Sous le titre « L’hydre nouvelle », Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, publiait, le 8 octobre 2014, sur le site Eglise catholique en France, l’appel mobilisateur suivant [1] :

Il est fréquent de dire que le terrorisme est une hydre. Un mal qui « se renouvelle constamment et semble augmenter en proportion des efforts faits pour le détruire » selon le dictionnaire.

Mais il serait plus pertinent (et, ô combien urgent !) de mobiliser les compétences qui « maîtrisent » le numérique.

L’hydre a désormais un caractère inédit.

  • En amont, Internet est vecteur d’une fascination sans médiation qui provoque un enrôlement dans le djihad.
  • En aval, Internet est démultiplicateur d’une diffusion sans retenue des horreurs perpétrées.
  • En amont, le discernement se radicalise.
  • En aval, l’atrocité provoque la sidération de l’internaute.

Formater et sidérer, voilà ce dont le terrorisme se repaît !

  • Inhiber en séduisant.
  • Inhiber en horrifiant.

Toutes les forces scientifiques, politiques, éducatives et spirituelles doivent se concentrer contre cette nouvelle « rationalité » sanguinaire. Péguy, le visionnaire, ne connaissait pas Internet, mais nous pressait déjà de lutter contre « tout élément de peur qui soit invasion de servitude, invasion de notre vie intérieure ».

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Ma modeste contribution personnelle, Menahem Macina

« Il [2] sera un onagre d’homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui » (Genèse 16, 12).

Cet ecclésiastique a mille fois raison. On souhaiterait la même mobilisation dans les rangs du rabbinat.

Je n’ajouterai qu’une suggestion. A l’ère d’un Internet universel et à la portée de tous, « les compétences qui maîtrisent le numérique », évoquées par Mgr Podvin, si elles sont, à l’évidence, indispensables, ne suffiront jamais à endiguer l’envahissement protéiforme du mal qui coule dans les veines des circuits informationnels interconnectés.

La réaction à cette subversion globale doit être mondiale, mais elle se fait sur le terrain à l’échelle individuelle.

Que tous ceux et celles qui sont décidés à contrer ces forces du mal, devenues désormais une menace pour tout être humain, où qu’il se trouve et quelle que soit sa condition, prennent part, chacun à sa manière et en fonction de ses possibilités, à la guerre des esprits et des cœurs contre la subversion meurtrière démentielle qui sévit au sein même de la religion musulmane, au grand dam de la majorité de ses fidèles.

Employons-nous à inonder les sites, les blogs et les réseaux sociaux, de nos dénonciations des atrocités commises par ces fanatiques, sans nous laisser intimider par leurs menaces. Assenons la vérité, partout où ils déversent le mensonge, réinformons partout où ils désinforment, sans nous lasser.

Si le sursaut est mondial, la peur changera de camp.


Menahem Macina

[1] Texte repris par l’agence catholique de presse Zenit, de Rome.

[2] Il s’agit d’Ismaël, fils aîné d’Abraham. Cette phrase est extraite de l’oracle prophétique que l’Ange du Seigneur prononça sur cet enfant et sur sa mère, Agar, la servante de Sara, femme d’Abraham. Voir le récit en Genèse 16, 1-16.