A l’annonce d’un fait divers au cimetière de Pantin, les réseaux sociaux se sont affolés pendant toute la journée de dimanche.

Prenons les faits rapportés par des personnes sur place, témoins directs de « l’affaire ».

Lundi 20 mars dernier, dans le cimetière de Pantin, un camion de service qui roulait (trop vite certainement) manque d’emboutir une voiture au détour d’un virage.

Pour l’éviter (il la touche légèrement), le chauffeur braque, puis perd le contrôle de son véhicule. Il monte sur le talus, rentre sur un carré et ce faisant brise des pierres tombales.

Les personnes témoins de l’accident sont là, voient ce qui qui s’est passé et témoignent. Un rapport de police est fait sur place. Les familles des tombes endommagées sont prévenues. Le SPCJ communique sur Facebook.

Dimanche 26, les réseaux s’emparent de « l’affaire ». Acte de « vandalisme antisémite », caché par les autorités puis par les institutions de la Communauté. Les inspecteurs gadgets sortent de tous les côtés, se rendent sur place, font des expertises qu’ils livrent volontiers sur les réseaux.

Les responsables des institutions juives s’informent et rapportent ce qu’il en est. Rien n’y fait, ils sont soupçonnés et accusés de collusion avec l’administration pour couvrir une attaque antisémite.

Le président du Crif s’entretient avec le Préfet de Police, puis avec la personne impliquée dans l’accident, qui confirme en tous point la version officielle. Il le communique par twitter. Le Consistoire sort un communiqué vers 17h. La Mairie de Paris sort aussi un communiqué. Ces éléments semblent pourtant exciter les internautes qui crient au complot.

Pourtant les faits sont les faits.

Tout semble les confirmer. Un simple fait divers, qui s’est produit lundi dernier et qui avait été traité comme tel toute la semaine, s’est transformé en délire digital pendant le week-end.

Cela est riche d’enseignements. Nous apprenons comment un événement certes regrettable, mais banal, peut enfler en rumeur sur les réseaux sociaux.

Certains nous accusent d’être parfois à la traîne par rapport à d’autres prétendus médias qui s’empressent de crier au loup à la moindre alerte. Nous avons la responsabilité de veiller à l’exactitude de nos informations pour vous livrer une information digne de foi.

Hier après-midi, une autre « affaire » montait en puissance sur les réseaux ; les « institutions communautaires » auraient demandé à la synagogue de la rue des Rosiers de fermer ses portes et de ne pas faire l’office de Chabbat compte tenu de la manifestation prévue samedi après-midi 1er avril à Beaubourg à l’invitation de Euro-Palestine et des soutiens du BDS.

Après vérification, rien de tel n’avait été demandé par qui que ce soit, et certainement pas par le SPCJ.

Encore une fois, si les auteurs de ces rumeurs s’étaient renseignés auprès des personnes autorisées, ils n’auraient pas excité les réseaux pour rien. Certes ils auraient fait moins de buzz, de likes et de partages, mais ils se seraient honorés d’un comportement responsable.

Avant de vous livrer une information, nous validons avec les services du SPCJ, et si nécessaire, les services de l’Etat. Nous ne sommes peut-être pas les premiers, mais nous faisons en sorte que nos informations soient fiables.

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