Le 21 juin dernier s’est déroulé à l’Assemblée Nationale un colloque animé par le géopolitologue Frederic Encel sur les « Regains de tensions dans le Golfe Arabo-Persique et le rôle de l’Iran » en présence d’étudiants, de politiques et notamment Nassima Ouhab (Dr. en économie, enseignante à Paris XIII), Khatar Abou Diab (enseignant chercheur à Paris XII), Hugues Eudeline (Capitaine de vaisseau (CR), professeur à Science Po), Nora Séni (Pr des universités à l’IFG), David Rigoulet-Roze (Dr en sciences politiques).

L’Imam Hassen Chalghoumi était présent avec une délégation de jeunes musulmans qui ont voyager avec lui la semaine précédente en Israël.

Ces derniers ont exposé, l’ensemble d’une situation tendue et en constante progression dans ses tensions que ce soit dans les domaines géopolitique avec les enjeux des grandes autoroutes maritimes, politiques avec l’ingérence prégnante des groupes extrémistes pilotés à distanceéconomiques avec les enjeux globaux d’énergie et mêmes humains avec la montée des crises humanitaires.

Crédit photo : Eric Gozlan

Pour les orateurs, l’Iran y apparait comme un véritable incubateur de tous les risques existants. Il est aujourd’hui, d’après les experts qui se sont exprimés, un des potentiels facteurs déclenchant de crise le plus actif de tout le Golfe Arabo-Persique de par son « comportement déstabilisateur, en essayant de contrôler les couloirs des ressources en eau et en pétrole dans le but de saper la sécurité de la région ».

Les orateurs ont appelé le gouvernement français à « intervenir fermement pour protéger les intérêts français dans la région, Téhéran continuant de saper le Yémen en soutenant les milices Huthies et en leur fournissant financement, armes et matériel, en s’attaquant aux raffineries de navires et de pétrole »

« La situation actuelle avec l’Iran est inquiétante et dangereuse, et ce, bien que personne ne sache s’ils sont réellement responsables des attaques de sabotage contre les navires car il n’y a pas de preuves flagrantes concluantes, mais nous savons qu’ils en sont tout à fait capables « , a déclaré François Luncle.

« Le régime iranien veut tout simplement contrôler la mer Rouge, contrôler le passage de cinq millions de barils de pétrole par jour et menacer les pays de la région » a aussi déclaré le député français, ajoutant que le régime iranien avait utilisé de petits bateaux pour livrer des armes aux rebelles Houthi, de manière à échapper au siège international actuel. »

Un groupe de chercheurs et d’universitaires français spécialisés dans les affaires iraniennes ont également assisté au séminaire, tel que Frédéric Encel qui a exposé la stratégie iranienne triangulaire dite du triple H, adossée aux trois pôles, Houthis, Hezbollah et Hamas.

« L’Iran emploie ces trois milices structurées pour mener à bien son programme dans la région, car il sait qu’il ne peut pas combattre directement ».

Frédéric Encel a évoqué le soutien financier que Téhéran accorde chaque année aux mouvements du Hamas et du Jihad islamique en précisant que le Hamas recevrait 70 millions de dollars par an alors que la part du Jihad islamique serait de 30 millions de dollars, principalement pour renforcer son appareil militaire.

En ce qui concerne le Liban, l’expert a ajouté que l’Iran soutenait le Hezbollah de nombreuses manières, particulièrement au niveau financier avec des transferts de fonds de l’Iran vers l’Irak et le Liban, mécanisme identique à celui utilisé par l’Iran pour transférer de l’argent au régime syrien. « Ce soutien financier annuel de l’Iran au Hezbollah s’élève à 1 milliard de dollars »

Dans une intervention intitulée « L’Iran et ses milices déstabilisent la région », Emanuel Razavi, grand reporter à France24 et France2, a conclu sa présentation en expliquant que « Les menaces américaines doivent être plus fortes, car lorsque nous avons une organisation terroriste comme le Hezbollah, le dialogue avec l’Iran doit se faire avec une pression militaire de plus en plus soutenue. Cette pression doit aussi englober les attaques des milices houthies contre les installations pétrolières près de Riyad ».

Le député Jean Silvain Mangroni  a estimé que « Les Houthis sont la principale raison de l’aggravation de la crise humanitaire au Yémen depuis le début de la guerre, et ce pour servir les objectifs de l’état Iranien. Pour cela, les Houthis ont tué environ 10 000 civils et freinent l’aide humanitaire en kidnappant le personnel des organisations internationales de secours, y compris la Croix Rouge et Médecins Sans Frontières ».

Claude Moniquet, directeur de l’European Strategic Intelligence and Security Center, a plaidé pour le bien-fondé de sanctions contre le régime iranien en raison notamment de  la tentative d’attentat à la bombe contre la conférence de l’Organisation des Opposants  Moudjahidines du Peuple ainsi que la tentative d’assassinat d’activistes du Mouvement arabe de libération d’Ahwaz au Danemark. Il a ajouté que des preuves irréfutables de l’implication du régime iranien dans des opérations terroristes en Europe.

Crédit photo : Eric Gozlan

Claude Moniquet a conclu sur la possibilité d’intensifier l’expulsion ou l’arrestation de diplomates ou d’employés des ambassades iraniennes ou liés à ces ambassades, qui ont joué des rôles suspects dans un certain nombre de pays européens ou aux États-Unis.

Ce colloque a prouvé, le rôle central de l’Iran comme facteur prépondérant des tensions régionales, pouvant mener à l’éclatement d’une guerre meurtrière dans la région.