La Commission européenne (CE) propose aux Etats membres de l’Union européenne (UE) d’étiqueter les produits finis et semis-finis en provenance des territoires acquis par Israël à la suite des agressions lancées et perdues contre lui.

Des territoires contestés à travers la planète qui font l’objet d’expertises des Nations-Unies (environ deux cents) seuls ceux relatifs à Israël font à nouveaux l’objet de dispositions particulières.

Au sein de l’UE-même, la république de Turquie occupe sans droit ni titre le nord de la république de Chypre depuis 1974 sans attirer la moindre tentative ni examen analogue à ce qui est mis en place s’agissant de l’Etat hébreu !

La même Turquie organise depuis plus de trente trois ans le blocus de la république d’Arménie, membre du conseil de l’Europe, sans réaction effective de l’UE en général ni de la CE en particulier.

Manquant à tous ses devoirs et statuts à l’égard des territoires européens occupés par la Turquie, la CE procède par ségrégation en focalisant de façon itérative de surcroît un intérêt insistant à l’encontre de l’Etat d’Israël.

Au plan technique, la proposition d’étiquetage a peu de chance de parvenir à réalisation. Certains Etats européens ont d’ores et déjà décliné cette mesure au motif de son caractère inutile, contre productif et discriminant.

Tout ceci est regrettable, au moins à trois titres.

D’une part, au titre du respect dû par la CE à ses statuts, règlements comme au Droit européen.

D’autre part, au titre de ce que le caractère éphémère d’une proposition difficilement réalisable en terme de Droits européens et nationaux précarise l’institution de la CE et de ses propositions.

Enfin au titre de l’éthique qui a présidé la création de l’UE.

Tout se passe comme si, aveuglée par des pressions extérieures aux intérêts de l’UE, à ses usages, à son Droit et aux peuples qui la composent, la CE vivait en vase clos de toutes radiations qui secouent depuis des mois les institutions, les Etats et les Nations de l’UE.

Le général De Gaulle a écrit que les institutions ne valent que ce que valent ceux qui les servent. Il est vrai que la CE est exonérée de tout caractère électif.

Pierre Saba

06. 12. 15