Cher poulet de kippour
À l’approche de Yom Kippour, de nombreux Israéliens s’approvisionnent en poulets destinés à une pratique rituelle comme à la consommation. Cette année, la volaille coûtera cher aux Juifs attachés à leurs traditions, et pour cause : en cinq ans, le prix du poulet a bondi de 30 %.
Avant le Jour du Grand Pardon, le juif religieux pratique le rituel des Kapparot en faisant tourner un poulet au-dessus de sa tête en récitant des prières ; le poulet est ensuite abattu selon les règles de la loi juive et sa chair est souvent donnée aux pauvres.
Selon une analyse publiée l’an passé par le centre de recherche de la Knesset sur l’indice des prix alimentaires, le prix des poulets au détail a augmenté de 30,1% entre 2020 et 2025, soit deux fois plus vite que la moyenne de l’indice des prix à la consommation.
En 2026 aussi, les prix resteront élevés, notamment faute d’autorisation des autorités israéliennes pour importer des poulets de l’étranger.
Champion du Monde
Selon les données du ministère de l’Agriculture, la consommation de poulet en Israël est d’environ 49 kg par habitant et par an.
C’est notamment durant les fêtes du nouvel An juif que la consommation est forte : les achats de poulets augmentent d’environ 29 % durant la semaine précédant Rosh Hashanah par rapport à une semaine moyenne du reste de l’année.
Qu’en est-il de la consommation de l’Israélien par rapport au reste du monde ? La consommation de poulet en Israël figure parmi les plus élevées au monde. Selon les données de l’OCDE, la moyenne mondiale est de seulement 21,8 kg par habitant et par an, soit deux fois moins qu’en Israël.
Actuellement, environ 590 éleveurs sont actifs dans la filière avicole locale ; ils sont organisés au sein de l’Organisation des éleveurs de volaille qui veille au grain en refusant toute concurrence étrangère.
Importations interdites
Il existe pourtant une mesure que permettrait de tirer les prix du poulet vers le bas : autoriser l’importation de poulets de l’étranger pour faire concurrence au poulet israélien et abaisser son prix au détail.
Curieusement, le gouvernement israélien vient de prendre la décision inverse : à la mi-août dernière, le ministère de l’Agriculture a interdit l’importation de poulets du Brésil, un des gros fournisseurs de volailles au monde.
En fait, le ministère de l’Agriculture est revenu sur sa décision d’autoriser une société israélienne à importer des produits avicoles du Brésil, six mois seulement après avoir donné son accord.
Si cette décision est expliquée officiellement par des motifs de prévention vétérinaire, l’Organisation israélienne des éleveurs de volaille doit s’en frotter les mains…
Le revirement du gouvernement israélien a donc mis un terme aux importations de volailles à bas prix.
En 2026 aussi, Kippour coûtera cher aux consommateurs juifs attachés à leurs traditions et qui continueront à subir des prix élevés pour s’adonner à leur mets préféré…
