En Israël, le climat est sous tension, la sirène du souvenir a retenti partout dans le pays, les Israéliens et les Israéliennes savent l’importance de commémorer la mémoire, c’est « leur racine et leurs ailes ».

En France c’est tout autre chose, plus personnel et confiné à sa communauté.

Pour se souvenir il faut s’isoler, se rencontrer, on s’échange les adresses, on va dans les endroits où on partage ensemble les témoignages des rescapés/ées de la Shoah, on lit les noms des victimes de la barbarie nazie, à tour de rôle, on ne les oublie pas.

Mais rien de vraiment médiatique ou de public, on en parle entre nous, on raconte des anecdotes ou telle personne a survécu miraculeusement. On allume des bougies chez soi et on publie sur les réseaux sociaux pour se rappeler que six millions de Juifs et de Juives ont été assassinés/ées, hier seulement…

Pourtant faut-il rappeler que la Shoah est l’un des événements les plus marquants de l’histoire contemporaine.

Un crime contre l’humanité qui s’oublie peu à peu.

De plus en plus silencieux, les derniers et les dernières rescapés/ées se comptent sur les doigts de la main, de cette main d’un avant bras gravé d’un tatouage indélébile, malgré tout, l’histoire est en train de se répèter.

Serais-je pessimiste ou tout simplement en colère ?

L’homme qui n’est pas capable de se mettre en colère devant l’injustice n’est pas un sage, c’est un apathique disait déjà Aristote.

Raconter la Shoah revêt un devoir de mémoire, un témoignage qui rassemble beaucoup plus qu’une souffrance vécue par un peuple. La mémoire assène, martèle que tout est encore à nos portes, l’extrémisme, la totalitarisme, le fascime, la barbarie.

L’« extermination systématique » a existé, mise en œuvre froidement par des hommes sur d’autres hommes. « La bête immonde » n’a pas disparu !

Le Peuple Juif et son histoire reflètent la conscience du monde, le catalyseur de cette humanité, qui a l’époque n’a pas pris ses responsabilités à temps. Or commémorer le jour de la Shoah avec des amis et des amies non Juifs/ves est indispensable. Il serait une soupape, une barrière de protection. En parler, témoigner et apprendre ensemble que « plus jamais ça » peut revenir… Et si commémorer la Shoah avec des personnes de toutes obédiences serait une des manières de se prémunir des crimes à venir.

La France s’affirmerait face à l’antisémitisme qui resurgit régulièrement.

Mireille Knoll en a fait les frais, cette octogénaire Juive qui avait survécu miraculeusement avec sa mère pendant la Seconde Guerre mondiale, a été sauvagement poignardée et brûlée par son voisin d’immeuble, un jeune musulman, pour le motif qu’elle était Juive,

juste Juive.

*Pensée émue pour six millions de Juifs et de Juives assassinés/ées en Europe et pour Mireille Knoll victime de la cruauté antisémite.