Les titres de ce matin se répètent beaucoup :

« Un ministre palestinien tué lors d’une manifestation » (Libération),

« Un ministre palestinien meurt dans des heurts avec les Israéliens« (France Info),

« Un ministre palestinien a été tué lors d’une manifestation en Cisjordanie » (Le Monde),

« Un responsable palestinien tué lors de heurts avec des soldats israéliens » (Le Parisien),

« Responsable palestinien tué: Abbas dénonce un acte barbare«  (Nouvels Obs),

« Cisjordanie : un ministre palestinien tué lors de heurts » (Le Point)

Indiscutablement quelqu’un est mort. Quelqu’un d’important vu qu’il est nommé soit « ministre » soit « responsable ». Et, à lire la presse, il est certain que c’est un crime, car soit il a été « tué » soit il est « mort dans des heurts ».

Il est maintenant temps de nuancer.

Primo, ce dénommé Abou Eïn était certes ministre, mais également terroriste. Il avait purgé 6 ans de prison pour un attentat à la bombe ayant causé la mort de deux adolescents israéliens, avant d’être échangé en 1985 contre des soldats capturés au Liban.

Le qualifier de « Ministre » ou de « Responsable » n’est donc pas faux, mais relève de ce que l’on appelle pudiquement un « choix éditorial », surtout quand on passe sous silence le reste de son CV.

Secundo, si il est indiscutable que la thèse palestinienne est qu’il a été tué (et même qu’il a été « victime d’un acte barbare », qu’il est « mort en martyr », …), cette version semble à prendre avec beaucoup de prudence.

Des vidéos le montrent faisant apparemment un malaise, ses camarades palestiniens sont autour de lui, des soldats israéliens sont juste à côté, l’ambiance n’est absolument pas au pugilat.

De plus, il aurait été gravement malade, et enfin un porte-parole d’organisation humanitaire (pro-palestinien) déclare n’avoir vu personne lui porter le moindre coup, même si des témoignages palestiniens affirment le contraire.

Un titre honnête eu donc été « Décès polémique … », pour présenter les deux thèses, « … d’un ministre ex-terroriste palestinien », vu qu’il était les deux à la fois. Chacun aurait pu ainsi se faire par la suite son opinion en consultant les vidéos, le CV de l’individu, son dossier médical, ou en constatant par exemple qui réclamera une autopsie et qui la refusera.

La presse française dans son ensemble ne donne aucune de ces informations. Elle ne présente qu’une thèse et masque totalement l’existence d’une autre version.

Si ces faits étaient isolés, elle pourrait plaider l’erreur. Mais depuis des décennies ces manipulations de l’opinion – car il faut bien appeler les choses par leur nom – se sont répétés par centaines.

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur a déclaré récemment, à la suite d’une énième agression contre des juifs, qu’il voulait faire de la lutte contre l’antisémitisme une cause nationale.

Il devrait commencer par aller faire un tour dans les salles de rédaction, c’est peut être encore plus urgent que dans les banlieues.