Le renaissance de la bête antisémite n’est plus sujet à débat, c’est devenu un fait. Ceux qui refusent de le voir sont les mêmes qui l’alimentent cyniquement. Si les leaders ne font pas marche arrière, nous fonçons droit dans le mur.

Le crime antisémite contre Sarah Halimi est finalement le symptôme de cette pathologie latente et rampante qui ronge les sociétés européennes de l’intérieur.

Le crime est odieux, innommable, révoltant et pourtant, peu nombreux ont été ceux qui s’en sont indignés. Pire, l’attentat n’a même pas été désigné comme tel. Le meutre restant un fait « isolé » d’une personne « déséquilibrée », ainsi le fait divers est et reste à l’état de dépêche rapidement démodée, n’intéressant que trop peu le grand public.

Il s’agit pourtant d’un assassinat antisémite monstrueux, ayant eu lieu en pleine campagne présidentielle, potentiellement donc, une nouvelle qui aurait pu avoir l’effet d’une bombe. Sans souffle ni déflagration, ainsi s’est terminée cette terrible défenestration.

Seule la presse juive a fait écho de ce crime barbare, alors que le public devra attendre deux mois plus tard pour voir 17 intellectuels publier leur tribune dans Le Figaro (1er juin) réclamant que toute la lumière soit faite sur cette triste histoire.

L’enquête policière devra déterminer ce que nous savons tous désormais. Qu’il s’agit d’un « attentat islamiste » de plus à l’encontre de la communauté juive sur le sol Français.

Ces mots-là, si difficiles et prononcés, ne cessent de blesser les communautés juives pour qui la plaie ne fait que s’approfondir.

Ces mots là, si difficiles à prononcer, font encore plus mal quand il ne sont pas dit.

Le refus originel d’Arte de diffuser le documentaire sur la montée de l’antisémitisme alors qu’il était publié par son homologue allemand n’est qu’un pas de plus dans la même direction.

Aggravant ce calvaire que le juif doit endurer dans l’indifférence absolue. (Le reportage à finalement été retransmis le 21 juin sur la chaîne)

Cette loi du silence, cette omerta qui convient aux méthodes de la mafia italienne est indigne des sociétés européennes modernes et se doit d’être brisée.

Je ne pense malheureusemnt pas que le prochain crime antisémite puisse être évité, jˋai par contre l’espoir de voir la prochaine manifestation anti-juive dénoncée avec toute la vigueur et la véhémence qu’un tel déchaînement de haine réclame.

Je terminerai par une citation d’Elie Wiesel : « L’opposé de l’amour n’est pas la haine, c’est l’indifférence. L’opposé de l’art n’est pas la laideur, c’est l’indifférence. L’opposé de la foi n’est pas l’hérésie, c’est l’indifférence L’opposé de la vie n’est pas la mort, c’est l’indifférence.»