Dans un article intitulé « Guerre à Gaza : au-delà de la propagande israélienne« , l’ancien correspondant de Radio-Canada en Israël Luc Chartrand soutient qu’Israël et non le Hamas est responsable du conflit en cours. M. Chartrand ajoute même que la contre-offensive israélienne se veut une réponse au meurtre de trois jeunes Israéliens et spécule que son objectif est de miner l’accord d’unité nationale conclu entre le Hamas et le Fatah de Mahmoud Abbas. Si vous n’êtes pas d’accord avec M. Chartrand, vous êtes dupe de la « propagande israélienne », comme nous informe le titre de son article.

Or quoi qu’en dise Radio-Canada, les faits sont têtus.

– En réponse à l’enlèvement de 3 adolescents israéliens à la mi-juin, Israël lance l’Opération Gardiens de nos frères. Ses objectifs sont multiples: sauver les 3 jeunes, arrêter les ravisseurs et démanteler la capacité opérationnelle du Hamas en Cisjordanie (Israël accuse le Hamas d’avoir enlevé les Israéliens, l’organisation terroriste appelant régulièrement à l’enlèvement d’Israéliens pour les échanger contre des terroristes emprisonnés en Israël).

– Le 30 juin, quelques heures avant l’annonce de la découverte des dépouilles des trois Israéliens enlevés, Israël démontre qu’il n’est pas intéressé à une opération militaire contre le Hamas à Gaza, en dépit de l’escalade de tirs de roquettes  du Djihad islamique palestinien depuis Gaza. En tournée des villes israéliennes les plus affectées par les attaques du Djihad islamique palestinien, le ministre de la Défense israélien déclare: « Le Hamas n’est pas intéressé à une escalade et envoie ces messages par l’intermédiaire de l’Égypte » et ajoute à l’intention de politiciens israéliens qui réclament une opération militaire contre le Hamas:  » les tirs de roquettes sont inacceptables. Le Hamas agit pendant la meilleure partie de l’année contre la source des tirs et applique les accords conclus après l’Opération pilier de défense ».  Le même jour,  Tsahal se montre satisfait des efforts du Hamas pour prévenir une escalade: « Jusqu’à présent ce n’est pas le Hamas qui porte la responsabilité des tirs de roquettes, mais des groupes rebelles qui défient les politiques du Hamas », déclare une officier de Tsahal.

– Même après que le Hamas eut rompu le cessez-le-feu conclu en 2012 et commencé à tirer des salves de roquettes de moyenne-portée sur Israël, le gouvernement israélien se montre hésitant à déclencher une contre-offensive d’envergure. Tant et si bien que le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman dissout en protestation l’alliance de son parti Yisrael Beiteinu avec le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahou.

– Dans les faits, avant de lancer l’Opération Bordure Protectrice, le gouvernement israélien a offert au Hamas (par l’intermédiaire de l’Égypte) à plusieurs reprises un cessez-le-feu, assurant qu’Israël répondrait au calme par le calme. Le Hamas a rejeté ces propositions.

La chronologie des faits qui ont abouti au déclenchement de la contre-offensive israélienne à Gaza démontre clairement que c’est le Hamas qui a délibérément fait le choix de l’escalade de la violence alors qu’Israël multipliait les appels à un retour au calme.

L’Opération Bordure Protectrice ne répond à rien d’autre que la reprise de tirs de roquettes intensifs et la nécessité d’enrayer la capacité du Hamas de cibler la population civile israélienne .

Que Radio-Canada ose qualifier de « propagande israélienne » le choix délibéré du Hamas de déclencher un nouveau conflit armé et donne libre cours à des spéculations infondées, démontre, si besoin était encore, à quel point notre radio-diffuseur public a un profond parti pris anti-israélien. Pour reprendre le dernier rapport annuel de l’Ombudsman de Radio-Canada, il incombe à la chaîne publique de “changer d’attitude à l’égard du conflit israélo-palestinien”.