En Europe c’est déjà la guerre et personne n’en sait rien.

En Israël c’est la guerre et c’est toute l’histoire du monde qui s’y joue : la liberté, la laïcité, la religion, l’Histoire, l’enseignement, les droits des femmes, la nation, la justice, le crime, l’argent, l’eau, l’étranger, l’étrangeté, les amis et les frères, le mensonge, la mémoire et le signifiant.

On ferait bien de ne pas se tromper de camp – enfin, je dis camp, ce n’est pas pour dire « camps ».

En Europe, on aimerait bien réécrire l’Histoire. On aimerait bien que le poids de la nôtre repose sur d’autres mémoires.

Hitler, par exemple. S’il avait été arabe, ça aurait été beaucoup plus simple.

Il aurait été Égyptien, il aurait annexé la Jordanie, il aurait construit des camps à Gaza ; et il aurait pris une raclée. Quel peuple arabe aurait-il encore eu le culot de refuser aux Juifs de créer une Nation en Israël ?

Mais si cela c’était passé de cette façon, peut-être bien que la périphérie bruxelloise, la Côte d’Azur, la Toscane – et pourquoi pas Londres ? – seraient aujourd’hui sous une pluie de roquettes.

On entend encore quelques gros malins penser qu’effectivement, ils auraient dû faire Israël ailleurs, que c’était un problème à régler par les Européens et les Américains, et l’Afrique n’est-elle pas assez grande, etc…

Ça reste une façon de dire : « Nous n’en voulons à aucun prix ». Mais le prix qu’ils paient, ceux qui refusent à Israël le droit d’exister, quelles qu’en soient les frontières, ce prix, au prétexte de refuser de s’amputer de territoires, ils l’amputent de leur humanité. Alors pensez, ceux qui refusent à Israël d’exister alors même que ça ne leur coûte pas un are de terrain…

Et nous, Juifs en Europe, nous vivons entourés de regards pollués de refus, des regards fabriqués par une presse qui se fourvoie.