Le ministère israélien des Affaires étrangères a annoncé la nomination de George Deek au poste d’ambassadeur d’Israël en Azerbaïdjan, faisant de lui le premier Arabe chrétien ambassadeur de l’Etat hébreu.

C’est une information qui est passée totalement inaperçue dans la presse française. Quelques mois après le vote de la très controversée loi sur l’Etat-nation faisant d’Israël l’Etat du seul peuple juif et érigeant l’hébreu comme seule langue officielle au détriment de l’arabe, Israël vient de nommer un ambassadeur arabe, chrétien de surcroît. George Deek, 34 ans originaire d’une famille arabe chrétienne orthodoxe de Jaffa, deviendra ainsi le premier arabe chrétien ambassadeur de l’Etat d’Israël.

Actuellement conseiller du directeur-général du ministère des Affaires étrangères Yuval Rotem, le futur ambassadeur prendra ses fonctions à l’été 2019. Malgré son jeune âge, George Deek a déjà une carrière diplomatique bien remplie : titulaire d’une maîtrise en Droit international (Université de Georgetown à Washington) et d’un diplôme d’avocat, il a rejoint le ministère en 2008 et a été chef de mission adjoint à l’ambassade d’Israël en Norvège de 2012 à 2015 et au Nigéria de 2009 à 2012. « Nous sommes fiers de sa nomination, qui symbolise parfaitement l’intégration des Israéliens issus des différents secteurs de la population au sein de la représentation de l’État« , a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Deek n’est pourtant pas le premier Arabe israélien à accéder à un tel poste diplomatique. Dans les années 90 Ali Yahya, musulman, avait représenté Israël en Finlande et en Grèce. Par ailleurs, Naim Araidi, un poète druze, avait été nommé ambassadeur en Norvège, lorsque George Deek était chef de la mission diplomatique dans le même pays. Pour la première fois dans l’histoire d’Israël, deux diplomates non juifs représentaient ensemble l’Etat hébreu à l’étranger. Le symbole d’Oslo, ville des accords du même nom, parle de lui-même…

C’est d’ailleurs à Oslo qu’en 2014, George Deek avait prononcé un discours très personnel retraçant l’histoire de sa famille au moment de la création de l’Etat d’Israël en 1948, de ses grands-parents qui ont d’abord fui au Liban puis ont fait le choix de revenir à Jaffa et de rester dans le nouvel Etat. Un choix qui explique pourquoi Deek se sent aujourd’hui pleinement citoyen israélien, sans renier son héritage arabe.

Et pour sa première nomination en tant qu’ambassadeur, le jeune diplomate devra faire ses preuves dans un pays stratégique pour Israël. L’Azerbaïdjan, à majorité musulmane, est frontalier de la Russie au nord mais surtout de l’Iran au sud et fournit 40% du pétrole israélien. Bakou est également un client important pour l’armement israélien.

Bien évidemment George Deek n’est pas un cas isolé. D’autres Arabes israéliens chrétiens occupent des places importantes, comme George Karra, nommé juge à la Cour Suprême en 2017. Ils sont également nombreux dans le domaine des nouvelles technologies (ou les Arabes israéliens musulmans excellent également).

Quoi qu’il en soit, cela n’enlève rien au talent de George Deek qui n’a certainement pas fini de faire parler de lui, pour le plus grand bien de sa communauté et pour la société israélienne dans son ensemble.