A Shavouot c’est l’univers tout entier qui subit un bouleversement fondamental dont les effets continuent de modeler notre vie.

Jusqu’à cette date, enseignent nos Sages, spirituel et matériel sont deux domaines hermétiquement séparés.

A partir de là, au contraire, les deux peuvent s’interpénétrer, permettant au monde de connaître l’élévation nécessaire.

Au jour de Shavouot, c’est donc comme une passerelle lancée entre deux univers qui apparaît. Et c’est D.ieu qui, descendant sur le Mont Sinaï, c’est-à-dire vers le monde matériel, choisit de la construire.

Depuis lors, les actes des hommes ont un retentissement. Ils modifient l’ordonnancement des choses, font pénétrer la spiritualité au coeur même de ce monde matériel.

C’est dans cet horizon nouveau que s’inscrit le projet du judaïsme et c’est par lui que les juifs deviennent un peuple.

On parle souvent du caractère ritualiste de la foi juive. Il est vrai que, pour la Torah, le lien avec D.ieu paraît surtout s’exprimer en termes de Mitsvot, c’est-à-dire d’obligations et d’interdictions.

C’est justement à Shavouot que cette idée s’acquiert : l’acte est primordial parce qu’il utilise la matière pour sa mise en oeuvre.

Ainsi, l’attachement au Divin ne reste pas cantonné à un spirituel insaisissable. Il s’enracine dans le concret et, à la suite du Don de la Torah, transforme le monde.

C’est là, sans conteste, une immense mission. Elle est, tout à la fois, la volonté, le sens et la vie du peuple juif qui, lorsque le monde fit silence pour entendre les Dix Commandements, sut répondre à l’appel de D.ieu:

« Nous ferons et nous comprendrons ».