouvrir certains axes routiers aux véhicules privés, voire aux transports publics le chabbat. Plus récemment, il a été évoqué la nécessité d’effectuer certains transports le chabbat pour faciliter l’avancement des travaux de la gare ferroviaire de Tel-Aviv.

Il ne semble pas, quand de telles hypothèses sont envisagées publiquement, que les émetteurs de telles idées se rendent compte des conséquences d’un tel précédent, et des répercussions que cela aurait sur la cohésion sociale en Israël !

Israël est un pays très innovant, très inventif et j’ai personnellement la forte intuition que si l’on mettait en concours (avec attribution de primes ou décrochement d’un contrat) des sociétés de conseil en logistique pour trouver une solution en dehors de la profanation du chabbat, afin de faciliter l’avancement des travaux de la gare ferroviaire de Tel-Aviv : celle-ci serait vite trouvée. Idem si l’on ouvrait ce concours, aux Etudiants en Recherche Opérationnelle ou en Logistique du Technion (Haiffa) ou de l’Université Bar Ilan (Tel-Aviv).

Alors Messieurs les décisionnaires de l’avenir de notre si merveilleux petit pays, il y a des dispositions à prendre, pour préserver notre population sur place de l’assimilation, et pour préserver, aussi, autant que faire se peut, notre population potentielle, celle qui vit, encore aujourd’hui, en dehors d’Israël (60% de la population juive mondiale) et qui rêve de venir y vivre, du danger assimilationniste !