Le terrible carnage à la synagogue de Pittsburgh n’a pas réveillé soudainement les antisémites.

Les anti-juifs existent depuis toujours et sont omniprésents en Europe et en Amérique.

Le fléau est réel, présent et latent et survient dans les moments de crise économique et de flottement politique. Il se déclenche avec férocité par de faux messages populistes et des préjugés primitifs. Sur ce point, Albert Einstein disait : « il est plus facile de briser le noyau d’un atome qu’un préjugé ».

Le tueur néonazi de Pittsburgh a choisi de commettre un crime barbare et spectaculaire dans une paisible synagogue. Dans le sacro-saint de la première religion monothéiste, celle qui a créé les droits de l’Homme et la Justice.

Ce n’est pas la première fois dans l’Histoire contemporaine que le lieu de culte des Juifs est ciblé par des anti-juifs. Rappelons à tous ceux qui ont la mémoire courte qu’en une seule nuit, le 9 novembre 1938, quelques semaines seulement après la honteuse signature des Accords de Munich, 267 synagogues furent détruites et brûlées en Allemagne.

Ces dernières décennies, plusieurs attentats ont été perpétrés contre des synagogues. Rappelons pour mémoire, Copernic à Paris, Djerba en Tunisie, Rav Kouk et Har Nof à Jérusalem, ainsi que de nombreux centres communautaires ou restaurants casher, à Buenos aires ou à Paris. Soulignons avec force que tout islamiste est un antisémite inné.

Toutes les synagogues ciblées par les anti-juifs ne sont-elles pas des lieux de prières et de recueillement des fidèles au service du même Dieu et nourris de l’esprit du même Testament, de la même Bible, des mêmes racines, celles de la Terre sainte ?!

L’antisémite est lâche, médiocre et ignorant. Il pensera toujours que les Juifs représentent un élément étranger et malsain dans le corps national. Il agit par réflexe collectif et par une passion irrationnelle et trompeuse. Son raisonnement est contestable et ses arguments sont ridicules. Il pense avoir le monopole de la vérité mais dès qu’on lui démontre le contraire, il sort ses griffes et réagit avec une haine aveugle. Il représente le contraire absolu de l’humanisme, l’opposé extrême des valeurs judéo-chrétiennes et des Dix commandements.

A Pittsburgh, sous le choc, devant l’horrible et sanglante scène, un médecin juif n’a pas hésité un seul instant à apporter des soins également au tueur blessé. Ce dernier fut transporté par un paramédical juif vers l’hôpital dont le directeur est également juif.

C’est là toute l’absurdité de la conduite de l’antisémite ou du terroriste islamique. Après un crime abominable et prémédité, le tueur méprisable et lâche revendique un « juste châtiment » et demande que l’on ressente envers lui de la pitié. Sa vie sera sauvée par un bon médecin juif qui appliquera son devoir de guérir sans aucun préjugé ou état d’âme.

Certes, l’Amérique a été épargnée par les pogroms et la Shoah, mais nous ne pouvons pas ignorer son histoire raciste contre les Indiens et les Noirs et la chasse aux sorcières contre les communistes. Certes, les migrants juifs ont trouvé en Amérique une terre accueillante et des valeurs universelles solides, et ils se sont parfaitement intégrés, mais pourquoi les extrémistes et les racistes lèvent-ils toujours la tête ? Pourquoi les néonazis ont pignon sur rue et défilent librement dans les rues ? Pourquoi le Ku Klux Klan existe-t-il encore ?

Il serait malhonnête de dire que Donald Trump est exclusivement responsable de la situation car des actes antisémites ont été perpétrés bien avant son administration, sous tous les présidents, démocrates comme républicains. Le président américain actuel n’est sans doute pas un antisémite puisque son gendre est juif et sa fille s’est convertie au judaïsme, donc ses petits-enfants sont aussi juifs.

Toutefois, Trump a fait voler en éclat le « politiquement correct » qui est amplifié quotidiennement par les réseaux sociaux. Avec démagogie, il a réussi à sensibiliser les désespérés et les naïfs. Sa campagne permanente contre la presse, le FBI et la Justice, et tous ceux qui ne pensent pas comme lui, a encouragé indirectement les têtes brûlées de la société américaine.

Plus grave encore, Trump, comme d’ailleurs tous ses prédécesseurs, n’a pas définitivement mis un terme à la facilité incroyable des achats d’armes. Concrètement, rien n’a changé sur le terrain depuis les temps du Far West illustrés par les Western d’Hollywood… Chaque semaine, des innocents, dont des enfants, tombent sous les balles de tueurs fous de toute sorte. Les shérifs demeurent impuissants.

Le tueur néonazi de Pittsburgh comme le terroriste islamiste du Hamas ou de Daesh ne font aucune distinction entre un Juif orthodoxe, réformiste, libéral ou conservateur, démocrate ou républicain, séfarade ou ashkénaze.

Dans ces moments difficiles que traversent les communautés juives en Europe, en Amérique et ailleurs, nous devrions plus que jamais être unis et solidaires avec toutes les opinions politiques, avec tous les courants du judaïsme, en Israël et en diaspora.

Chacun a le droit et est libre d’interpréter son judaïsme à sa manière, dans un esprit respectable et honorable et surtout dans un but précis d’éviter l’assimilation.

Tous, sans exception, appartiennent à la nation juive, à son histoire, sa tradition et son héritage.

Devant le bain de sang et en versant des larmes, le tueur de Pittsburgh vient de nous rappeler cette simple vérité. Combattons et chassons ensemble tous ses semblables, la bête sale et immonde.

Cet article a été publié le 31 octobre sur le site http://jcpa-lecape.org/