La sidra de la semaine nous enseigne les règles de la cacherout mais aussi, et ceci sera mon commentaire, certaines règles de comportement pour nos dirigeants. Règles qui malheureusement sont peu respectées de nos jours.

La première règle invite le dirigeant à être un exemple pour le peuple

Chap. 9 V. 2 et 3 : « Il dit à Aaron : « prends pour toi un jeune taureau comme offrande de faute et un bélier comme offrande d’élévation – sans défaut – ; et offre-les devant Hachem. Et aux enfants d’Israël parle en disant : prenez un bouc comme offrande de faute, ainsi qu’un veau et un mouton dans leur première année – sans défaut – comme offrande d’élévation. » »

Comme nous pouvons le lire, l’offrande de faute du peuple était un bouc et celle d’Aaron, un veau. Le Targoum Yehonatan nous explique cette différence de traitement. « L’offrande d’Aaron devait lui obtenir le pardon pour la faute du veau d’or et celle du peuple lui apporter l’expiation pour la vente de Joseph. En demandant à Aaron de lui construire un «dieu» pour remplacer Moïse, le peuple avait prouvé sa trop grande dépendance vis-à-vis de son guide. Ils pensaient qu’ils ne pourraient subsister sans Moïse »

En lisant ce commentaire, nous comprenons que chacun doit répondre de ses actes et que les conséquences de ces derniers diffèrent suivant le rôle de la personne incriminée.

La deuxième partie de ce commentaire nous apprend qu’il est mauvais pour la Société et donc pour la communauté qu’un seul homme soit à sa tête car s’il venait à partir le peuple ne saurait quoi faire.

Faut-il une direction collégiale ? Ma réponse va dans ce sens car donner tous les pouvoirs à un seul homme, fut-il le meilleur de tous, est un risque que nous ne pouvons pas prendre.

La deuxième règle demande à nos dirigeants d’être honnêtes

Chap. 9 V.7 : « Moïse dit à Aaron : « Approche de l’Autel et accomplis le service de ton offrande de faute et de ton offrande d’élévation et obtiens la réparation pour toi-même et pour le peuple ; accomplis ensuite le service de l’offrande du peuple et obtiens la réparation pour eux, comme Hachem l’a ordonné. » »

Nous apprenons avec ce verset que nous ne pouvons demander le pardon pour les autres si nous ne l’avons pas précédemment demandé pour nous-même. Ibn Ezra explique que « c’est seulement après avoir obtenu le pardon pour lui-même qu’Aaron a pu apporter les offrandes du peuple mentionnées au verset 3 » Le traité Bava Metsia 107b insiste en commentant « qu’on ne peut obtenir le pardon pour autrui tant que l’on est soi-même entaché par la faute. »

Une leçon de morale que certains, je ne vais pas les nommer car la liste serait trop grande, devraient apprendre.

La troisième règle invite nos dirigeants à juger en toute sérénité et non dans l’énervement

Chap. 10 V.16 et 17 : « Moïse a enquêté avec insistance à propos du bouc de l’offrande de faute, et voici qu’il avait brûlé ! Il s’irrita contre Elazar et Itamar, les fils d’Aaron restants, en disant : « Pourquoi n’avez-vous pas mangé l’offrande de faute à l’endroit de sainteté, car elle est éminemment sacrée ; et il vous l’a donnée pour obtenir le pardon de la faute de l’assemblée et pour leur obtenir réparation devant Hachem » »

Le traité Vayikra Rabba 13.1 nous apprend que « Moïse s’est trompé car il s’est mis en colère et s’il avait contenu son irritation, il aurait analysé la situation et réalisé que les Cohanim avaient agi correctement. »

Ainsi tout dirigeant doit être calme et ne pas sortir de ses gongs. Vous me direz que c’est normal mais, lorsque je vois certaines réactions de présidents de communauté qui s’énervent, humilient les autres car ils pensent avoir raison, je me dis que cela n’est pas gagné.

A l’aube des fêtes de Pessah, j’ai une pensée toute particulière pour les agounoth. En effet, la fête de Pessah célèbre la liberté et nous devons tous agir pour que ces femmes retrouvent leur liberté. Certains s’y attachent mais ne pensez-vous pas que la meilleure façon de rendre la liberté à ces femmes est de changer une très très vieille loi. A ceux qui me diront que la loi est perpétuelle, je leur expliquerai qu’il est écrit qu’une femme adultère doit être lapidée et personne (heureusement) n’applique cette sanction.