« Towards solving the humanitarian crisis in Yemen and Iran » était le sujet d’une conférence que le Parlement européen a organisé le 6 mars dernier à Bruxelles.

Invité à participer à cette conférence en présence de nombreux experts, parlementaires et de l’Imam Chalghoumi, j’ai pu enfin entendre certaines vérités sur les implications du Gouvernement des mollahs iraniens au proche et Moyen-Orient.

Les trois H

Frédéric Encel, politologue spécialiste du Moyen-Orient a expliqué à l’assemblée l’implication de l’Iran dans trois mouvements, les trois H.

Le Hezbollah

Ce mouvement a été créé par l’Iran en 1982. A cette époque les chiites de nombreux pays arabes et du Liban étaient considérés comme des citoyens de seconde zone. L’Iran a donc décidé de « les prendre en main » et de s’occuper d’eux.

Frédéric Encel a développé l’idée que sans le Hezbollah, le régime d’Assad serait tombé dès les premier jours de la révolution pacifique syrienne. Il a rappelé que la Syrie reste le seul pays de la région allié au régime des Mollahs.

Assad ayant été aidé par l’organisation satellite de Téhéran ne peut refuser l’installation de bases iraniennes dans son pays qui permettent au régime iranien de propager ses idées dans une partie du monde arabe.

Encore plus grave pour la région, M. Encel a démontré comment le Hezbollah a depuis quelques mois la maîtrise du port de Beyrouth.

Le Hamas

Dans son exposé, Frédéric Encel a confirmé par des exemples que l’Iran a toujours joué la politique du pire au Proche-Orient en finançant le Hamas. Ce dernier souhaite avant tout la destruction de l’Autorité palestinienne afin de propager l’idéologie des mollahs dans la Cisjordanie et à Gaza.

Les Houthis au Yémen

Ce groupe, financé par le régime des Mollahs sévit au Yémen. C’est une organisation violemment antisémite, misogyne et anti-occidental. Dans leurs écoles, la haine des Juifs est dans le programme dès les petites classes.

Au sujet de l’aide humanitaire qui devrait arriver au peuple Yéménite, M. Encel a expliqué que cette aide n’arrivait pas au peuple mais était confisquée par les Houthis pour ses soldats.

Crédit : Eric Gozlan

L’implication de l’Iran dans les attentats en occident

Claude Moniquet, ancien agent du renseignement à la DGSE a expliqué l’interaction diabolique entre les chiites Iraniens et les frères musulmans. Après avoir expliqué comment le régime des Mollahs était impliqué dans divers attentats ou tentatives en Europe, C. Moniquet s’est désolé du peu de réponses de l’Europe contre ce régime.

La souffrance et le combat des femmes iraniennes

Darya Safi, militante bien connue de la cause des femmes en Iran, a dans un témoignage bouleversant expliqué la situation des femmes iraniennes.

Pour comprendre comment vit une femme sous le régime des mollahs, je vous propose de lire des extraits de son témoignage :

« Après la révolution de 1979, les femmes sont soudainement devenues des créatures inférieures.

La vie des femmes en République islamique d’Iran est empreinte de discrimination, sous le voile de la charia.

Le hijab est obligatoire. Une femme ne peut travailler, étudier ou voyager sans la permission de son mari. Une femme ne peut divorcer que dans des conditions exceptionnelles.

Après un divorce, une femme ne peut obtenir la garde de ses enfants, pas même lorsque son mari décède (ils sont alors confiés à la famille du père). 

Le témoignage des femmes devant les tribunaux n’a que la moitié de la valeur des hommes.

En vertu du Code civil, le mari choisi le lieu de vie et peut empêcher sa femme d’exercer des activités professionnelles s’il estime que cela va à l’encontre des « valeurs de la famille ».Selon les lois de la République Islamique d’Iran, les filles peuvent être forcées à se marier à partir de 9 ans

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance estime qu’environ 40 000 enfants de moins de 15 ans sont mariés chaque année et environ 17% des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Ce nombre est probablement plus élevé, car des milliers de mariages de mineurs ne sont pas enregistrés.

L’année dernière, un membre du parlement de la loi a reconnu qu’il y avait 24 000 veuves âgées de moins de 18 ans en Iran.

Les gens me font parfois remarquer que depuis l’élection du président Rouhani, la situation des femmes change mais cela ne peut être moins vrai. 

Laissez-moi vous dire quelque chose à propos de nouvelles limites sous sa présidence :

En 2014le ministère des Affaires intérieures a annoncé que la police religieuse a ouvert plus de 3 millions de dossiers sur les femmes qui ne respectaient pas la réglementation sur les vêtements. Entre mars et novembre 2015, plus de 40000 voitures ont été confisquées parce que les conductrices ou les passagères n’avaient pas porté leur Hijab correctement. 

Les universités ont introduit des quotas pour limiter le nombre de filles. Les filles avaient l’habitude de former 67% de tous les élèves, mais leur inscription est désormais limitée à 50%. Il est à noter qu’il n’y a aucun quota pour les hommes.

Sous Rouhani de nouvelles restrictions concernant les concerts de musique sont apparues : Il est interdit aux femmes de jouer d’un instrument de musique en public.

Les femmes sont restreintes dans la pratique du sport sous prétexte qu’elles doivent porter des vêtements « étranges ». Comme si cela ne suffisait pas, les fans féminins sont également visés. Certains ont même purgé une peine de prison parce qu’ils voulaient assister à une partie.              

Encore deux ans après la révolution, les femmes pouvaient assister à des matchs dans un stade. Cela a changé avec l’interdiction de stade pour les matchs de football en 1981. En 2012, les femmes sont interdites de stades de volley-ball car ce sport est très populaire. En effet, 1/3 des spectateurs de ce sport au complexe Azadi sport (12 000 spectateurs) étaient des femmes

Permettez  moi de vous expliquer la façon dont les femmes iraniennes continuent à se battre contre ces oppressions. 

Il y a exactement 40 ans, des dizaines de milliers de femmes iraniennes ont défilé dans les rues de Téhéran contre l’obligation de porter un hijab et contre les lois islamiques. 

Les élections présidentielles iraniennes de 2009 ont été suivies de manifestations de rue massives sous la bannière du Mouvement vertLe Mouvement vert a atteint son apogée lorsque près de 3 millions de manifestants pacifiques se sont déplacés dans les rues de Téhéran pour protester contre le régime dictatorial. Ces manifestations, qui ont duré presque deux ans, ont été réprimées dans le sang. Malgré le caractère pacifique des manifestations, la police et le Basij (un groupe paramilitaire) les ont réprimés en utilisant des matraques, des bâtons et des armes à feu. Au cours de ces mois, beaucoup de personnes ont été tuées dans les rues. La victime la plus connue était Neda, dont la mort a été filmée et diffusée par de nombreux médias sociaux… 

Un autre exemple de résistance des femmes iraniennes est le nombre de voitures confisquées suite à une mauvaise tenue vestimentaire des conductrices ou des passagères. Ces chiffres montrent clairement que les femmes iraniennes ne veulent pas vivre comme le prescrit le gouvernement.

Il y a eu aussi beaucoup de protestations contre l’interdiction du stade. Depuis le jour où l’interdiction de stade a été mise en place, les femmes ont fait de nombreuses tentatives pour protester contre cette interdiction.

Aujourd’hui, le stade est devenu un lieu majeur pour les campagnes féminines. Ce combat est soutenu par de nombreux hommes iraniens.

En décembre 2017 et janvier 2018, des femmes iraniennes ont enlevé leur voile à travers le pays pour protester contre la loi sur le hijab obligatoire. Les images et les vidéos de ces manifestations ont été diffusées par les médias sociaux. En réponse, ces femmes subissent des agressions violentes, des arrestations et des actes de torture.

La justice iranienne a condamné plusieurs de ces femmes à des peines allant de 2 à 20 ans d’emprisonnement.

Tandis que les femmes iraniennes se battent contre le hijab, les politiciens européens ignorent la lutte de ces femmes. En mettant un foulard lors leurs visites officielles à Téhéran, les femmes politiques occidentales obéissent et se mettent à genoux devant les Ayatollahs, qui se sentent ainsi renforcés

Les femmes iraniennes ont besoin du soutien des pays démocratiques.

La lutte pour les droits des femmes dans les pays islamiques et au-delà peut mettre fin à la spirale meurtrière de la violence. »